À Genève (AAP) - À la suite de la publication, le 18 octobre 1474, de l’article « En Catalogne, le prince a la couronne, les urnes ont les voix », le prince Khabibulin Setzefonts de Tobella fait parvenir à la rédaction un droit de réponse consacré à la crise politique qui secoue le Principat.
Le souverain conteste la lecture d’un affrontement entre légitimité électorale et autorité de la Couronne. Il affirme que ses prises de position ne remettent nullement en cause le résultat des urnes, mais répondent à une situation qu’il juge exceptionnelle : l’accession au pouvoir de la liste Hâlâ para sıkıntısı var (HPSV), dont plusieurs membres sont accusés d’avoir participé aux assauts coordonnés contre les mairies catalanes du 6 juin dernier.
Le prince détaille les griefs adressés au nouveau gouvernement : hausse de la fiscalité, irrégularités présumées dans la nomination du recteur de l’Université Ramon Llull, politique minière contestée, opérations financières et absences de plusieurs conseillers. Il présente ces éléments comme autant de menaces pesant sur les institutions et les finances publiques du pays.
Khabibulin défend ainsi ses décisions au nom du rétablissement de la légalité et de la protection du patrimoine catalan. Il conclut en interrogeant l’opportunité d’organiser une cérémonie de couronnement alors que, selon lui, la sécurité institutionnelle du Principat demeure gravement compromise.
Ce droit de réponse est à lire dans son intégralité. Il apporte la version du prince sur une crise où s’entremêlent accusations criminelles, contestations de gestion et interrogations sur les rapports entre mandat électoral et autorité princière.
18/10/1474en Catalogne, le prince a la couronne, les urnes ont les voix
En Catalogne (AAP) - Le nouveau prince, Khabibulin Setzefonts de Tobella, entame son règne par une proclamation qui fleure moins les réjouissances du sacre que l’état de siège.
Le 14 octobre, la liste Hâlâ para sıkıntısı var (HPSV) remporte les élections au Conseil du Principat de Cataluña avec 55,9 % des suffrages et sept sièges sur douze, contre cinq à Catalunya Real. Une majorité absolue en bonne et due forme, qui permet à ses vainqueurs de gouverner seuls. Du moins en théorie : le nouveau souverain dénonce aussitôt une prise de pouvoir par un groupe qu’il accuse d’avoir participé aux assauts contre plusieurs villes catalanes en juin, avant de s’employer à vider les caisses publiques.
Le nom de la liste, dont la traduction approximative serait « Il y a encore des problèmes d’argent », inspire au prince une interprétation peu charitable. Il y voit moins un programme économique qu’un aveu d’intention. Les élus de HPSV sont accusés de vouloir poursuivre le pillage du Principat, certains étant décrits comme moribonds, d’autres portant encore des entraves aux poignets. Le communiqué évoque même un commanditaire mystérieux, voire une organisation dissimulée, dont les desseins seraient hostiles à la Catalogne.
Le nouveau règne commence donc par une crise institutionnelle ouverte : le prince appelle au calme, promet de rétablir l’ordre et demande aux maires de relayer des consignes pour limiter les recettes du gouvernement qu’il conteste. Ne plus travailler dans les mines du Principat, réduire les achats sur les marchés et les contrats agricoles au strict minimum, cultiver ses propres champs et privilégier les tavernes : autant de mesures destinées à tarir les ressources fiscales d’un exécutif accusé de rançonner la population.
Le paradoxe est savoureux : une liste gagne les élections à la majorité absolue, puis le souverain appelle ses sujets à réduire au minimum leur contribution à l’administration qu’elle dirige. La bataille politique se poursuit ainsi par d’autres moyens, cette fois à coups de mines désertées, de marchés délaissés et de recettes municipales asséchées.
Reste une question que la proclamation ne résout pas : comment le Principat peut-il sortir de la crise si les institutions élues, la Couronne et les citoyens ne s’accordent même plus sur la légitimité du pouvoir ? Entre accusation de pillage, résistance fiscale et appel à la restauration de l’ordre, la Catalogne inaugure un règne où la première bataille se livre moins aux frontières que dans les coffres du pays.
Etienne Berne pour l'AAP agence des Terres au Milieu.
