05/09/1474 Ecclesia Animarum Custos

À Genève (AAP) - La critique de l’organisation de l’Église aristotélicienne, récemment publiée dans nos colonnes, n’est pas restée sans réponse.
À lire Ecclesia Sedem Tenens
Le propos avait notamment interrogé la multiplication des charges, des nominations, des juridictions et des dignités ecclésiastiques, jusqu’à suggérer que l’institution semblait parfois davantage préoccupée de tenir les places que de remplir les âmes. Le Cardinal Doyen du Sacré Collège, Francesco Maria Sforza, a souhaité répondre à cette lecture.
Sous le titre Ecclesia Animarum Custos, le prélat défend une conception radicalement différente de cette architecture institutionnelle. Selon lui, les titres, les sceaux, les chancelleries et les juridictions ne constituent pas les ornements d'une puissance temporelle, mais les instruments destinés à garantir la continuité de la Foi, la validité des Sacrements et la légitimité de la charge pastorale.
Le Cardinal reconnaît toutefois une difficulté que l'Église ne cherche pas à dissimuler : la crise des vocations et l'impossibilité de maintenir partout une présence cléricale aussi dense qu'elle le souhaiterait. Mais plutôt que d'y voir le symptôme d'une institution occupée à administrer ses propres sièges, le prélat y voit un appel à de nouvelles vocations. Il invite ainsi les fidèles désireux de servir le Très-Haut à se manifester et à entreprendre un véritable parcours de formation spirituelle et doctrinale.
Une réponse qui oppose donc à la critique de l'Église des places celle d'une Église gardienne des âmes, et qui rappelle que, derrière la forêt des décrets et des dignités, l'institution affirme ne poursuivre qu'une seule finalité : le salut des fidèles, la Justice et la Paix. La KAP publie intégralement ce droit de réponse afin que chacun puisse juger sur pièces et confronter les deux conceptions de l'Église.
À lire ici : Ecclesia Animarum Custos, réponse du Cardinal Doyen Francesco Maria Sforza.
iZaac pour l'AAP agence des Terres au Milieu
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03/09/1474 en Anjou, Le Pas d’Armes entre dans le vif du sujet

À Saumur (AAP) - Il y a des jours où l’on comprend pourquoi les Angevins ont inventé les procès, les armées et probablement les tavernes : il faut bien pouvoir se remettre de ce qui arrive sur les champs de bataille.
À lire : Aujourd'hui, en chemin, vous avez croisé l'armée « Ita diis placuit »
Le Pas d’Armes de l’Archiduché, annoncé à grand renfort de fanfares, d’armures, de vieilles rancunes et de promesses d’écus, avait jusqu’ici quelque chose de bon enfant. On s’inscrivait, on plaisantait, on faisait mine de ne pas avoir peur et chacun se préparait à expliquer à son voisin que, cette fois, il allait voir ce qu’il allait voir. À Saumur, il semble qu’on ait désormais vu. Et que ce soit surtout Saumur qui ait vu.
Les premières escarmouches viennent en effet de rappeler une vérité ancienne : dans un Pas d’Armes, le mot « armes » n'est pas uniquement décoratif. Anaon, fraîchement revenue du champ de bataille avec la satisfaction modeste d’une personne qui a découvert qu’elle était encore vivante, s’est ainsi enquise publiquement de savoir si Saumur venait de « se faire démolir le uc ». La formulation, certes peu académique, présente au moins l’avantage de la clarté. La réponse semble être : oui, quelque peu.
Mais que les amateurs de catastrophes militaires se rassurent : Anaon n’est pas morte. Elle nous prie de considérer cela comme un miracle. Dans une province où l’on transforme volontiers chaque escarmouche en épopée et chaque blessure en récit héroïque, il faudra donc ajouter le miracle au bilan officiel. Pendant ce temps, Giorgio découvre la solidarité angevine
L’un des premiers épisodes véritablement remarquables de cette campagne concerne toutefois Giorgio Voli. Le malheureux a croisé la route de la Rouquine. Il en gardera, selon les premières informations disponibles, un souvenir durable. À l'heure où les honnêtes gens dorment encore et que les soldats raisonnables devraient probablement en faire autant, Giorgio a engagé le combat contre l’armée Ita diis placuit, commandée par Euphrosyne. Résultat des opérations : Giorgio a été grièvement blessé , son arme a été détruite, et le brave Italien se retrouve avec dix jours d’indisponibilité.
