14/02/1474droit de réponse, fer au feu et parchemin froissé
À Lure (AAP) - À peine l’encre de la première chronique sèche que les plumes se croisent déjà. Cette fois, ce n’est plus à l’orée des bois mais à coups de déclarations que l’on ferraille.
Le clan Meridio Ducastel de Montecano, vassal impérial solidement campé en Franche-Comté, rappelle les règles du jeu féodal : traverser un territoire en armes sans autorisation revient à secouer le drapeau de la guerre. Et puisqu’ils servent l’Empire, ils disent n’avoir fait que leur devoir. Ni plus, ni moins. L’honneur, le droit, la frontière : le triptyque est brandi comme un écu bien astiqué.
Au passage, les Meridio tiennent à dissiper toute confusion dynastique : le père est au Portugal, le fils en Franche-Comté. Deux hommes, deux routes, deux allégeances. Circulez, il n’y a rien à confondre.
Mais la réponse ne tarde guère. Des Brigades internationales libertaires, un certain Gianlupo fait savoir qu’il n’est pas né d’hier ni perdu dans les sous-bois. Selon lui, voilà bien longtemps que ses compagnons arpentent les terres de Savoie et de Franche-Comté, sans autorisation écrite, certes, mais sans jamais avoir été inquiétés. Les forêts, assure-t-il, ne relèveraient ni des mairies ni des chancelleries, mais d’un droit plus ancien, presque naturel.
L’étonnement devient soupçon lorsque l’attaque survient précisément au moment où les Brigades et l’armée de Rose s’apprêtaient à lever hommes et ressources pour combattre l'Ordo Negrum Equites et ses alliés Meridio au Portugal. Hasard des chemins ou calcul des puissants ? La question est posée, sans attendre de réponse.
Le ton monte encore quand il est rappelé que, dans certaines terres impériales, on accorderait volontiers refuge et réparation aux navires de ceux-là mêmes que l’on prétend combattre ailleurs (À Sienne, ndlr). Autorisations généreuses d’un côté, rigorisme martial de l’autre : la géométrie impériale aurait ses angles morts.
Les Meridio, eux, ferment le ban. Les accusations seraient vides, la violation bien réelle, et la confusion familiale un artifice commode. L’Empire a ses lois, ils les appliquent.
Pendant que les uns débattent du droit de passage, d’autres ferment les portes. À Saint-Claude, l’Université baisse le loquet. La Rectrice annonce que, l’épée ayant momentanément priorité sur la plume, érudits et étudiants sont appelés à défendre la Province. Les livres attendront. Le savoir survivra.
13/02/1474en Franche-Comté, quand on se promène, on trébuche sur des armées
À Lure (AAP) - Il paraît que l’on ne peut plus flâner tranquillement entre les bois de Savoie et de Franche-Comté sans finir avec une estafilade en guise de souvenir. C’est en tout cas ce qu’ont appris à leurs dépens les gens du Clair Obscur et des Brigades libertaires internationales, lesquels assuraient cheminer sans arrière-pensée, le pas léger et l’épée au fourreau en revenant de Nantes en passant par Genève avec leurs sabots.
Las. Aux abords de Bourg en Savoie, là où les murailles cessent mais où la méfiance commence, deux armées surgissent hors des fourrés. Dont une, détail sans importance évidemment, portant les couleurs de la Franche-Comté. De quoi transformer une promenade sylvestre en leçon accélérée de stratégie appliquée.
L’armée de Rose n’y a pas résisté longtemps et se retrouve désormais sous la coupe d’Unega, personnage déjà connu des chroniques sous le délicat surnom de « régicide ». Comme quoi, en ces temps troublés, on change de commandant plus vite que de chausses.
Les Brigades libertaires, plus fines mouches que piquiers, ont quant à elles préféré se dissoudre dans les bois qu’ils connaissent mieux que leur missel. Repli vers les environs du Col de la Faucille, où les bergers locaux, pressurés jusqu’à la dernière toison par les taxes comtoises et les méthodes peu pastorales des collecteurs, murmurent depuis longtemps leur envie de changer d’allégeance. Quand le fisc serre trop fort, même les moutons songent parfois à l'asile fiscal helvétique.
