22/10/1474en Limousin-la Marche, 5000 écus, des centaines de lots et quelques boules en lice
Limoges (AAP) - Mesdames, Mesdemoiselles, Messires, amateurs de belles lames, de gros lots et de petites mises, bonjour ! Sortez les trompettes, faites sonner les cloches, réveillez le voisin et préparez les écus : le 29 novembre, le Limousin-la Marche va devenir le théâtre d'un événement absolument phénoménal !
Les JOL 5000 arrivent !
Les Joutes Olympiques de Lice Internationales des 5000 boules de la Vienne ! Rien que le nom, et l'on sent déjà monter la fièvre ! De la sueur, des combats, des champions, des vaincus, des spectateurs en délire et, au bout du chemin, une grande finale à Limoges !
Le principe ? C'est simple, c'est magnifique, c'est grandiose ! On entre dans la lice, on ferraille, on triomphe, et si l'on a suffisamment de talent, ou un ange gardien particulièrement efficace, on décroche son billet pour la finale !
Plusieurs tournois pourront être organisés dans les villes du comté, selon le nombre de candidats. Alors, qui sera le champion ? Qui fera mordre la poussière à ses adversaires ? Qui soulèvera les foules ? Et surtout, qui repartira avec le gros lot ?
Cinq mille écus ! Oui messires, cinq mille !
Il fallait oser, ils l'ont fait ! Grâce à la générosité de mécènes, une somme de 5000 écus est réunie pour récompenser le grand vainqueur. De quoi faire tourner les têtes, briller les yeux et donner quelques démangeaisons aux bourses les plus ambitieuses !
Et pourquoi donc les 5000 boules de la Vienne ? Ah ! Voilà une question qui mérite son pesant de prune ! Les organisateurs ont choisi ce nom, et la municipalité, avec une prudence tout à fait remarquable, décline toute responsabilité quant aux pensées qui pourraient traverser les esprits les plus mal tournés. Nous n'en dirons pas davantage. Il y a des enfants qui nous lisent.
Mais attendez, ce n'est pas tout !
Car dans cette extraordinaire aventure, même les moins belliqueux auront leur chance ! Une tombola 100 % gagnante promet des centaines de lots ! Des beaux, des rares, des utiles, des curieux, et peut-être quelques-uns dont vous vous demanderez pourquoi diable quelqu'un a jugé bon de les offrir.
Peu importe ! On joue, on gagne, on repart les bras chargés ! Enfin, c'est la promesse. Et si votre voisin remporte un objet plus précieux que le vôtre, souriez : c'est le jeu, ma pauv' Lucette !
Et pour les amatrices de frissons : les paris !
Qui sera le champion ? Qui tombera au premier assaut ? Qui se révélera aussi redoutable qu'une épée bien affûtée ? Les pronostics sont ouverts ! La municipalité organisera les paris et, bien entendu, ne saurait être tenue responsable si votre champion favori se révèle avoir deux pieds gauches et le sens de l'orientation d'une poule dans un labyrinthe. Mais qu'importe ! Le plaisir est là, le suspense est garanti et les écus vont circuler !
Alors qui veut tenter sa chance ?
Les inscriptions sont ouvertes dès maintenant, directement sur l'affiche ici ! ou par courrier auprès de Yohanna. ! Même les messagers ont leurs exigences. Combattants chevronnés, jeunes loups, vieux briscards, amateurs de gloire ou simples curieux attirés par les récompenses : tout le monde est attendu !
Et les généreux donateurs ne sont pas oubliés. Vous avez un objet dans vos coffres qui prend la poussière ? Un présent dont vous ne savez que faire ? Une envie soudaine d'entrer dans l'histoire du Limousin-la Marche ? Offrez-le à la tombola ! Vous ferez des heureux et vous pourrez dire, le menton haut : « Moi aussi, j'ai contribué aux 5000 boules ! »
Alors, résumons-nous : 5000 écus, des centaines de lots, une tombola gagnante, des paris, plusieurs tournois et une grande finale à Limoges !
LE 29 NOVEMBRE, LE LIMOUSIN-LA MARCHE VA JOUER GROS !
Et souvenez-vous : il y aura un grand vainqueur, beaucoup de prétendants, quelques déçus et, nous l'espérons, suffisamment de médecins pour recoudre les plus enthousiastes.
