28/09/1474Chronique facétieuse en laquelle est démontré comment un village pillé peut faire braire tout un duché
À Genève (AAP) - Amis lecteurs, buveurs très illustres et vérolés de bonne compagnie, oyez cette histoire, car elle vaut bien mieux qu'un sermon de carême et vous fera moins bâiller qu'un discours de bailli. Il advint donc qu'une ville, Saint-Claude, pour la nommer, laquelle ne demandait qu'à vivre tranquille entre son fromage et son vin, fut prise, houspillée, retournée comme crêpe à la poêle par les Brigades Internationales Libertaires et autre bande nommée Clair Obscur, gens de guerre et de peu de scrupule, qui n'y allèrent pas de main morte non plus que de bourse légère.
Et voilà toute la Savoie qui se met à trembler du haut jusqu'en bas, comme cul de moine à l'annonce des vêpres. La duchesse Caro Compalite, dame de grande autorité et de peu d'humeur badine ces jours-ci, tira de son coffre les vieux grimoires de la guerre : proclamation du vingt-et-unième jour de septembre, loi martiale décrétée, ban et arrière-ban levés comme on lève la pâte au four, et tout cela pour dire, en somme : « Halte-là, mes gaillards, on ne pille pas ma frontière comme on pille un garde-manger de couvent. »
Et le lendemain, messieurs, la porte se referma encore, tant et si bien qu'un pauvre étranger au Saint-Empire ne pourrait plus seulement montrer le bout de son nez en Savoie sans un laissez-passer ducal, gros comme un missel, signé, scellé, contresigné. Ceux qui s'y trouvaient déjà eurent trois jours pleins, soixante-douze heures, ni plus ni moins, comme on compte les heures d'un jeûne, pour vider les lieux, sous peine d'être tenus pour gens suspects, voire pour ennemis déguisés en honnêtes voyageurs. Quant à qui voudrait entrer céans, qu'il aille frapper à la porte de la Prévôté, laquelle jugera cas par cas, comme le curé juge les péchés : à la tête du client. Ainsi Saint-Claude, pour avoir perdu ses murailles, fit gagner à la Savoie toute une frontière, hérissée comme poil de sanglier en rut.
Mais ce n'est pas tout, ventre-saint-gris ! Car à Strasbourg aussi l'on resserra les cordons de la bourse militaire. Tout le commandement des forces impériales barbouillant les provinces de langue française fut mis entre les seules mains, grandes et fermes, dit-on, du Gouverneur Raphaël Alexandre du Bois de Cendrecourt Challand, avec charge de répondre plus vite qu'un chat échaudé à toute menace nouvelle. Voyez comme la chaîne se raccourcit quand les frontières, elles, s'allongent ! Savoie, Franche-Comté, Lorraine, toutes trois entrées dans la même danse, chacune serrant ses fesses, pardon, ses rangs, cependant que les armées trottent par voies et chemins et que les vieilles dettes ressortent des coffres où l'on croyait les avoir bien enterrées, comme vieux fromage qu'on retrouve au fond de la cave et qui pue encore plus qu'avant.
Or, mes bons amis, au beau milieu de cette Aristotélité qui se calfeutre comme vieille femme craignant les courants d'air, il est une cité qui fait bande à part : Genève, la maligne, la gaillarde, la point-si-bête. Car tandis que partout ailleurs on proclame, on lève le ban et l'on hérisse les frontières de piques, les faubourgs de Genève, eux, distribuent des feuillets comme on distribue des hosties, en disant : « Bonjour soldat, bienvenue à Genève ! » et cela à l'armée dite « Les Phénix », s'il vous plaît, venue planter ses tentes aux portes de la ville. Le petit manuel genevois, œuvre de sagesse s'il en fut, rappelle audit soldat qu'il n'entre point en terre conquise mais en cité libre, et lui recommande courtoisie, argent comptant sur table, sobriété, autant que faire se peut, ce qui n'est jamais beaucoup chez un soldat, et surtout, surtout ! de laisser son fiel bien tranquille dans son boyau, comme on laisse dormir un mari jaloux.
Voilà donc, lecteurs, deux manières bien différentes de répondre au même vacarme du siècle. L'une ferme les portes à triple tour, convoque le ban, remet les clefs du royaume entre les mains d'un seul gouverneur, et regarde l'étranger comme on regarde un rat dans le garde-manger. L'autre ouvre grand ses portes, tend des feuillets de bienvenue, et explique poliment au soldat et badauds babillards qu'il peut entrer, boire, acheter, et repartir sans qu'il y ait bruits de gueules des chiquanous et papefigues, ni bosse, ni bourse trouée par autre chose que le commerce honnête. Reste à savoir laquelle des deux recettes produira le plus de clients pour les tavernes.