Ironie du sort : toute cette équipée devait servir à lever forces et ressources pour aller guerroyer au Portugal contre un certain One que l'on voit ici au Portugal, là à Sienne, à Mantoue, ou encore à Varsovie, à Kalmar ou à Rennes. Au lieu de cela, c’est en terre impériale que le sang a coulé, laissant planer une question que personne n’ose poser trop fort : à qui profite vraiment l’embuscade ?
Les registres militaires, eux, ne philosophent pas. Ils notent un affrontement avec l’armée dite Alae Harpiae, menée par Spagnolo de Meridio, du clan honni des Siciliens invasifs et leurs camarades Turcs venus combattre officiellement à Sienne les alliances nébuleuses, dénoncées et supposées du Saint Royaume Impérial des Nobles Germaniques avec ce même One, quelques blessures sérieuses, et referment le livre. Le reste appartient aux chroniqueurs et aux rancunes bien entretenues.
Gaspard de la Goupille dit Gégé, pour l'AAP agence Meuse, Saône et Rhône.
12/02/1474Molti uomini, pochi ordini e troppe voci
Siena (AAP) - A Tolosa non si contano più le spade, ma si continuano a contare le brocche. In questo giorno la città accoglie centotrentadue anime per settantasette abitanti censiti, fatto che induce gli osti a sostenere che la guerra, anche quando non dichiarata, resta la migliore alleata del commercio.
Il numero è instabile: agli arrivi seguono le partenze, e alle partenze altri arrivi. Tutti, o quasi, vengono a richiedere l’agrément tolosano, quel sigillo discreto ma indispensabile che consente di sostare senza provocare incidenti diplomatici né prediche municipali.
Alle porte della città sostano due armate, ferme come certezze mal spiegate. La prima, comandata da Nessia, si presenta senza giri di parole con il nome
“Andate pure a farvi cuocere il didietro”. È silenziosa e non recluta nessuno.
La seconda, “SEVEN vs ONE”, è guidata da un nome che circola più delle sue truppe: White, detto l’Imparziale, condottiero savoiardo ben noto tanto nelle cancellerie quanto sui campi di battaglia. Anche qui nessun appello ai volontari, nessun manifesto, nessun sergente reclutatore. L’armata è presente, ma non chiede altro se non di essere lasciata in pace.
White si riconosce senza che abbia bisogno di presentarsi. Di statura solida senza eccessi, dall’aspetto atletico più che massiccio, con sguardo chiaro e portamento diritto, emana una rara autorevolezza che non scivola né nell’arroganza né nella spacconeria. Una cicatrice visibile sull’avambraccio sinistro ricorda a chi ancora lo ignorasse che quest’uomo non si è fatto un nome nei salotti.
Militare di carriera, formato nell’oste di Savoia, già luogotenente generale, fondatore dell’Armata dei Septs, è tra coloro che hanno attraversato più guerre di quante la maggior parte degli uomini abbia attraversato province. Si dice di lui che manchi crudelmente di pazienza quando si tratta di incompetenza o di sicurezza, che trovi sempre una soluzione a ogni problema e che trovi anche, forse con troppa facilità secondo alcuni, il sorriso quando una donna incrocia il suo cammino.
A Tolosa, tuttavia, non sfila. Osserva. Attende. E forse è proprio questa calma a inquietare di più, mentre il suo suzerano imperiale leva le proprie insegne in Italia.
A queste due armate si aggiunge il ricordo recente di quella di Arthur, già partita per il Portogallo passando per Roncisvalle, lasciandosi alle spalle qualche debito, panche spaccate e molte domande senza risposta.
Le taverne, invece, non si pongono alcuna domanda: sono colme. Vi si parla meno di battaglie che di strade, meno di cause che di destinazioni. Portogallo, Italia o semplicemente “altrove”. I soldati mangiano, bevono, ridono e giurerebbero quasi di trovarsi lì per puro caso.
