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20/06/1474 Ã Venise, la bataille n'est pas la guerre
À Venise (AAP) - La guerre produit rarement ses effets décisifs en un seul choc. Pourtant, certaines batailles modifient à ce point les rapports de force qu'elles obligent les belligérants à révéler leurs véritables intentions.
Aux environs de minuit avant-hier, après la dérouillée des bannières impériales, l'archichancelier impérial Lucas d'Irissarri adressa un message aux troupes du Saint-Empire. Reconnaissant la gravité des pertes subies devant Venise, il exhorta néanmoins les soldats à persévérer et à poursuivre la lutte. Une bataille, affirmait-il en substance, ne saurait déterminer à elle seule l'issue d'une guerre. La défaite était admise comme un revers, elle n'était pas reconnue comme un verdict.
Cette distinction est fondamentale. Car si la bataille constitue l'instrument principal de la guerre, elle n'en représente jamais la finalité. La guerre demeure un acte politique poursuivi par des moyens militaires, et ce n'est qu'au regard des objectifs poursuivis que peut être appréciée la portée d'un succès ou d'un échec. Or les événements des heures suivantes vinrent soumettre cette affirmation à l'épreuve des faits.
Selon les informations diffusées par notre consœur de l'agence vénitienne de la KAP, le général serbe Despot Jugovic lança à l'aube une nouvelle opération contre les forces impériales regroupées à Padoue. Cinq armées supplémentaires du SRING auraient alors été détruites. Cette action, survenue quelques heures seulement après l'appel à la résistance de l'archichancelier, ne constitue pas seulement un épisode militaire supplémentaire, elle marque l'exploitation immédiate d'un avantage obtenu sur le champ de bataille.
À lire : Lucas chiama alla resistenza, ma Jugovic colpisce all'alba
La nuit de sang du 17 au 18 juin 1474 apparaît ainsi comme un moment charnière du conflit. Les armées impériales avaient engagé une offensive majeure contre les forces chargées de défendre la Sérénissime République de Venise. L'opération se solda par des pertes considérables et par la destruction de la majorité des formations engagées. Plus encore que le nombre des morts ou des prisonniers, c'est la désorganisation des forces impériales qui semble avoir créé les conditions des revers ultérieurs.
Toute bataille victorieuse produit un résultat militaire, seules certaines produisent un résultat politique. C'est précisément cette question qui anime désormais les débats au sein du camp vainqueur. À Venise, alors que les armées impériales ont disparu du théâtre d'opérations, le magistrat Amantir interroge publiquement sur le sort réservé aux vaincus. Derrière l'ironie de l'addition de ses verdicts se dessine une réflexion plus profonde sur la nature même de la victoire.
À lire : sous le pont des soupirs
Que signifie vaincre un adversaire si celui-ci conserve intacte sa capacité politique ? À quoi sert la conquête d'une place forte si elle n'est suivie ni d'une soumission effective des populations, ni d'une transformation durable du rapport de force ? Les prisonniers doivent-ils être rançonnés, jugés ou détenus ? Les responsables doivent-ils être publiquement condamnés ? Les symboles de la défaite doivent-ils être rendus visibles ?
Ces interrogations ne relèvent pas seulement du goût des vainqueurs pour le spectacle du triomphe. Elles touchent à l'essence même de la guerre. Car la destruction des forces ennemies n'est jamais une fin en soi, elle n'est qu'un moyen destiné à imposer une volonté politique. Une victoire militaire demeure incomplète tant qu'elle n'a pas été convertie en avantage politique. Les armées peuvent être détruites, encore faut-il que cette destruction produise des effets durables dans les institutions, les tribunaux, les finances, les allégeances et les esprits.
L'histoire montre que les États ne triomphent véritablement que lorsqu'ils parviennent à transformer le succès des armes en autorité reconnue. Le champ de bataille ouvre la voie, le pouvoir politique l'emprunte ensuite. La question qui se pose aujourd'hui n'est donc plus seulement de savoir combien d'armées impériales ont été détruites devant Venise et Padoue. La véritable question est de savoir si l'AEGIS entend simplement remporter des batailles ou si elle entend imposer une paix conforme à ses objectifs.
Charles Philippe Gottlieb pour l'AAP agence des Terres au Milieu
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19/06/1474 Coimbra tombe, Fortune change de camp
À Coimbra (AAP) - Parce qu'un peuple sans histoires est un monde sans âme, nous poursuivons la vaste rétrospective des grandes batailles ayant marqué nos royaumes. Oyez encore, bonnes gens, et ajoutez à ce sombre livre des guerres du Portugal un nouveau feuillet, taché de sang et d’orgueil mêlés.
Les nouvelles qui courent par les chemins du Portugal vont plus vite que les chevaux qui les portent, et toutes disent à présent une même chose : la guerre a changé de visage. Longtemps, les hommes de l'Ordre noir et leurs alliés avaient paru tenir le haut du pavé. Ils entraient dans les villes, occupaient les routes, faisaient parler les hérauts et trembler les conseils. Beaucoup estimaient alors que la Fortune leur avait accordé demeure durable et que nul ne pourrait aisément les déloger des terres qu'ils tenaient. Mais Fortune est dame légère et ne couche jamais longtemps dans le même lit.