17/10/1474Genève, perspectives stables à positives BB
À Genève (AAP) - Notation émetteur à long terme : BBB+. Perspective : positive. Notation à court terme : A-3. Dernière révision : 17 octobre 1474. Statut : sous surveillance, implications positives.
Nous maintenons la notation du canton de Genève à BBB+ et révisons la perspective de stable à positive. La trésorerie est négative (−15,03 écus), mais la dynamique des recettes s’améliore nettement, portée par une source unique que nous jugeons peu orthodoxe et néanmoins fiable : la présence de troupes savoyardes aux portes de la cité.
Du côté des facteurs de soutien, les recettes de la noblesse progressent fortement. Elles s’établissent à +50 écus par jour et à +237 écus sur la semaine en cours, contre +111 la semaine précédente, soit une hausse d’environ 113 %. Cette ligne est la seule créditrice des comptes. La sécurité, par ailleurs, coûte peu : l’armée « [DB] Gummi Zummi Club », forte d’une vingtaine d’hommes, stationne sans incident depuis le 13 octobre. Elle empêche de fait les clans rivaux de regagner leurs maisons genevoises, ce qui prolonge les séjours et soutient la consommation en taverne, sans aucune dépense de recrutement (0,00 écu). Le cadre institutionnel est lisible : le Manuale di buona condotta du 14 octobre fixe des règles claires à l’égard des visiteurs (paiement comptant, courtoisie, interdiction de dégainer), ce que nous tenons pour un signal favorable de gouvernance, assorti d’une offre immobilière à Fribourg que nous classons, avec prudence, en produit annexe. Enfin, l’activité privée reste diversifiée : les marchands et exploitants de mines poursuivent leurs flux d’import-export de pierre et de fer, indifférents aux querelles des compagnies armées.
Les facteurs de fragilité sont les suivants. La dépendance à une source unique est le principal risque de crédit : impôts, ventes et recrutement ne contribuent pas (0,00). Le solde de −15,03 écus, bien que modeste, laisse peu de marge, et le maire a lui-même indiqué que les caisses étaient vides. L’exécutif se trouve en situation d’intérim de fait : l’avoyer a déclaré le fauteuil de la mairie « strictement inutile » et laissé les élections se dérouler, tandis que la mairesse par intérim assure rondes et correspondance, ce qui révèle une certaine souplesse dans la répartition des compétences. Le commandant Castiglione a durci le ton le 16 octobre, contestant les affiches municipales et évoquant l’opposition à « BIL et CO », une réponse est attendue à la demande de précisions de la mairesse par intérim. Une rupture du dialogue constituerait un risque de queue, mais la contrepartie a indiqué que les non-alignés n’avaient rien à craindre. Reste un risque réputationnel : certaines bannières en circulation sont d’un goût discutable, sans effet direct sur la solvabilité mais susceptibles de peser sur l’image de la cité auprès des investisseurs prudents.
Nous relèverions la notation en cas de retour de la trésorerie en territoire positif sous 30 jours, de diversification des recettes vers les impôts et les ventes, de clarification du statut du commandant avec sa présentation en bonne et due forme au maire, ou d’une élection municipale confirmant la continuité exécutive. Nous la dégraderions en cas de départ de l’armée ou de réorientation de ses opérations loin de Genève, entraînant l’effondrement de la ligne noblesse, d’incident violent contre un citoyen en rupture avec le Manuale, ou d’épuisement de la patience des marchands, dont le désintérêt actuel est une hypothèse implicite de notre scénario central.
En conclusion, le canton de Genève démontre une aptitude singulière à convertir des querelles privées étrangères en flux de trésorerie. Cette capacité, bien que reposant sur l’obstination de quelques groupes à se disputer l’accès à leurs maisons, nous paraît durable tant que ces obstinations le sont, et nous la considérons comme l’une des sources de revenus les plus stables de la région.
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Straßbourg (AAP) - Il est des heures où les frontières ne sont plus de simples traits sur les cartes, où les murailles cessent d’être de la pierre pour devenir le rempart d’un peuple, et où la fidélité à l’Empire se mesure moins aux paroles prononcées dans les salles du pouvoir qu’aux hommes qui prennent les armes lorsque ses terres sont frappées.