Genève (AAP) - Voilà une question fort commode. On la pose beaucoup ces temps-ci, généralement après avoir désigné quelqu’un d’autre. Tyran, donc, serait toujours celui d’en face. BIL le dit de ONE, on le dit de Venise, les Bretons regardent les Français, les Français regardent l’Irlande, l’Empire regarde ailleurs, et pendant ce temps les portes se ferment. À force de tyrans, il fallait bien finir par ouvrir le dictionnaire. Un tyran, nous apprend la bonne morale politique, n’est pas seulement celui qui porte une couronne de travers ou qui parle d’une voix désagréable. C’est surtout celui qui transforme le gouvernement en système de contraintes, la province en propriété particulière et l’administration en machine à surveiller.
Premier critère : la frontière. Quand on ferme les portes d’une province, qu’on multiplie les permissions, les laissez-passer et les autorisations, qu’un voyageur doit expliquer pourquoi il entre, pourquoi il sort et pourquoi il entend repartir avant d’avoir demandé la permission de le faire, on ne gouverne plus seulement un territoire. On organise sa rétention. La province cesse alors d’être une terre habitée. Elle devient une serrure.
Deuxième critère : le clan. Gouverner avec des amis n’est pas un crime. Gouverner uniquement avec eux commence à ressembler à une méthode. Lorsque les charges, les informations, les décisions et les protections circulent toujours dans le même cercle, le peuple découvre une curieuse conception du gouvernement partagé : il est partagé, certes, mais entre les mêmes personnes. Les autres peuvent toujours participer. À condition d’être invités.
Troisième critère : le commerce. Réglementer les ventes, décider qui peut acheter quoi, fixer les conditions des échanges, contrôler les denrées et surveiller les mouvements de marchandises : tout cela peut être présenté comme de l’administration. Pris séparément, chacun de ces actes peut même sembler parfaitement raisonnable. Accumulez-les, et vous obtenez une province où il faut presque demander au pouvoir la permission d’acheter une miche de pain avec l’argent que le pouvoir vous a laissé gagner.
Quatrième critère : le procès. Ah ! Le procès. Le grand égalisateur. Celui qui rappelle au citoyen qu’il est libre, à condition de respecter douze règlements dont il ignorait l’existence hier encore. Lorsque la pluie de procédures devient le mode ordinaire de gouvernement, la justice cesse peu à peu d’être le recours du citoyen et devient l’horizon permanent du citoyen. On ne demande plus : « Que puis-je faire ? » On demande : « Pour quoi vais-je être poursuivi ? »
Cinquième critère : la bannière. La bannière protège. Et c’est précisément pour cela qu’elle doit pouvoir être levée librement. Elle protège de l’arbitraire, du procès politique, de la vengeance administrative et du pouvoir qui voudrait isoler celui qu’il poursuit. Une bannière n’est pas un passe-droit : c’est un asile. Elle ne place personne au-dessus des lois, elle rappelle simplement qu’un homme n’est pas toujours seul face au pouvoir. Car si le pouvoir peut décider qui a le droit de lever bannière, alors il peut décider qui a le droit d’être protégé. Et une protection soumise à l’autorisation de celui dont elle doit vous protéger n’est plus une protection. C’est une laisse.
Sixième critère : le prestige. Ici commence la grande religion administrative. La province compte ses étoiles, calcule son prestige, compare ses voisins, additionne ses points, dépense pour paraître et dépense encore pour que le premier calcul justifie le second. Il faut acheter les denrées nécessaires à l’évergétisme, dépenser, offrir, embellir, impressionner, recommencer, puis constater que la province est magnifique. Et si quelqu’un demande combien cela coûte, on lui répondra probablement que la gloire n’a pas de prix. Ce qui est exact. Elle a seulement un budget.
Septième critère : l’impôt. L’impôt, lui, ne sert plus seulement à gouverner. Il sert à financer le prestige qui sert à justifier l’impôt. La machine tourne admirablement. On prélève pour acheter. On achète pour offrir. On offre pour obtenir des étoiles. On obtient des étoiles pour démontrer que la province est bien gouvernée. Et l’on prélève de nouveau pour continuer à démontrer que l’on gouverne bien. Il ne manque plus qu’un prêtre pour bénir le registre comptable.
Huitième critère : la halle. C’est peut-être le plus important. Que reste-t-il du gouvernement lorsqu’il n’y a plus de halle où parler, plus de gargote où discuter, plus de village où entendre ceux qui vivent sous les décisions prises en leur nom ? Une administration peut être efficace sans être populaire. Elle peut même être riche sans être heureuse. Mais lorsqu’elle ne rencontre plus ses habitants que par décret, règlement, procès, impôt ou bannière, il ne faut pas s’étonner que ceux-ci finissent par considérer le pouvoir comme une forteresse étrangère.