Ces derniers jours, les enseignes de la coalition franco-ibérique ont avancé avec une vigueur renouvelée. Chaves fut reprise. Guarda changea de maître. Lamego vit paraître de nouveaux capitaines sous ses murs. Puis vint la nouvelle que peu d'hommes eussent osé annoncer quelques semaines auparavant : Coimbra elle-même, longtemps présentée comme l'un des piliers de la présence de l'Ordre noir au Portugal, est tombée. La cité n'a pas seulement changé de bannière ; elle a changé de destin.
Les chroniqueurs rapportent que plusieurs armées liées à l'Ordre noir furent dissoutes ou dispersées dans le même mouvement. D'autres prirent la mer. D'autres encore se retirèrent vers des positions plus sûres. Là où l'on voyait naguère une ligne solide, les observateurs distinguent aujourd'hui des espaces vides, des garnisons abandonnées et des routes redevenues disputées.
Plus au sud, l'affaire de Santarém demeure dans tous les esprits. Les uns la présentent comme une conquête. Les autres comme un piège. Toujours est-il que la ville fut prise, puis reperdue, comme ces pièces que les joueurs d'échecs abandonnent pour mieux emporter le reste du jeu. Ce qui paraît victoire le soir peut ressembler à une erreur le lendemain. Car la guerre n'est point achevée.
Nul ne sait si la chute de Coimbra marque le commencement de la fin ou seulement un nouveau chapitre. Les hommes de l'Ordre noir conservent des forces, des capitaines expérimentés et la volonté de combattre. Leurs adversaires possèdent désormais l'initiative, mais chacun sait qu'une campagne ne se juge point sur une seule semaine. Une chose cependant paraît certaine : les géants dont on parlait durant l'hiver saignent désormais comme tous les autres hommes.
Et partout, dans les tavernes de Lisbonne comme dans les places de Castille, les anciens répètent ce que les guerres enseignent depuis toujours : les villes se prennent par les armes, mais les victoires véritables se gagnent dans la durée. En ce mois de juin 1474, Coimbra est tombée, les routes ont changé de maîtres, les armées ont fondu comme neige au soleil, et Fortune a tourné sa roue une fois encore.
À lire : Virada no teatro de guerra português: Avanço franco-ibérico pressiona ONE
À lire : De la grande saignée de Guarda
À lire : De la poursuite et de l’exécution des survivants
À lire : À Chaves, la charge héroïque s’arrête au pied du mur
À lire : vaste rétrospective des grandes batailles ayant marqué nos royaumes
Jean Froissart pour l'AAP agence Meuse, Saône et Rhône.
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18/06/1474 la semaine où l'Ordre Noir perdit ses positions
À Lisbonne (AAP) - Pendant des mois, ils avaient expliqué à qui voulait l'entendre que la victoire était inéluctable, que la résistance était condamnée, que leurs ennemis n'étaient qu'une poignée d'agitateurs condamnés à disparaître dans les broussailles portugaises. Puis les broussailles se sont mises à avancer.
Depuis quelques jours, les communiqués se succèdent avec un enthousiasme inversement proportionnel à celui observé dans les rangs de l'Ordre Noir. Chaves est tombée. Guarda également. Lamego a suivi. Santarém a changé plusieurs fois de mains. Viseu voit approcher les armées alliées.
Et surtout, les armées de l'ONE disparaissent avec une rapidité qui ferait pâlir un illusionniste de foire. Sept armées dissoutes en trois jours. À ce rythme-là , les chroniqueurs militaires vont bientôt manquer de noms à barrer sur leurs registres. Les propagandistes de l'Ordre avaient pourtant promis une démonstration de force. Ils ont effectivement tenu parole : la démonstration est saisissante. Rarement aura-t-on vu une coalition perdre autant de positions en aussi peu de temps tout en continuant à publier autant de communiqués.
Les forces franco-ibériques, elles, avancent. Français, Catalans, Aragonais, Castillans, Valenciens, Lisboètes et volontaires venus de toute l'Aristotélité semblent avoir trouvé un terrain d'entente : marcher dans la même direction. Une innovation militaire dont certains états-majors adverses découvrent manifestement l'existence.
L'épisode de Santarém restera sans doute dans les annales. Coincée dans la ville qu'elle venait de libérer, l'armée de Letyzia finit par se dissoudre avant que sa commandante ne prenne la mer à bord d'une caraque. Les romanciers parlent d'une retraite stratégique. Les marins parlent généralement d'autre chose.
À lire : era uma vez no Reino de Portugal
À lire : liste des armées disparues, Requiescat in pace
À lire : De regreso a Santarém
Gaspard de la Goupille dit Gégé, pour l'AAP agence des Terres au Milieu
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17/06/1474 Tre porte e qualche colpo di penna
Straßburgo (AAP) - In un'epoca in cui i proclami si moltiplicano più rapidamente delle vittorie che annunciano, in cui i manifesti si susseguono a un ritmo che persino gli eserciti faticano a sostenere, una nuova pubblicazione è appena comparsa nel panorama mediatico imperiale.