On notera que l’ennemi ne s’est pas contenté de lui faire les poches : il lui a également pris son arme, sa santé et, probablement, une certaine confiance dans la Providence. Eireen, qui connaît manifestement la valeur d’un bon compte rendu militaire, a résumé l’affaire avec une délicatesse toute angevine : « Giorgio n'a pas aimé se faire faire les poches par la Rouquine. » Voilà qui devrait figurer dans les annales de la guerre.
Les choses sérieuses ont commencé. Jusqu’à présent, le Pas d’Armes pouvait encore passer pour une aimable réunion de gens en armure venus échanger quelques coups, quelques écus et beaucoup de vantardises. Ce n’est désormais plus tout à fait le cas. Les armées se rencontrent. Les armes cassent. Les hommes tombent. Les jours d’indisponibilité s’accumulent. C’est précisément à cet instant que l’Anjou devient intéressant.
Car ce petit duché de quelque cent vingt âmes, coincé au cœur de la France et toujours plus nombreux à expliquer aux provinces voisines comment elles devraient se tenir, possède une curieuse aptitude à transformer une fête en affaire d’État, une querelle en guerre et une guerre en occasion de se chamailler entre soi. Il fallait donc s’attendre à ce que le Pas d’Armes finisse par produire quelques résultats. Le premier est désormais acquis : Giorgio ne combattra pas pendant dix jours.
Le second reste à déterminer : qui sera le prochain à rencontrer la Rouquine ? Les paris sont ouverts. Enfin, façon de parler. En Anjou, les paris ont ceci de particulier qu’ils finissent généralement par coûter plus cher que prévu. La campagne ne fait donc que commencer. Et si les premiers coups ont déjà laissé quelques traces, il serait imprudent de croire que les derniers seront les moins douloureux.
Les choses sérieuses ont commencé. À Saumur, on a déjà commencé à compter les blessés. À Angers, on compte probablement encore les écus. Et quelque part, un Angevins prépare certainement une explication démontrant que tout cela était parfaitement prévu. C’est aussi cela, le Pas d’Armes.
À lire : en Anjou, quand les baffes deviennent patrimoine culturel
Domitille Rosépine pour l'AAP agence des Terres au Milieu
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02/09/1474 la Provence n'est pas impériale, et elle entend le faire savoir

À Genève (AAP) - Il aura suffi d'un qualificatif mal rangé dans une phrase démographique pour que les frontières de l'Histoire se mettent à frémir. Dans son article « Où restent les habitants ? », Emmanuel Todde, notre rédacteur, évoquait la Provence parmi les « grandes provinces impériales ». Une formulation qui n'a guère plu à la Provence, indépendante depuis le 22 novembre 1454, et dont la mémoire souveraine semble décidément avoir la peau sensible.
À lire : Où restent les habitants ?
La remarque a été portée à la connaissance d'Izaac, notre rédacteur en chef, lequel rappelle que l'article entendait traiter de démographie, non refaire la carte politique de l'Aristotélité. La Suisse, elle aussi citée dans cette comparaison, n'étant d'ailleurs pas davantage une province impériale. Mais l'intéressée ne l'entend pas ainsi. L'ancienne marquise Hersende rappelle que la Provence tient à son indépendance et à ce qu'elle soit reconnue comme telle, surtout face à une confusion historique susceptible, selon elle, d'induire les lecteurs en erreur.
De son côté, Izaac refuse de modifier l'article ou ses chiffres, préférant laisser à l'échange le soin de produire sa propre rectification historique. Après tout, explique-t-il en substance, une erreur relevée et combattue est encore une occasion d'enseigner l'Histoire. Et de rappeler, avec cette délicatesse toute genevoise qui fait parfois davantage de dégâts qu'un marteau de guerre, que les proclamations, sceaux, titres et galons ont finalement moins de poids que les réalités qui s'imposent « in gratibus ». Car, selon le mot d'Izaac, « C’est au nombre des lances que se mesurent les indépendances, et sous quelle bannière elles s’illustrent ».