Le 20 septembre, l’armée « BIL is megl’ che One », conduite par la vilaine Malena et venue de Genève, pénétrait à Saint-Claude avec vingt-quatre combattants. Le lendemain, selon le compte rendu rendu public par les autorités impériales, la milice locale était massacrée, le maire destitué et la mairie pillée. Quinze à dix-sept combattants supplémentaires rejoignaient bientôt les premiers assaillants.
Saint-Claude venait de tomber. Mais la campagne ne faisait que commencer.
De Chambéry à Dole, la nouvelle mit en mouvement les forces de Savoie et de Franche-Comté. Aux côtés des contingents impériaux marchèrent la Dark Brotherhood et les Aquilae Imperatoris. En moins de quatre jours, trois armées, représentant selon le bilan officiel entre quatre-vingt-dix et cent vingt combattants, furent déployées. Il ne s’agissait plus seulement de protéger les villes menacées : le Conseil de défense francophone décida d’étendre son objectif à l’interception des forces adverses et à la fermeture de leurs voies de retraite.
Alors commença la course des éclaireurs, des messagers et des armées. Autour de Genève, de Lausanne et de Sion, les mouvements furent surveillés ; les itinéraires possibles étudiés, les passages vers la Germanie et l’Italie couverts. Les autorités impériales rapportent que la coopération des forces milanaises contribua à resserrer le dispositif, tandis que les commandants francophones prenaient position pour barrer les routes aux hommes de Malena.
L’armée des Brigades Libertines Internationales poursuivit finalement sa route vers l’Italie. Après le pillage de la mairie de Côme, elle fut dissoute et ses capitaines pendus. Vae victis. Aquila non capit muscas. Sic transit gloria mundi.
13/10/1474de l’utilité de la peine capitale pour le commerce
Genève (AAP) - Il est une opinion fort répandue entre ceux qui se mêlent de juger sans avoir lu, que l’amende serait plus douce que le glaive et plus profitable à la République. Je dis qu’ils se trompent, et ne se trompent pas peu.
Car que fait l’écu jeté au puits ? Il sort de la bourse du condamné, il n’entre point en celle du prince, et ne passe en nulle main qui l’emploie. L’argent, comme dit fort bien Aristote au premier livre de la Politique, n’a de vertu que par sa circulation, et celui qui le tient enfermé ou noyé le prive de son office. Or le puits est le sépulcre de la monnaie, et j’aimerais mieux qu’on enterrât les hommes que les écus : l’homme du moins se pleure, et sa mort fait travailler le menuisier, le fossoyeur et le cierger.
Je dis donc, pour établir mon propos, que la peine de mort est le plus dynamique des châtiments, si l’on veut bien compter ce qu’elle met en mouvement. Le charpentier dresse la potence, le cordier file la corde, le marchand de bois fournit le bûcher, le tavernier abreuve la foule, et le maraîcher, ce que nul n’avait prévu avant la ressuscitation que l’on sait, la nourrit en choux et en poireaux. Tout cela vit de la sentence, tandis que l’amende ne fait vivre que la margelle.
Il est vrai, comme je l’ai montré ailleurs, que la cherté des choses vient de l’abondance de l’or et de l’argent. Mais cette abondance suppose qu’ils courent de main en main, non qu’ils dorment au fond d’un trou. Qui veut que les navets montent doit donc faire courir les écus, et qui veut faire courir les écus doit assembler le peuple, car le peuple assemblé dépense, et l’on ne voit point que les foules se pressent autour d’un puits.
Et que dire de la souveraineté ? Le droit de glaive est la marque première de la puissance publique, sans laquelle le prince n’est qu’un receveur de taxes. Celui qui se contente d’amender, et qui laisse au crime le prix de ses écus, enseigne que tout se rachète, et c’est ouvrir la porte aux riches, qui paieront toujours. Mais le glaive ne se rachète point, et seul il rend la justice harmonique, c’est-à-dire égale à toutes les proportions : le gueux comme le seigneur y trouvent la même mesure.
Je conclus donc que ceux qui font la fine bouche devant la peine capitale pèchent contre la raison, contre le commerce et contre le bon sens. Ils méritent, pour toute peine, d’être condamnés à dîner de légumes à l'eau, ce qui, de surcroît, ferait le bonheur des maraîchers et redonnerait quelque éclat à la patiente que nous avons vue ressusciter.