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01/09/1474 Ecclesia Sedem Tenens
À Arles (AAP) - Il faut rendre justice à cette Église : elle sait admirablement tenir la place. Elle tient les cathèdres, les chancelleries, les chancels, les sceaux, les registres, les titres, les préséances et les fauteuils. Elle tient si bien la place que l'on pourrait croire que le Très-Haut lui a confié non pas le salut des âmes, mais la garde des sièges. Et quelle armée de titulaires pour défendre ces sièges ! Primat ici, cardinal là , archevêque ailleurs, administrateur sede vacante quelque part entre deux voyages, premier vice-primat, deuxième vice-primat, troisième vice-primat et, si l'on en croit les parchemins, il ne manque bientôt plus qu'un quatrième vice-primat pour surveiller les trois autres.
L'Église possède des titres à n'en plus savoir que faire. Ce qui lui manque, en revanche, paraît plus difficile à trouver. Une mission. Regardons donc ce que font ces princes de l'Église lorsqu'un siège devient vacant. Ils nomment quelqu'un. Et lorsqu'un autre siège est contesté ? Ils précisent qui a le droit de nommer. Et lorsque deux prélats se disputent ? Ils rappellent les règles. Et lorsqu'un fidèle demande où est son Église ? On lui montre le sceau. Voilà donc le grand mystère de cette institution : là où le croyant cherche une Église, elle lui répond par une procédure. Là où il cherche un pasteur, elle lui présente un titulaire. Là où il cherche la foi, elle lui montre une hiérarchie.
L'affaire d'Arles en offre une caricature presque parfaite. Le siège est vacant. Qu'à cela ne tienne : Rome dépêche un administrateur. On nous explique aussitôt, avec toute la gravité des docteurs du droit canonique, que l'administrateur n'est pas l'archevêque, qu'il n'en possède pas la charge pastorale, qu'il n'exerce pas son autorité spirituelle, qu'il n'en possède pas les prérogatives politiques. Fort bien. Mais alors, demandons simplement : qui possède réellement la charge des âmes ?
À lire la réponse de Rome ne s'est pas fait attendre
À lire En premier lieu, le siège métropolitain d'Aix n'est pas vacant.
À Arles, on invite les fidèles à écrire à celui-ci, à Marseille à celle-là , ailleurs à un autre encore. Pour les sacrements, il faudra trouver un clerc compétent. Pour la pastorale, un administrateur. Pour l'autorité, un archevêque qui n'existe pas encore. Pour la juridiction, une assemblée. Pour le reste, Rome. Et l'on s'étonnera ensuite que les églises soient ouvertes tandis que les cathèdres demeurent silencieuses. Mais rassurons-nous : la chaise, elle, est parfaitement occupée.
Voilà le véritable talent de cette Église. Elle ne laisse jamais une fonction sans fonctionnaire. Un évêque disparaît ? Administrateur. Un vice-primat disparaît ? Nouveau vice-primat. Un Primat arrive ? Nouveau conseil. Un archevêché est vacant ? Nouvelle nomination. Un titre devient disponible ? Quelqu'un le recevra. Ainsi tourne la grande roue des dignités, et chacun monte d'un degré pendant que les fidèles attendent toujours que quelqu'un leur parle de Dieu.
Il faut toutefois reconnaître à cette Église un admirable zèle : elle ne manque jamais de rappeler qu'elle ne fait pas de politique. Elle le rappelle justement dans des textes où elle explique qui dispose du droit de veto, qui possède la compétence territoriale, à quelle primatie appartient telle province, quel prélat peut intervenir, quelle autorité doit être consultée et pourquoi un autre prélat ferait mieux de rester à distance. C'est une forme très particulière de non-politique. C'est celle qui consiste à faire de la politique en prenant soin de l'appeler « juridiction ecclésiastique ».
En Provence, le spectacle devient savoureux. L'Archevêché d'Aix nous explique que la Provence est fidèle à Rome, que le Concordat protège les prérogatives de l'Église, que les autorités temporelles n'ont pas le droit de nommer les évêques et que le Primat du Saint-Empire est l'autorité compétente. Puis le Primat de France paraît vouloir venir renouer les liens. Et voilà que l'on s'indigne : Quels liens ? Ils n'ont jamais été rompus ! Nous voilà rassurés. Ils ne sont donc pas rompus. Ils sont simplement suffisamment complexes pour que chacun puisse expliquer à l'autre qu'il n'a rien à faire chez lui.
