Genève (AAP) - Discours touchant l’état des comtés, duchés et provinces, où l’on voit comment la légitimité s’y perd par ceux-là mêmes qui prétendent la garder.
Il est constant que toute République bien ordonnée doit être fondée sur une puissance souveraine, perpétuelle et absolue, laquelle ne reçoit loi que d’elle-même. Or, en plusieurs comtés, duchés et provinces de notre temps, ce principe se trouve renversé, non par l’effort d’un ennemi étranger, mais par la lente et tranquille corruption de ceux qui en avaient la garde.
La loi de ces États est pourtant claire, et nul ne la peut ignorer : de deux mois en deux mois, le peuple s’assemble et élit un Conseil de douze personnes, lequel désigne ensuite le Duc ou le Comte. Ainsi la puissance remonte-t-elle à sa source, qui est le consentement des citoyens, et redescend par le canal du Conseil jusqu’au chef. Voilà un ordre que Platon n’eût point désavoué, et que les Suisses eux-mêmes pourraient envier.
Mais le vice est dans ma pomme.
Quand une faction s’est une fois imposée par la parole, par l’éclat des titres et par l’ancienneté prétendue des lignages, nul n’ose plus contester ce qui n’est, à le bien considérer, qu’une curieuse aberration. Ici paraît un Grand Duc, là un Archiduc, ailleurs un Prince, une Évêque res parendo ou une Marquise, lesquels s’établissent sur une cour qui s’octroie à elle-même titres et fiefs.
Et c’est ici que se découvre le ressort le plus subtil de la corruption : l’Hérauderie. Cet office, qui devait être le greffe fidèle des honneurs, est devenu l’instrument des puissants. Ses officiers, diligents et sentencieux, comptent, rognent et dépouillent à leur aise : tantôt un baron absent du service des allégeances publiques, tantôt une duchesse endormie chez les nonnes. Ce que le droit ordonnait de garder en l’absence du possesseur, ils le tiennent pour abandonné, et le distribuent aux leurs.
Je dis donc que la maxime vulgaire, qui se tait consent, est ici tournée en maxime de rapine : le silence de l’absent devient le titre du présent.
Comment ces petites cours se maintiennent-elles ? Non point par la force, ni par le droit, mais par un commerce de reconnaissances : chacune tient pour valable l’Hérauderie de sa voisine, laquelle en retour tient pour bons les titres de la première. Ainsi va-t-on entre amis couronnés, et la chaîne des légitimités se ferme sur elle-même comme un serpent qui se mord la queue.
Le peuple y aide de son côté, car il aime les titres. Il les aligne en rang, il les exhibe, comme les enfants montrent leur zizi pour savoir qui l’a plus gros. Cette vanité commune est le plus ferme appui de la corruption : le sujet n’ose rien reprocher à un système dont il espère, quelque jour, être admis.
Il faut toutefois rendre justice à ce qui est juste. Au-dessous de ces vanités se trouve une autre réalité, et celle-là est solide : les nobles d’épée, qui par leur service font prospérer la ville, et qui, soit dit sans offense, sentent meilleur que les courtisans.
Or ceux-ci, ayant pris l’ascendant, ont trouvé le moyen de conserver les formes de l’élection en en vidant la substance. Le Conseil élit toujours le Comte, mais le Comte, vite abaissé au rang de simple régent, n’est plus que le lieutenant de la noblesse. Chacun s’y trouve content : on partage les domaines d’action, et celui qui a bien servi reçoit en retraite un fief qui l’introduit dans le cercle des optimates. Ainsi le magistrat élu devient-il, au terme de sa charge, ce qu’il avait passé sa charge à servir.
Voilà un système que l’on croirait infaillible, puisque le commun aspire aux titres, et que l'infatué aspire à ordonner le Ballet royal de la Nuit.
Mais il est une loi que d'aucun n’a pas manqué d’observer : nulle puissance n’est si bien assise qu’elle ne puisse être renversée par ce qui la fonde. Les révolutions des États ne naissent point toujours du dehors, elles se couvent dans la forme même que l’on croyait avoir domestiquée.
Car l’urne demeure. On l’avait tenue pour cérémonie, et voici qu’elle redevient puissance. Un jour que nul n’attendait, le suffrage cesse d’être un rite pour redevenir un acte, le Conseil se souvient qu’il est le Conseil, et le titre le mieux armé s’aperçoit qu’il ne tenait que par l’oubli du peuple. De la Chose qui se venge, ou des urnes qui cassent les burnes.
À Genève (AAP) - Le nouveau secteur apicole affiche des résultats contrastés. Si certains producteurs dégagent des bénéfices grâce à la cire et à la gelée royale, la demande pour les miels les plus coûteux reste limitée. La rentabilité dépend désormais autant de l’accès aux matières premières que de la capacité des marchés locaux à absorber la production.