L'AAP vous invite à lire l'intégralité de cet échange en droit de réponse, où il est question de Provence, de souveraineté, de mémoire historique, de frontières et, plus accessoirement, d'un fameux pet de nonne dans la sacristie de Saint-Titus.
À lire : Il semble ignorer qu'elle est indépendante depuis le 22 novembre 1454
Etienne Berne pour l'AAP agence des Terres au Milieu
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01/09/1474 Ecclesia Sedem Tenens

À Arles (AAP) - Il faut rendre justice à cette Église : elle sait admirablement tenir la place. Elle tient les cathèdres, les chancelleries, les chancels, les sceaux, les registres, les titres, les préséances et les fauteuils. Elle tient si bien la place que l'on pourrait croire que le Très-Haut lui a confié non pas le salut des âmes, mais la garde des sièges. Et quelle armée de titulaires pour défendre ces sièges ! Primat ici, cardinal là , archevêque ailleurs, administrateur sede vacante quelque part entre deux voyages, premier vice-primat, deuxième vice-primat, troisième vice-primat et, si l'on en croit les parchemins, il ne manque bientôt plus qu'un quatrième vice-primat pour surveiller les trois autres.
L'Église possède des titres à n'en plus savoir que faire. Ce qui lui manque, en revanche, paraît plus difficile à trouver. Une mission. Regardons donc ce que font ces princes de l'Église lorsqu'un siège devient vacant. Ils nomment quelqu'un. Et lorsqu'un autre siège est contesté ? Ils précisent qui a le droit de nommer. Et lorsque deux prélats se disputent ? Ils rappellent les règles. Et lorsqu'un fidèle demande où est son Église ? On lui montre le sceau. Voilà donc le grand mystère de cette institution : là où le croyant cherche une Église, elle lui répond par une procédure. Là où il cherche un pasteur, elle lui présente un titulaire. Là où il cherche la foi, elle lui montre une hiérarchie.
L'affaire d'Arles en offre une caricature presque parfaite. Le siège est vacant. Qu'à cela ne tienne : Rome dépêche un administrateur. On nous explique aussitôt, avec toute la gravité des docteurs du droit canonique, que l'administrateur n'est pas l'archevêque, qu'il n'en possède pas la charge pastorale, qu'il n'exerce pas son autorité spirituelle, qu'il n'en possède pas les prérogatives politiques. Fort bien. Mais alors, demandons simplement : qui possède réellement la charge des âmes ?
À lire la réponse de Rome ne s'est pas fait attendre
À lire En premier lieu, le siège métropolitain d'Aix n'est pas vacant.
À Arles, on invite les fidèles à écrire à celui-ci, à Marseille à celle-là , ailleurs à un autre encore. Pour les sacrements, il faudra trouver un clerc compétent. Pour la pastorale, un administrateur. Pour l'autorité, un archevêque qui n'existe pas encore. Pour la juridiction, une assemblée. Pour le reste, Rome. Et l'on s'étonnera ensuite que les églises soient ouvertes tandis que les cathèdres demeurent silencieuses. Mais rassurons-nous : la chaise, elle, est parfaitement occupée.
Voilà le véritable talent de cette Église. Elle ne laisse jamais une fonction sans fonctionnaire. Un évêque disparaît ? Administrateur. Un vice-primat disparaît ? Nouveau vice-primat. Un Primat arrive ? Nouveau conseil. Un archevêché est vacant ? Nouvelle nomination. Un titre devient disponible ? Quelqu'un le recevra. Ainsi tourne la grande roue des dignités, et chacun monte d'un degré pendant que les fidèles attendent toujours que quelqu'un leur parle de Dieu.
Il faut toutefois reconnaître à cette Église un admirable zèle : elle ne manque jamais de rappeler qu'elle ne fait pas de politique. Elle le rappelle justement dans des textes où elle explique qui dispose du droit de veto, qui possède la compétence territoriale, à quelle primatie appartient telle province, quel prélat peut intervenir, quelle autorité doit être consultée et pourquoi un autre prélat ferait mieux de rester à distance. C'est une forme très particulière de non-politique. C'est celle qui consiste à faire de la politique en prenant soin de l'appeler « juridiction ecclésiastique ».