Et pendant ce temps, voici la grande machine ecclésiastique qui continue de produire ses parchemins. Elle scelle. Elle authentifie. Elle proclame. Elle nomme. Elle démet. Elle distingue. Elle classe. Elle ordonne. Elle excommunie. Puis elle recommence. Et lorsque quelqu'un demande pourquoi, on lui répond que c'est ainsi que fonctionne l'Église. Mais c'est précisément la question. À quoi sert-elle ? À sauver les âmes ? Alors pourquoi tant de pages consacrées aux sièges, aux titres et aux compétences ? À enseigner Aristote ? Alors pourquoi faut-il un cardinal pour expliquer à un autre cardinal qui peut entrer dans quelle cathédrale ? À conduire les hommes vers Dieu ? Alors pourquoi la mesure de la fidélité semble-t-elle si souvent être l'obéissance à l'institution plutôt que la connaissance du Très-Haut ? À servir les fidèles ? Alors pourquoi entend-on davantage parler des titulaires que des troupeaux ?
Et voici qu'apparaît parfois un homme qui ose dire : « Je ne vous reconnais plus comme mes maîtres. » Alors soudain, l'Église retrouve une vigueur admirable. Elle sait immédiatement quoi faire. Elle connaît le mot. Excommunication. Elle sait également quoi dire : hérésie, Sans-Nom, Genevois, corruption de l'âme, absence de légitimité. Tout ce qui manquait pour administrer une paroisse semble soudain disponible pour condamner un adversaire.
Il faut donc croire que l'Église possède une grâce particulière : elle devient extraordinairement efficace dès qu'il s'agit de défendre son monopole. Et c'est ici que se dévoile peut-être son véritable ministère. Non pas conduire. Non pas convaincre. Non pas convertir. Mais tenir la place. Tenir la place de l'évêque. Tenir la place du Primat. Tenir la place du cardinal. Tenir la place de Rome. Tenir la place du droit. Tenir la place de la vérité. Et, surtout, empêcher quiconque d'autre ne s'y asseye.
Car l'on comprend mieux alors pourquoi tant de choses sont si soigneusement réglementées. Il ne faudrait surtout pas qu'un autre prêche sans autorisation. Il ne faudrait pas qu'un autre baptise. Il ne faudrait pas qu'un autre enseigne. Il ne faudrait pas qu'un autre prétende être évêque. Il ne faudrait pas qu'un autre nomme. Il ne faudrait pas qu'un autre interprète. Il ne faudrait pas qu'un autre décide. Il ne faudrait pas qu'un autre occupe la place. La place est sacrée.
Quant à ce qui devrait l'habiter, la foi, la charité, la vérité, la conscience, la prédication et le service, cela peut attendre. Il y a quelque chose d'infiniment ironique à voir cette institution proclamer sans cesse la fraternité tout en passant son temps à déterminer lequel de ses frères possède le droit de parler avant l'autre. Elle proclame la pauvreté spirituelle depuis des palais de titres. Elle prêche l'humilité sous des montagnes de dignités. Elle parle de liberté intérieure tout en distribuant des sanctions à ceux qui pensent autrement. Elle invoque la sagesse des Prophètes, puis demande à ses fidèles de ne pas regarder derrière le rideau. Et surtout, elle confond avec une remarquable constance l'Église avec ses bureaux.
Mais une cathèdre n'est pas une Église. Un sceau n'est pas une Église. Un cardinal n'est pas une Église. Un concordat n'est pas une Église. Un décret n'est pas une Église. Une excommunication n'est pas une Église. Et une procession de prélats bardés de titres ne devient pas davantage une Église parce qu'elle marche sous une bannière.
L'Église est là où la Parole est annoncée, où la conscience s'éveille, où le pécheur trouve le pardon, où le pauvre trouve son frère et où l'homme apprend à chercher Dieu plutôt qu'à craindre son supérieur. Le reste ? Le reste tient très bien la place. Et c'est peut-être tout le problème.