Les prix pratiqués par les apiculteurs s’établissent autour de 3 écus pour le miel de fleurs, 12 écus pour les miels de lavande et d’anis, et 22 écus pour ceux de thym et de romarin. La cire se négocie aux environs de 25 écus, tandis que la gelée royale peut atteindre 200 écus. Ces tarifs ne se traduisent toutefois pas automatiquement en ventes.
Le miel de fleurs bénéficie d’une demande plus régulière. Les variétés aromatisées, en revanche, peinent à trouver des acheteurs récurrents. Selon plusieurs témoignages, certains consommateurs achètent ponctuellement une unité de chaque variété, sans que cette demande de curiosité permette d’écouler les stocks. Anne_claire envisage ainsi de réduire sa production de miel d’anis pour privilégier le miel de fleurs. Les miels de thym et de romarin, plus coûteux à produire, sont particulièrement exposés à cette faiblesse des débouchés.
Les artisans ne constituent pas encore un relais de croissance suffisant. Les boulangers peuvent transformer le miel en pâtisseries, les meuniers l’utiliser dans des boissons et les bouchers proposer d’autres préparations. Mais les bénéfices nutritionnels de ces produits restent jugés modestes par une partie des consommateurs, qui peuvent leur préférer des aliments moins coûteux. Les miels parfumés offrent des apports supplémentaires en charisme ou en bonheur, sans que leur prix soit toujours compensé par ces avantages.
La cire présente des perspectives plus diversifiées. Elle entre dans la fabrication de baumes destinés à préserver les armes et les boucliers, de sculptures décoratives, de ruches d’ornement et de chandelles. Ces usages pourraient soutenir la demande, mais leur capacité à absorber durablement les volumes disponibles reste à confirmer.
Les premiers relevés de comptes montrent néanmoins qu’un rucher peut être rentable. Anne_claire fait état de quatre ruches exploitées sur vingt-deux jours et de neuf récoltes. Les recettes atteignent 1 008 écus, pour 528,45 écus de dépenses, soit un solde positif de 479,55 écus. La gelée royale a contribué de manière importante à ce résultat. La cire, obtenue presque à chaque récolte, constitue également une recette régulière.
Ces chiffres restent toutefois ceux d’une exploitation particulière et ne peuvent être généralisés. La rentabilité dépend notamment de la fréquence des récoltes, du prix des intrants et de la possibilité de vendre les produits. Les témoignages recueillis suggèrent un écart marqué entre les villes disposant d’un marché actif et les petits villages où les ventes demeurent rares.
L’approvisionnement constitue un autre point de vigilance. La fabrication des ruches par le bailli nécessite du sureau noir ou de la marjolaine. En Languedoc, les stocks disponibles auraient limité la production à six ruches. Les cueilleurs sont donc appelés à fournir ces plantes afin de permettre le développement de l’activité.
La gestion des colonies pèse également sur les coûts et les rendements. Les ruches doivent être nourries régulièrement, notamment avec de la lavande, de l’anis, du thym ou du romarin. La récolte dégrade leur humeur et peut provoquer le départ des abeilles, entraînant la perte de la ruche. Plusieurs apiculteurs recommandent d’attendre une humeur favorable, voire l’euphorie, avant de récolter.
Les observations disponibles sur la durée de vie des colonies restent limitées : une ruche aurait disparu au bout de vingt-sept jours, tandis qu’un autre producteur rapporte une durée de trente-huit jours. Ces données ne permettent pas encore d’établir une durée de vie moyenne, mais elles soulignent l’importance d’une gestion prudente.
Enfin, le pacificateur, accessoire coûteux, pourrait augmenter les chances d’obtenir de la gelée royale lorsqu’il est porté avant la récolte. Son efficacité n’est cependant pas garantie : plusieurs utilisateurs n’ont pas constaté l’apparition du produit.
Le secteur entre ainsi dans une phase de consolidation. Les premiers résultats attestent d’un potentiel économique, mais la progression de l’apiculture dépendra de trois facteurs : la disponibilité des matières premières, la maîtrise de la gestion des colonies et l’élargissement des débouchés. Pour les producteurs, la priorité n’est plus seulement de récolter davantage, mais de produire ce que le marché est en mesure d’acheter.
31/10/1474mercato e tornei : un intero paese si veste a festa
Milano (AAP) - I messaggeri hanno varcato i passi a briglia sciolta : la stagione delle fiere si annuncia animata in terra confederata. Dall’11° giorno di novembre, la città di Svitto celebrerà la venerabile memoria del Giuramento del Rütli, per rafforzare l’unione tra i cantoni.
Per l’occasione si terrà un grande mercato, ricco di merci e di gente festosa. Banchi colmi, avventori lieti e borse ben fornite : a memoria di mercante, non si vedeva una simile promessa da lungo tempo.
Si svolgeranno grandi competizioni, affinché ogni combattente possa mostrare il proprio valore e arricchire la festa con la sua prodezza. Cavalieri, arcieri e valorosi d’ogni terra sono attesi.