Quant à savoir qui s'emparera des 5000 boules, une seule certitude : que le meilleur gagne ! À vous de jouer, mesdames et messires !
22/10/1474Repubblica fiorentina - Al termine dell'elezione del Consiglio, la lista AF ha ricevuto più della metà dei voti.
Repubblica fiorentina (KAP) - La lista Aurea Flamma è stata la più votata, ma non ha ottenuto la maggioranza dei membri del nuovo Consiglio. Dovrà quindi trovare un accordo con gli avversari per governare.
I membri del Consiglio riconosceranno il nuovo principe entro due giorni. Questi dovrà giurare fedeltà al sovrano e assegnare gli incarichi ai consiglieri.
21/10/1474À Genève, Hania nouvelle maire, ou le retour de l’Italie dans les affaires lémaniques
À Genève (AAP) - Il y a des sanctuaires qui résistent aux armées, des cités qui résistent aux sièges et des maires qui résistent aux évidences. À Genève, le 19 octobre 1474, les électeurs ont décidé de tenter une autre expérience. Hania, dite Anastasia Dei Lante, rafle 82,5 % des voix. Izaac, l’avoyer sortant, se contente de 12,5 %. Hobb ramasse les 5 % restants. Le résultat tient moins de l’alternance que de l’avis d’expulsion délivré par les urnes.
Il faut dire qu’Izaac avait fini par faire de Genève un concept. Un sanctuaire, une terre de paix, un asile où les lames ne se dégainent pas. Du moins dans les proclamations. Car, pendant que l’avoyerie entretenait la correspondance, les cadavres s’accumulaient à Annecy, le prévôt impérial Jory se faisait cribler de flèches et les armées prenaient leurs quartiers aux portes de la cité. La paix genevoise avait quelque chose de la tapisserie : magnifique à regarder, à condition de ne pas examiner ce qu’elle dissimule.
Face à cette petite entreprise de diplomatie épistolaire, Izaac avait trouvé l’arme absolue : la menace de démissionner si le sang venait à couler. Une perspective qui a dû faire trembler les belligérants jusque dans leurs chausses. Il leur proposait également d’aller s’étriper en Savoie. La neutralité, chez lui, obéissait à un principe simple : tant que le massacre se déroulait à trente lieues, le sanctuaire restait intact. Genève pouvait dormir tranquille, pourvu que les cadavres fussent ceux du voisin.
Les Genevois ont fini par préférer une autre gardienne du temple. Hania n’arrive pas les mains vides. Comtesse de Canth, burgravine de Weferlinger, baronne de Valfenera et cavalière de Villaprarara, elle a servi à Modène comme juge, porte-parole et sergente, avant de commander l’armée des Darrk Rebel. Un curriculum vitae qui sent davantage la poudre et l’Empire que l’eau bénite du Léman.
Le profil de la nouvelle élue affiche par ailleurs quelques principes bien trempés. Hania ne pardonne ni le mensonge, ni le contrôle, ni la perte de temps. On attend donc avec intérêt la manière dont elle conciliera ces exigences avec les accommodements de la politique, les fidélités de clan et la présence d’une armée dont les liens avec son entourage ne sont pas un détail.
Car, dans notre Aristotélité, les groupes privés se disputent maisons, bannières et rancunes, tout en se proclamant défenseurs de la paix dès lors que leur propre camp n’est pas celui qui reçoit les coups. Les principes changent volontiers de couleur au rythme des alliances. Et la neutralité, ce vieux manteau helvétique, sied parfois fort bien à ceux qui souhaitent tenir les commandes sans avoir à rendre compte des passagers.
Le mandat est donc clair, même si la tâche ne l’est pas. Hania devra montrer que Genève peut être autre chose que le décor d’un clan qui l’a emporté sur les autres. Avec 82,5 % des suffrages, elle dispose d’un confortable crédit politique. Mais le crédit, comme la trésorerie, peut fondre vite lorsque les promesses ne rapportent rien. Et la confiance des électeurs n’est pas un titre de propriété sur la cité.
Hania prend la mairie. L’armée est toujours aux portes. La nouvelle édile connaît le camp auquel elle est liée. Reste à savoir si Genève vient de changer de politique ou simplement de protecteur. Izaac laisse derrière lui une idée saugrenue, celle d’une Genève à l’abri des guerres privées. Il laisse aussi une question embarrassante : à force de vouloir rester neutre entre les épées, n’a-t-il pas fini par se rendre inutile à ceux qui les regardaient s’approcher ? La réponse est dans les urnes.