Et voilà notre étrange époque : chacun accuse son voisin de tyrannie tandis que tous perfectionnent, chacun à sa manière, quelques-uns des instruments qui rendent la tyrannie possible. Venise ? Il faudrait regarder, cas par cas, la fermeture des frontières, la réglementation des déplacements et des échanges, la place laissée au débat local et la manière dont l’autorité traite ses contrevenants. Bretagne ? Même examen : qui décide, qui participe, qui circule, qui paie, qui comparaît, et surtout qui peut encore contredire le pouvoir sans transformer son désaccord en affaire judiciaire ? Empire ? Même question encore, avec cette particularité que la puissance impériale ajoute à l’équation la question des fidélités, des armées, des terres et des rapports entre autorités locales et autorité supérieure. Le Royaume de France ? Même organistrum. L’Irlande ? Même clanisme.
Car le tyran n’est pas une nationalité. Ce n’est pas davantage un uniforme. Ce n’est même pas nécessairement un homme. C’est un ensemble de pratiques. Fermer. Surveiller. Réglementer. Punir. Taxer. Calculer. Acheter. Dépenser. Exiger. Et surtout gouverner tellement loin des habitants que ceux-ci finissent par ne plus avoir d’autre moyen de participer à la chose publique que de désobéir. Voilà pourquoi le véritable classement ne devrait peut-être pas être celui des « tyrans ». Il devrait être celui des portes fermées, des règlements, des procès, des impôts, des privilèges et des décisions prises sans ceux qui les subiront. Car dans cette compétition-là, nul besoin de désigner un vainqueur. Il suffit de compter les serrures. Et de demander qui possède les clefs.
Monsieur Cyclopède pour l'AAP agence des terres au Milieu
À Épinal (AAP) - La presse lorraine compte désormais un nouveau confrère. L’Écho de Lorraine vient de publier son premier numéro et annonce vouloir parcourir le duché pour en rapporter les nouvelles, des plus importantes aux plus modestes.
Dans son texte de présentation, le nouveau journal revendique une ambition simple : informer, raconter et témoigner de la vie lorraine.
Vie municipale, élections, commerce, événements, voyages, rencontres et témoignages : L’Écho de Lorraine entend s’intéresser aussi bien aux décisions prises dans les bureaux des administrateurs qu’aux petites histoires qui font le quotidien des villes et villages.
Le journal annonce notamment vouloir sortir de Nancy pour aller voir ce qui se passe ailleurs. Marchés, routes, villages, initiatives locales et difficultés des habitants devraient ainsi trouver leur place dans ses colonnes.
Une ambition qui pourrait s’avérer particulièrement utile dans un duché où l’on découvre parfois les événements d’un village lorsque ceux-ci sont déjà devenus l’histoire ancienne de la province.
Le nouveau confrère reconnaît d’ailleurs ne pas prétendre « tout savoir ». Il promet en revanche de regarder, écouter et transmettre, faisant de la proximité avec les habitants le principe annoncé de sa ligne éditoriale.
L’Écho de Lorraine ouvre donc ses pages à ceux qui auront quelque chose à raconter, à ceux qui souhaiteront témoigner et, plus largement, à tous ceux qui voudront savoir ce qui se passe au-delà de leur propre clocher.
26/09/1474Repubblica di Genova - Al termine dell'elezione del Consiglio, SM ha ottenuto la maggioranza assoluta.
Repubblica di Genova (KAP) - La lista Sine malitia è stata la più votata al termine dell'elezione e ha ottenuto la maggioranza assoluta dei posti nel Consiglio. Potrà quindi governare da sola.
Risultato dell'elezione:
1. "Sine malitia" (SM) : 100%
La ripartizione dei voti ha determinato la seguente composizione del Consiglio:
I membri del Consiglio riconosceranno il nuovo principe entro due giorni. Questi dovrà giurare fedeltà al sovrano e assegnare gli incarichi ai consiglieri.
26/09/1474Grafschaft von Württemberg: BAR vereinigt bei den Ratswahlen die absolute Mehrheit der Sitze auf sich.
AACHEN (AAP) - Die Liste Wunder liegt bei der Ratswahl in Grafschaft von Württemberg an der Spitze und vereinigt die absoluten Mehrheit der Sitze auf sich. Sie kann daher allein regieren.
Die Mitglieder des Rates werden innerhalb von zwei Tagen den neuen Regenten anerkennen. Dieser muss dann dem Kaiser des HRRDN und dem Deutschen König seine Reverenzen erweisen und die wichtigsten Ämter der Provinz besetzen.