Nel frattempo, fuori da Tolosa, le parole viaggiano più in fretta degli uomini. In Italia alcune penne veneziane e siciliane sostengono che l’Imperatore Sigismondo proteggerebbe l’Ordo Negrum Equites. Affermazione audace, quando tutti sanno che proprio in Portogallo egli invia il suo miglior generale per combatterli.
Contraddizione ? Menzogna ? O semplice abuso di pergamena ? A Tolosa la questione viene risolta con saggezza: si serve un altro giro. La città trabocca. Le armate non reclutano. I generali osservano. La propaganda si agita altrove.
Livia Saracena per la KAP, agenzia della terra in Mezzo
Siena (AAP) - Mentre le mappe degli stati maggiori si riempiono misteriosamente di vermi, bachi, si precisa, probabilmente per non tradire la metafora tessile, i mercati traboccano di seta e le informazioni, invece, scarseggiano. Troppo scarse. Tanto da far sospettare che gli eserciti ammassati attorno a Siena abbiano sottoscritto un patto di silenzio più solido delle loro stesse mura.
Le domande si accumulano, le risposte evaporano. In assenza di chiarimenti, qualcuno propone persino di arruolare un esercito di giornalisti: iniziativa audace in un conflitto dove la verità sembra aver disertato ben prima delle truppe.
Sulle piazze il tono si alza. Volano insulti, si promettono finali poco eleganti, si evoca Guastalla come altri evocano l’Apocalisse. Poi, però, l’isteria rientra rapidamente: carte alla mano, si controlla se la strada passi davvero da lì. Perché la guerra va bene, certo, ma non al prezzo di una deviazione inutile.
Ognuno offre la propria lettura strategica. C’è chi giura di aver respinto il nemico già nella prima notte, prova, a loro dire, di una vittoria schiacciante. Altri ricordano che morire volontariamente fa parte del piano, soprattutto quando consente di tornare a dormire nel proprio letto. Il tutto mentre qualcuno gioca a briscola in tende già vuote: segno inequivocabile o di un controllo assoluto del territorio, o di un notevole talento per la messinscena.
A Mantova, naturalmente, nessuno è mai entrato. Non per impossibilità, ma per scelta. Distinzione fondamentale. La città è inespugnabile, lo sanno tutti, soprattutto quelli che non hanno nemmeno provato. Gli eserciti, dal canto loro, appaiono e scompaiono con la disinvoltura di un cavallo ben nutrito: oggi a Guastalla, domani altrove, senza che ciò turbi più di tanto i cronisti ufficiali.
Che cosa è successo, allora ? L’esercito Aquila et Leo, comandato dal generale Jagermeister e di stanza a Mantova, sarebbe stato colto di sorpresa non tanto dall’opportunismo veneziano quanto da una vistosa lacuna nella propria catena di comando. Sua Maestà Serenissima Oriente non si è limitata a scompaginare le forze avversarie, sette morti e un ferito grave contro un morto e un ferito lieve tra le truppe veneziane, ma avrebbe addirittura fatto il suo ingresso a Modena.
I processi ? Rimandati. Le grazie ? Concesse con generosità. Dopotutto, perché accanirsi contro simpatici giocatori di carte svegliati per errore in mezzo alla campagna ? L’Auxilium, nel frattempo, continua a produrre soprattutto delusione, nonostante un’affluenza record nella capitale, quasi 240 anime, e, dettaglio non trascurabile, nessuno scandalo coniugale degno di nota. Una guerra senza corna: forse è questa la vera anomalia.
Ai margini dei combattimenti, la conversazione scivola naturalmente verso la botanica: margherite, pomate miracolose, controllo qualità dei prati. La guerra è una cosa seria, certo, ma nulla vieta di discuterne come durante un picnic mal riuscito.
Alla fine, tutti si congratulano: si è respinto, si è scelto di morire, si è graziato, si è ironizzato. La logica, invece, è stata cortesemente invitata a restare all’ingresso. Ma rassicuriamoci: finché le mappe resteranno piene di vermi e i discorsi di certezze contraddittorie, il conflitto godrà di ottima salute.
E come sempre, tutti hanno vinto. Tranne, forse, la realtà.