À lire Un cardinal pour Langres : Rome reprend la main
Beatus Rhenanus pour l'AAP agence des Terres au Milieu
Pour réclamer un droit de réponse - la KAP internationale
31/08/1474 en Bretagne, la grande lessive
À Nantes (AAP) - En Bretagne, ce qui n’était au départ qu’une pétition contre Astoria a pris des allures de grand ménage. Les adversaires d’hier se retrouvent aujourd’hui devant les tribunaux, et les condamnations pleuvent comme à la foire aux vanités.
Tout commence le 12 juillet avec une pétition tonitruante : destitution d’Astoria, retrait de ses titres, procès pour haute trahison. Les signataires lui reprochent d’avoir mêlé ses fonctions de Régente à sa candidature au trône, contesté un scrutin défavorable et engagé la parole grand-ducale dans des affaires diplomatiques aussi troubles qu’un ciel breton en novembre.
À lire : Où comment la Bretagne renoua avec l’ombre d’Athènes
Ses détracteurs crient à la « chasse aux sorcières ». Certains rappellent que plusieurs signataires ont déjà eu maille à partir avec la justice bretonne. D’autres y voient une vengeance politique contre les vaincus des urnes.
Mais la justice, elle, ne traîne pas. Le 24 août 1474, Astoria est reconnue coupable de haute trahison. Verdict : 100 écus d’amende, mais pas de prison, sa grossesse avancée lui épargne les cachots. Même jour, Swan Black, elle, écopait de la peine capitale. Puis ce fut au tour de Rolin.
Le 28 août, l’ancien procureur est condamné pour haute trahison : cinq jours de prison, 200 écus d’amende, et surtout, l’obligation de quitter la Bretagne sous trois jours, sous peine de nouvelles poursuites. Le même jour, Ildut prend trois jours de prison et 100 écus pour trouble à l’ordre public. Enfin, le 30 août, Blaster est condamné pour faux : trois jours de prison, 100 écus, et six mois d’inéligibilité.
À lire : Haute Trahison – Coupable
En moins de deux semaines, les tribunaux bretons ont donc distribué amendes, exils, inéligibilités et même une condamnation à mort. Coïncidence troublante : les principaux condamnés appartenaient tous au même courant politique que celui qui avait lancé la pétition en juillet.
Chronologie édifiante : pétition, révocation d’Astoria, procès, condamnations, exil. Pendant ce temps, le camp adverse remportait 63,5 % des suffrages et huit sièges sur douze au Conseil ducal.
Hasard du calendrier ? Sans doute. Mais politiquement, la coïncidence est un peu grosse.
Résultat des courses : l’ancien groupe dirigeant breton est en miettes. Astoria condamnée, Swan Black condamnée à mort, Rolin exilé, et d’autres figures sous le coup de la justice. Quant aux anciens Grands-Ducs, ils sont tous condamnés par contumace et vivent en exil, entre Irlande, France et Anjou.
La Bretagne assistait donc à bien plus qu’un simple changement de Chancelier. C’est toute une génération politique qui disparaît, balayée par les urnes, les révocations, les tribunaux ou l’exil.
Reste une question : où s’arrête la défense des institutions, et où commence l’élimination systématique des adversaires ? Les juges ont parlé. Les électeurs aussi. Et pour l’ancien camp Astoria-Rolin, les deux verdicts sont sans appel.
À lire : 18/07/1473 Bretagne, un Peuple, un grand, un Duc>/a>
À lire : Grand Duc contre Duc, la Bretagne condamnée à payer l’addition
Domitille Rosépine pour pour l'AAP agence Meuse, Saône et Rhône.
Pour réclamer un droit de réponse - la KAP internationale
30/08/1474 Où restent les habitants ?
À Genève (AAP) - Il faut se méfier des cartes politiques. Elles donnent aux États une apparence de permanence que les populations ne partagent pas toujours.
Les chiffres du 30 août 1474 en fournissent une illustration assez nette. Le Saint Royaume Impérial Nobiliaire des cousins Germains compte désormais 4 781 habitants, contre 4 945 un an auparavant. La baisse est réelle : 164 habitants, soit 3,3 % de la population. Mais cette diminution ne signifie pas mécaniquement que l'Empire serait entré dans une phase de déclin général. Elle révèle plutôt une transformation de sa structure démographique.