En Provence, le spectacle devient savoureux. L'Archevêché d'Aix nous explique que la Provence est fidèle à Rome, que le Concordat protège les prérogatives de l'Église, que les autorités temporelles n'ont pas le droit de nommer les évêques et que le Primat du Saint-Empire est l'autorité compétente. Puis le Primat de France paraît vouloir venir renouer les liens. Et voilà que l'on s'indigne : Quels liens ? Ils n'ont jamais été rompus ! Nous voilà rassurés. Ils ne sont donc pas rompus. Ils sont simplement suffisamment complexes pour que chacun puisse expliquer à l'autre qu'il n'a rien à faire chez lui.
Et pendant ce temps, voici la grande machine ecclésiastique qui continue de produire ses parchemins. Elle scelle. Elle authentifie. Elle proclame. Elle nomme. Elle démet. Elle distingue. Elle classe. Elle ordonne. Elle excommunie. Puis elle recommence. Et lorsque quelqu'un demande pourquoi, on lui répond que c'est ainsi que fonctionne l'Église. Mais c'est précisément la question. À quoi sert-elle ? À sauver les âmes ? Alors pourquoi tant de pages consacrées aux sièges, aux titres et aux compétences ? À enseigner Aristote ? Alors pourquoi faut-il un cardinal pour expliquer à un autre cardinal qui peut entrer dans quelle cathédrale ? À conduire les hommes vers Dieu ? Alors pourquoi la mesure de la fidélité semble-t-elle si souvent être l'obéissance à l'institution plutôt que la connaissance du Très-Haut ? À servir les fidèles ? Alors pourquoi entend-on davantage parler des titulaires que des troupeaux ?
Et voici qu'apparaît parfois un homme qui ose dire : « Je ne vous reconnais plus comme mes maîtres. » Alors soudain, l'Église retrouve une vigueur admirable. Elle sait immédiatement quoi faire. Elle connaît le mot. Excommunication. Elle sait également quoi dire : hérésie, Sans-Nom, Genevois, corruption de l'âme, absence de légitimité. Tout ce qui manquait pour administrer une paroisse semble soudain disponible pour condamner un adversaire.
Il faut donc croire que l'Église possède une grâce particulière : elle devient extraordinairement efficace dès qu'il s'agit de défendre son monopole. Et c'est ici que se dévoile peut-être son véritable ministère. Non pas conduire. Non pas convaincre. Non pas convertir. Mais tenir la place. Tenir la place de l'évêque. Tenir la place du Primat. Tenir la place du cardinal. Tenir la place de Rome. Tenir la place du droit. Tenir la place de la vérité. Et, surtout, empêcher quiconque d'autre ne s'y asseye.
Car l'on comprend mieux alors pourquoi tant de choses sont si soigneusement réglementées. Il ne faudrait surtout pas qu'un autre prêche sans autorisation. Il ne faudrait pas qu'un autre baptise. Il ne faudrait pas qu'un autre enseigne. Il ne faudrait pas qu'un autre prétende être évêque. Il ne faudrait pas qu'un autre nomme. Il ne faudrait pas qu'un autre interprète. Il ne faudrait pas qu'un autre décide. Il ne faudrait pas qu'un autre occupe la place. La place est sacrée.
Quant à ce qui devrait l'habiter, la foi, la charité, la vérité, la conscience, la prédication et le service, cela peut attendre. Il y a quelque chose d'infiniment ironique à voir cette institution proclamer sans cesse la fraternité tout en passant son temps à déterminer lequel de ses frères possède le droit de parler avant l'autre. Elle proclame la pauvreté spirituelle depuis des palais de titres. Elle prêche l'humilité sous des montagnes de dignités. Elle parle de liberté intérieure tout en distribuant des sanctions à ceux qui pensent autrement. Elle invoque la sagesse des Prophètes, puis demande à ses fidèles de ne pas regarder derrière le rideau. Et surtout, elle confond avec une remarquable constance l'Église avec ses bureaux.