À Genève (AAP) - À la suite de la publication, le 18 octobre 1474, de l’article « En Catalogne, le prince a la couronne, les urnes ont les voix », le prince Khabibulin Setzefonts de Tobella fait parvenir à la rédaction un droit de réponse consacré à la crise politique qui secoue le Principat.
Le souverain conteste la lecture d’un affrontement entre légitimité électorale et autorité de la Couronne. Il affirme que ses prises de position ne remettent nullement en cause le résultat des urnes, mais répondent à une situation qu’il juge exceptionnelle : l’accession au pouvoir de la liste Hâlâ para sıkıntısı var (HPSV), dont plusieurs membres sont accusés d’avoir participé aux assauts coordonnés contre les mairies catalanes du 6 juin dernier.
Le prince détaille les griefs adressés au nouveau gouvernement : hausse de la fiscalité, irrégularités présumées dans la nomination du recteur de l’Université Ramon Llull, politique minière contestée, opérations financières et absences de plusieurs conseillers. Il présente ces éléments comme autant de menaces pesant sur les institutions et les finances publiques du pays.
Khabibulin défend ainsi ses décisions au nom du rétablissement de la légalité et de la protection du patrimoine catalan. Il conclut en interrogeant l’opportunité d’organiser une cérémonie de couronnement alors que, selon lui, la sécurité institutionnelle du Principat demeure gravement compromise.
Ce droit de réponse est à lire dans son intégralité. Il apporte la version du prince sur une crise où s’entremêlent accusations criminelles, contestations de gestion et interrogations sur les rapports entre mandat électoral et autorité princière.
18/10/1474en Catalogne, le prince a la couronne, les urnes ont les voix
En Catalogne (AAP) - Le nouveau prince, Khabibulin Setzefonts de Tobella, entame son règne par une proclamation qui fleure moins les réjouissances du sacre que l’état de siège.
Le 14 octobre, la liste Hâlâ para sıkıntısı var (HPSV) remporte les élections au Conseil du Principat de Cataluña avec 55,9 % des suffrages et sept sièges sur douze, contre cinq à Catalunya Real. Une majorité absolue en bonne et due forme, qui permet à ses vainqueurs de gouverner seuls. Du moins en théorie : le nouveau souverain dénonce aussitôt une prise de pouvoir par un groupe qu’il accuse d’avoir participé aux assauts contre plusieurs villes catalanes en juin, avant de s’employer à vider les caisses publiques.
Le nom de la liste, dont la traduction approximative serait « Il y a encore des problèmes d’argent », inspire au prince une interprétation peu charitable. Il y voit moins un programme économique qu’un aveu d’intention. Les élus de HPSV sont accusés de vouloir poursuivre le pillage du Principat, certains étant décrits comme moribonds, d’autres portant encore des entraves aux poignets. Le communiqué évoque même un commanditaire mystérieux, voire une organisation dissimulée, dont les desseins seraient hostiles à la Catalogne.
Le nouveau règne commence donc par une crise institutionnelle ouverte : le prince appelle au calme, promet de rétablir l’ordre et demande aux maires de relayer des consignes pour limiter les recettes du gouvernement qu’il conteste. Ne plus travailler dans les mines du Principat, réduire les achats sur les marchés et les contrats agricoles au strict minimum, cultiver ses propres champs et privilégier les tavernes : autant de mesures destinées à tarir les ressources fiscales d’un exécutif accusé de rançonner la population.
Le paradoxe est savoureux : une liste gagne les élections à la majorité absolue, puis le souverain appelle ses sujets à réduire au minimum leur contribution à l’administration qu’elle dirige. La bataille politique se poursuit ainsi par d’autres moyens, cette fois à coups de mines désertées, de marchés délaissés et de recettes municipales asséchées.
Reste une question que la proclamation ne résout pas : comment le Principat peut-il sortir de la crise si les institutions élues, la Couronne et les citoyens ne s’accordent même plus sur la légitimité du pouvoir ? Entre accusation de pillage, résistance fiscale et appel à la restauration de l’ordre, la Catalogne inaugure un règne où la première bataille se livre moins aux frontières que dans les coffres du pays.
Etienne Berne pour l'AAP agence des Terres au Milieu.