Le iscrizioni sono necessarie entro il 5° giorno di novembre. Gli organizzatori avvertono che, poiché la fine dei tempi non è prevedibile, ognuno è pregato di prevedere più tempo. Chi si ridurrà all’ultimo resterà sulla soglia.
Dal 30 novembre, gli appassionati potranno inserire i loro prodotti e desideri nel forum de « Die Schweizer Käsestube ». Forme e buongustai si ritroveranno attorno alla stessa tavola.
A Ginevra, intanto. Gli arcieri non sono da meno: il grande torneo di tiro con l’arco, aperto a tutti ai piedi delle mura, è in corso dal 25 ottobre. Mette in palio 200 ducati al primo, 100 al secondo e 50 al terzo. Un’ottima occasione per affilare le frecce prima del grande viaggio verso Svitto.
28/10/1474Elections au conseil du Duché de Lorraine : Plop ! recueille la majorité absolue des sièges
PARIS (AAP) - La liste PLOP ! Pour La Lorraine, On Poursuit ! est arrivée en tête lors de l'élection au conseil de Duché de Lorraine, et obtient la majorité absolue des sièges. Elle pourra donc gouverner seule.
Répartition des suffrages exprimés :
1. "PLOP ! Pour La Lorraine, On Poursuit !" (Plop ! ) : 100%
La répartition des sièges au scrutin à la proportionnelle conduit à une nouvelle répartition des postes du conseil :
Les membres du conseil reconnaîtront le prochain Duc d'ici à deux jours. Ce dernier devra alors présenter ses hommages à son souverain, et nommer aux principales charges du Duché.
27/10/1474la guerre peut-elle dévorer les royaumes ?
À Genève (AAP) - Dans les tavernes, où les nouvelles courent plus vite que les chariots sur les chemins boueux, dans les conseils, où l’on pèse le sort des provinces à la lueur des chandelles, sur les places, enfin, où les hérauts proclament les décisions des puissants, une question revient comme un refrain obstiné : jusqu’où peut-on mener la guerre sans désoler le royaume que l’on prétend conquérir ?
Le nom des ONE (L'Ordo Negrum Equites, une nébuleuse de clans soupçonnée de comploter des confins de la Valachie aux rivages du Ponant, des glaces de Thulé aux colonnes d’Hercule (ndlr)) résonne dans toutes les bouches. Pour les uns, ils incarnent une manière de guerroyer parmi tant d’autres, avec ses audaces, ses rivaux et ses fidèles. Nul ne saurait imposer à tous les combattants une même conception de l’honneur, ni dicter à chaque seigneur la conduite de ses lames. Mais d’autres hochent la tête, la mine sombre : les campagnes qui s’éternisent, les ports orphelins de leurs navires, les marchés sans marchandises, les cités disputées de rempart en rempart et les voyageurs entravés sur les routes jettent sur la vie des provinces une ombre qui s’allonge.
Les témoignages affluent, et ils ne s’accordent guère. Certains parlent de terres où les querelles de bannières se prolongent jusque devant les tribunaux, où le nouveau venu est suspecté avant même d’avoir franchi la porte de la ville, où la neutralité ne garantit plus un sommeil paisible. D’autres voix, plus mesurées, rappellent que les royaumes se vidaient de leurs habitants bien avant que les ONE ne hantent tous les discours. La guerre ne saurait donc porter seule le fardeau de tous les maux du temps.
Le débat, d’ailleurs, ne se réduit pas à un duel entre amis et ennemis. Des guerriers qui ont croisé le fer avec les ONE reconnaissent à leurs adversaires le droit de prendre part à l’histoire. D’autres, qui leur restent opposés, s’interrogent avec gravité sur des campagnes dont nul ne semble pouvoir annoncer la fin. Et certains murmurent qu’une guerre, pour mériter d’être contée au coin du feu, doit laisser aux hommes des raisons de vivre, de commercer, de voyager et de bâtir, plutôt que de ne leur offrir pour tout horizon que la prochaine bataille.
La voie des ONE sied-elle aux habitants de ce vaste monde ? Les réponses ne se font pas attendre. Les uns défendent la liberté des bannières et le droit de chacun de choisir sa voie. Les autres craignent qu’à force de vouloir triompher partout, certains ne finissent par régner sur des terres où il ne reste presque plus personne pour leur résister, ni même pour les acclamer.
Car la querelle touche à une interrogation plus ancienne que les armes elles-mêmes : une victoire est-elle encore une victoire lorsque les villes conquises se taisent, que les étals se vident et que les voyageurs préfèrent d’autres routes ? Et si chacun est libre de poursuivre ses ambitions, qui veillera à ce que le royaume demeure assez vivant pour que d’autres puissent poursuivre les leurs ?
Car il est une conquête dont nul ne peut se réjouir longtemps : celle d’un royaume où, faute de compagnons, d’adversaires et de témoins, il ne reste bientôt plus personne pour chanter les exploits des vainqueurs.