Lontano dai consueti elenchi di traditori, dalle promesse di un domani radioso e dai comunicati che assicurano che il nemico è ormai al collasso da diversi mesi, il nuovo giornale editoriale imperiale apre il suo primo numero con una riflessione ispirata a un proverbio arabo. Un'idea semplice: prima di essere pronunciata, ogni parola dovrebbe attraversare tre porte. È vera ? È necessaria ? È gentile ? Un'ambizione che si distingue nettamente dai tempi attuali.
I redattori spiegano di voler offrire un contrappeso a quella che considerano un'informazione dominata dalla propaganda, dai racconti di parte e dalle reciproche accuse. Un'impresa audace in un contesto in cui ogni schieramento sostiene già di possedere l'intera verità , la versione ufficiale della storia e talvolta persino la vittoria futura. Per inaugurare questa linea editoriale, il primo articolo affronta direttamente le recenti dichiarazioni dello stato maggiore di Aegis. L'autore vi intravede, in certe proclamazioni bellicose, non la dimostrazione di una forza irresistibile, bensì il segnale di una crescente inquietudine di fronte all'evoluzione dei rapporti di forza sul teatro italiano.
Un'analisi che susciterà senza dubbio discussioni. Probabilmente era proprio questo l'obiettivo. Saranno i lettori a giudicare se le parole pubblicate abbiano realmente superato le tre porte annunciate. Nel clima attuale, riuscire a superarne anche soltanto una rappresenterebbe già un risultato notevole. Il primo numero è ora disponibile alla lettura per tutti coloro che desiderano scoprire questa nuova voce dell'Impero e farsi una propria opinione sugli eventi che stanno scuotendo l'Europa.
Leggi anche : Redazione Imperiale
Il Lombardo per la KAP, agenzia della terra in Mezzo
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16/06/1474 dissertation sur quelques fugitifs de l'occasion
À Genève (AAP) - Il est une singularité fort curieuse de l'esprit humain que les philosophes devraient davantage étudier : chacun réclame la liberté jusqu'à l'instant précis où on la lui accorde.
Depuis des années, les peuples de l'Aristotélité emplissent les tavernes de leurs lamentations. Ici l'on déplore un évêché verrouillé, là une armée interdite, ailleurs une carrière empêchée par quelque coterie jalouse. Les plus hardis dénoncent les tyrans, les cabales, les privilèges et les petits despotes de province. Tous jurent que, si seulement on leur ouvrait la porte, ils montreraient enfin l'étendue de leurs talents.
Puis survient Genève. Et la porte est ouverte. Mieux encore : personne ne garde l'entrée. On y accueille les candidatures inattendues, les armées de passage, les marins entreprenants, les commerçants aventureux et les rêveurs de toutes espèces. La seule exigence est presque dérisoire : ne point transformer la Confédération en champ de bataille.
Or que découvre-t-on ? Que cette liberté tant invoquée effraie davantage que les interdictions qu'elle remplace. Ainsi du sieur Leveque. Sa lettre respirait la vocation, l'humilité, le service et la détermination. On le voyait déjà traverser les montagnes, crosse en main et conviction au cœur. Genève lui ouvrit les bras. Et le candidat s'évanouit. Le fantôme d'un évêque, volatilisé au premier souffle de liberté.
Le spectacle n'est point isolé. Combien de malicieux, de frondeurs, de garces magnifiques et d'esprits rebelles consacrent leurs journées à déplorer les persécutions qu'ils subissent ailleurs ? Combien préfèrent la douce volupté de la plainte aux risques de l'action ? Car il faut bien l'avouer : être victime est souvent plus confortable qu'être libre.
La victime possède ses excuses toutes faites, ses ennemis désignés, ses récits héroïques et ses consolations mutuelles. L'homme libre, lui, ne dispose plus que de lui-même. Plus de geôlier à maudire, plus de tyran à accuser, plus de complot derrière lequel cacher ses hésitations.
À Genève, les quais attendent des capitaines. Les charges attendent des candidats. Les tavernes attendent des entrepreneurs. Les aventures attendent des aventuriers. Et pourtant les rangs demeurent clairsemés. Les navires abandonnés pourrissent tandis que l'on disserte sur la liberté de naviguer. Les fonctions vacantes patientent tandis que l'on disserte sur l'injustice des institutions. Les occasions passent tandis que l'on rédige d'éloquents réquisitoires contre ceux qui les refusent ailleurs.
Étrange comédie. On croirait voir des prisonniers supplier qu'on brise leurs chaînes, puis s'alarmer du vaste horizon qui apparaît lorsque les barreaux tombent. La République de Genève continue néanmoins d'offrir ce qu'il y a de plus rare dans notre siècle : la possibilité. Libre ensuite à chacun d'en faire quelque chose. Ou d'aller pleurer ailleurs qu'on l'en empêche.
À lire : au bon coin de Genève
Donatien Alphonse François pour l'AAP agence des Terres au Milieu
Pour réclamer un droit de réponse - la KAP internationale
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