Mais une cathèdre n'est pas une Église. Un sceau n'est pas une Église. Un cardinal n'est pas une Église. Un concordat n'est pas une Église. Un décret n'est pas une Église. Une excommunication n'est pas une Église. Et une procession de prélats bardés de titres ne devient pas davantage une Église parce qu'elle marche sous une bannière.
L'Église est là où la Parole est annoncée, où la conscience s'éveille, où le pécheur trouve le pardon, où le pauvre trouve son frère et où l'homme apprend à chercher Dieu plutôt qu'à craindre son supérieur. Le reste ? Le reste tient très bien la place. Et c'est peut-être tout le problème.
À lire Un cardinal pour Langres : Rome reprend la main
Beatus Rhenanus pour l'AAP agence des Terres au Milieu
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31/08/1474 en Bretagne, la grande lessive

À Nantes (AAP) - En Bretagne, ce qui n’était au départ qu’une pétition contre Astoria a pris des allures de grand ménage. Les adversaires d’hier se retrouvent aujourd’hui devant les tribunaux, et les condamnations pleuvent comme à la foire aux vanités.
Tout commence le 12 juillet avec une pétition tonitruante : destitution d’Astoria, retrait de ses titres, procès pour haute trahison. Les signataires lui reprochent d’avoir mêlé ses fonctions de Régente à sa candidature au trône, contesté un scrutin défavorable et engagé la parole grand-ducale dans des affaires diplomatiques aussi troubles qu’un ciel breton en novembre.
À lire : Où comment la Bretagne renoua avec l’ombre d’Athènes
Ses détracteurs crient à la « chasse aux sorcières ». Certains rappellent que plusieurs signataires ont déjà eu maille à partir avec la justice bretonne. D’autres y voient une vengeance politique contre les vaincus des urnes.
Mais la justice, elle, ne traîne pas. Le 24 août 1474, Astoria est reconnue coupable de haute trahison. Verdict : 100 écus d’amende, mais pas de prison, sa grossesse avancée lui épargne les cachots. Même jour, Swan Black, elle, écopait de la peine capitale. Puis ce fut au tour de Rolin.
Le 28 août, l’ancien procureur est condamné pour haute trahison : cinq jours de prison, 200 écus d’amende, et surtout, l’obligation de quitter la Bretagne sous trois jours, sous peine de nouvelles poursuites. Le même jour, Ildut prend trois jours de prison et 100 écus pour trouble à l’ordre public. Enfin, le 30 août, Blaster est condamné pour faux : trois jours de prison, 100 écus, et six mois d’inéligibilité.
À lire : Haute Trahison – Coupable
En moins de deux semaines, les tribunaux bretons ont donc distribué amendes, exils, inéligibilités et même une condamnation à mort. Coïncidence troublante : les principaux condamnés appartenaient tous au même courant politique que celui qui avait lancé la pétition en juillet.
Chronologie édifiante : pétition, révocation d’Astoria, procès, condamnations, exil. Pendant ce temps, le camp adverse remportait 63,5 % des suffrages et huit sièges sur douze au Conseil ducal.
Hasard du calendrier ? Sans doute. Mais politiquement, la coïncidence est un peu grosse.
Résultat des courses : l’ancien groupe dirigeant breton est en miettes. Astoria condamnée, Swan Black condamnée à mort, Rolin exilé, et d’autres figures sous le coup de la justice. Quant aux anciens Grands-Ducs, ils sont tous condamnés par contumace et vivent en exil, entre Irlande, France et Anjou.
La Bretagne assistait donc à bien plus qu’un simple changement de Chancelier. C’est toute une génération politique qui disparaît, balayée par les urnes, les révocations, les tribunaux ou l’exil.
Reste une question : où s’arrête la défense des institutions, et où commence l’élimination systématique des adversaires ? Les juges ont parlé. Les électeurs aussi. Et pour l’ancien camp Astoria-Rolin, les deux verdicts sont sans appel.
À lire : 18/07/1473 Bretagne, un Peuple, un grand, un Duc>/a>
À lire : Grand Duc contre Duc, la Bretagne condamnée à payer l’addition
Domitille Rosépine pour pour l'AAP agence Meuse, Saône et Rhône.
Pour réclamer un droit de réponse - la KAP internationale
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