La première erreur serait de comparer mécaniquement les chiffres sans tenir compte des frontières. En juin, le territoire de Modène comptait 592 habitants. Il n'en compte plus que 494. Une chute spectaculaire de 98 habitants, qui pourrait faire croire à une catastrophe provinciale. Or Padoue et Vérone, représentant ensemble 80 habitants, ont entre-temps été restituées à la République de Venise. La démographie n'a donc pas soudainement disparu : elle a changé de souverain.
Cette remarque n'est pas secondaire. Dans une société où la population constitue l'essentiel de la richesse, la distinction entre conquête territoriale et croissance démographique est fondamentale. Un État peut accroître sa population en absorbant un territoire sans que sa fécondité, son attractivité ou sa capacité économique aient progressé d'un seul habitant. Le phénomène observé à Modène était donc en partie une illusion statistique.
Une fois cette correction opérée, le tableau impérial devient plus intéressant. Les grands pôles italiens demeurent puissants : Florence compte 534 habitants, Milan 395 et Gênes 362. Mais Florence a perdu 44 habitants depuis août 1473. Milan revient exactement à son niveau de l'été précédent. Gênes, elle, gagne 17 habitants. L'Italie impériale n'est donc pas homogène. Elle oppose désormais des trajectoires différentes, et cette divergence est probablement plus significative que la moyenne impériale.
Le mouvement est encore plus visible au nord et à l'est. La Styrie passe de 128 à 81 habitants en un an. La Lorraine de 97 à 86. L'Autriche de 222 à 201. La Hollande de 167 à 146. Ces diminutions ne constituent pas, prises isolément, des catastrophes. Leur accumulation est cependant révélatrice : les marges de l'espace impérial semblent plus fragiles que ses principaux centres.
Le cas de la Provence est presque inverse. Avec 394 habitants, elle rejoint désormais le groupe des grandes provinces impériales. Le Wurtemberg conserve également une population importante, avec 359 habitants. Gênes résiste. L'Empire ne se vide donc pas uniformément, il sélectionne progressivement ses territoires les plus solides.
C'est là que se trouve probablement le véritable phénomène. Une population impériale de 4 781 habitants n'est pas seulement une population plus faible que celle de l'année précédente. C'est une population différemment distribuée. Les territoires ne participent plus de la même manière à la puissance collective. Les centres subsistent tandis que certaines périphéries s'amenuisent.
La France offre un contraste intéressant. Elle compte aujourd'hui 5 107 habitants, contre 5 074 en juin. Elle regagne donc 33 habitants en quelques mois, après avoir connu une forte contraction au cours de l'année. Mais même cette reprise ne suffit pas à retrouver les 5 481 habitants de l'été 1473. La France a donc connu, elle aussi, une véritable secousse démographique, suivie d'un début de stabilisation. Il serait ainsi prématuré d'opposer une France démographiquement dynamique à un Empire en déclin. Les deux ensembles ont perdu une partie de leur population annuelle, mais ils ne la perdent ni au même rythme ni dans les mêmes espaces.
La Suisse fournit un troisième modèle. Avec 336 habitants, contre 384 un an auparavant, elle poursuit une contraction régulière. Sa faiblesse démographique est désormais structurelle à l'échelle de la Confédération. Mais ici encore, la moyenne dissimule des réalités très différentes : Genève compte à elle seule 129 habitants, tandis que certains cantons restent extrêmement peu peuplés.
La leçon générale est donc assez simple. Les frontières, les annexions et les restitutions modifient immédiatement la peinture. Elles ne créent cependant pas d'habitants. La démographie, elle, révèle les structures plus lentes : les capacités d'attraction des villes, la solidité des territoires, les déséquilibres régionaux et, surtout, la capacité d'un ensemble politique à conserver sa population.
À cet égard, les chiffres de 1474 ne décrivent pas un effondrement du SRING. Ils montrent quelque chose de plus banal et peut-être de plus important : une concentration progressive de la population dans quelques espaces capables de résister à la contraction générale. L'Empire conserve ses grands foyers. Mais ses périphéries s'amenuisent. Or l'histoire démographique enseigne que lorsqu'un système politique commence à perdre ses marges sans perdre immédiatement ses centres, le déclin n'est pas encore une réalité. C'est d'abord une inégalité croissante entre les territoires.
La question n'est donc plus de savoir si le SRING perd des habitants. Elle en perd. La question véritable est de savoir où ils disparaissent et où ils restent.
À lire : les comptes en Suisse
Emmanuel Tode pour l'AAP agence des Terres au Milieu
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30/08/1474 Elections au conseil du Schweizerische Eidgenossenschaft : XII recueille la majorité absolue des sièges
PARIS (AAP) - La liste Rat der Zwölf | Conseil des Douze | Consiglio dei Dodici est arrivée en tête lors de l'élection au conseil de Schweizerische Eidgenossenschaft, et obtient la majorité absolue des sièges. Elle pourra donc gouverner seule.
Répartition des suffrages exprimés :
1. "Rat der Zwölf | Conseil des Douze | Consiglio dei Dodici " (XII) : 100%
La répartition des sièges au scrutin à la proportionnelle conduit à une nouvelle répartition des postes du conseil :
1 : Donwokas (XII)
2 : Orgetorix (XII)
3 : Lordhammer (XII)
4 : Aurea (XII)
5 : Parsi (XII)
6 : Sigmund_le_terrible (XII)
7 : Echned (XII)
8 : Michse (XII)
9 : Aloe. (XII)
10 : Martin_stauffacher. (XII)
11 : Aryala_de_limone (XII)
12 : Elhann (XII)
Les membres du conseil reconnaîtront le prochain Duc d'ici à deux jours. Ce dernier devra alors présenter ses hommages à son souverain, et nommer aux principales charges du Duché.
29/08/1474 Cherche convoyeurs pour ravitailler les armées impériales
À Chambéry (AAP) - L’Empire cherche des volontaires pour transporter armes, vivres et ressources jusqu’aux armées et groupes armés mobilisés. Une occupation pleine d’avenir pour ceux qui aiment voyager, porter des choses lourdes et rendre visite à des soldats qui, partis faire la guerre, découvrent généralement après quelques jours qu’ils auraient dû prévoir de quoi manger.
Sont admis à se présenter les habitants de la zone impériale francophone résidant en Savoie, Lorraine ou Franche-Comté, disposant du droit de vote dans leur province, d’un casier judiciaire vierge et de la bonne idée de ne pas figurer sur une blacklist. Les candidats ayant déjà confondu ravitaillement et appropriation personnelle sont donc priés de passer leur chemin.
Le métier présente toutefois un avantage appréciable : il n’est pas nécessaire de quitter son foyer à plein temps. Le convoyeur n’est mobilisé que lorsque la guerre concerne l’une des trois provinces francophones ou lorsque l’Empire réclame ses services. Entre deux missions, chacun peut donc retourner à ses occupations, à sa famille ou à sa chopine.
Et pendant la mission officielle, le repas est fourni. Par l’Empire si c’est lui qui vous envoie, par la province si c’est elle qui vous réclame. Voilà qui prouve qu’en matière de logistique, quelqu’un a enfin compris qu’un convoyeur affamé transporte nettement moins bien les vivres.
Le corps des convoyeurs sera placé sous la responsabilité de Cyriella Von Balder de Vuillemenaud, Margravine de Kempten et Vicomtesse d’Epierre, chargée d’organiser les groupes, de désigner leurs chefs et de coordonner les besoins avec les autorités impériales et provinciales.
Les candidatures sont à lui adresser directement. Chaque volontaire sera reçu individuellement afin qu’on lui explique le fonctionnement du service, les obligations qui l’accompagnent et, surtout, quand il devra mettre ses bottes.
Avis aux amateurs : si vous savez conduire une cargaison à bon port, suivre une route sans demander votre chemin à chaque village et revenir avec le même nombre de marchandises qu’au départ, vous possédez déjà une bonne partie des qualités requises.
La rédaction rappelle enfin que cette rubrique est ouverte à tous. Vous cherchez un livre, un bateau, un emploi, un acheteur, un vendeur, un compagnon de voyage ou simplement quelqu’un capable de vous débarrasser d’une chose dont vous ne savez plus quoi faire ? Envoyez-nous votre petite annonce. Nous la publierons pour vous, car dans ce monde, il y a toujours quelqu’un qui cherche exactement ce que quelqu’un d’autre cherche à vendre.
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Domitille Rosépine pour l'AAP agence des Terres au Milieu
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