À Genève (AAP) - Le nouveau secteur apicole affiche des résultats contrastés. Si certains producteurs dégagent des bénéfices grâce à la cire et à la gelée royale, la demande pour les miels les plus coûteux reste limitée. La rentabilité dépend désormais autant de l’accès aux matières premières que de la capacité des marchés locaux à absorber la production.
Les prix pratiqués par les apiculteurs s’établissent autour de 3 écus pour le miel de fleurs, 12 écus pour les miels de lavande et d’anis, et 22 écus pour ceux de thym et de romarin. La cire se négocie aux environs de 25 écus, tandis que la gelée royale peut atteindre 200 écus. Ces tarifs ne se traduisent toutefois pas automatiquement en ventes.
Le miel de fleurs bénéficie d’une demande plus régulière. Les variétés aromatisées, en revanche, peinent à trouver des acheteurs récurrents. Selon plusieurs témoignages, certains consommateurs achètent ponctuellement une unité de chaque variété, sans que cette demande de curiosité permette d’écouler les stocks. Anne_claire envisage ainsi de réduire sa production de miel d’anis pour privilégier le miel de fleurs. Les miels de thym et de romarin, plus coûteux à produire, sont particulièrement exposés à cette faiblesse des débouchés.
Les artisans ne constituent pas encore un relais de croissance suffisant. Les boulangers peuvent transformer le miel en pâtisseries, les meuniers l’utiliser dans des boissons et les bouchers proposer d’autres préparations. Mais les bénéfices nutritionnels de ces produits restent jugés modestes par une partie des consommateurs, qui peuvent leur préférer des aliments moins coûteux. Les miels parfumés offrent des apports supplémentaires en charisme ou en bonheur, sans que leur prix soit toujours compensé par ces avantages.
La cire présente des perspectives plus diversifiées. Elle entre dans la fabrication de baumes destinés à préserver les armes et les boucliers, de sculptures décoratives, de ruches d’ornement et de chandelles. Ces usages pourraient soutenir la demande, mais leur capacité à absorber durablement les volumes disponibles reste à confirmer.
Les premiers relevés de comptes montrent néanmoins qu’un rucher peut être rentable. Anne_claire fait état de quatre ruches exploitées sur vingt-deux jours et de neuf récoltes. Les recettes atteignent 1 008 écus, pour 528,45 écus de dépenses, soit un solde positif de 479,55 écus. La gelée royale a contribué de manière importante à ce résultat. La cire, obtenue presque à chaque récolte, constitue également une recette régulière.
Ces chiffres restent toutefois ceux d’une exploitation particulière et ne peuvent être généralisés. La rentabilité dépend notamment de la fréquence des récoltes, du prix des intrants et de la possibilité de vendre les produits. Les témoignages recueillis suggèrent un écart marqué entre les villes disposant d’un marché actif et les petits villages où les ventes demeurent rares.
L’approvisionnement constitue un autre point de vigilance. La fabrication des ruches par le bailli nécessite du sureau noir ou de la marjolaine. En Languedoc, les stocks disponibles auraient limité la production à six ruches. Les cueilleurs sont donc appelés à fournir ces plantes afin de permettre le développement de l’activité.
La gestion des colonies pèse également sur les coûts et les rendements. Les ruches doivent être nourries régulièrement, notamment avec de la lavande, de l’anis, du thym ou du romarin. La récolte dégrade leur humeur et peut provoquer le départ des abeilles, entraînant la perte de la ruche. Plusieurs apiculteurs recommandent d’attendre une humeur favorable, voire l’euphorie, avant de récolter.
Les observations disponibles sur la durée de vie des colonies restent limitées : une ruche aurait disparu au bout de vingt-sept jours, tandis qu’un autre producteur rapporte une durée de trente-huit jours. Ces données ne permettent pas encore d’établir une durée de vie moyenne, mais elles soulignent l’importance d’une gestion prudente.
Enfin, le pacificateur, accessoire coûteux, pourrait augmenter les chances d’obtenir de la gelée royale lorsqu’il est porté avant la récolte. Son efficacité n’est cependant pas garantie : plusieurs utilisateurs n’ont pas constaté l’apparition du produit.
Le secteur entre ainsi dans une phase de consolidation. Les premiers résultats attestent d’un potentiel économique, mais la progression de l’apiculture dépendra de trois facteurs : la disponibilité des matières premières, la maîtrise de la gestion des colonies et l’élargissement des débouchés. Pour les producteurs, la priorité n’est plus seulement de récolter davantage, mais de produire ce que le marché est en mesure d’acheter.
31/10/1474mercato e tornei : un intero paese si veste a festa
Milano (AAP) - I messaggeri hanno varcato i passi a briglia sciolta : la stagione delle fiere si annuncia animata in terra confederata. Dall’11° giorno di novembre, la città di Svitto celebrerà la venerabile memoria del Giuramento del Rütli, per rafforzare l’unione tra i cantoni.
Per l’occasione si terrà un grande mercato, ricco di merci e di gente festosa. Banchi colmi, avventori lieti e borse ben fornite : a memoria di mercante, non si vedeva una simile promessa da lungo tempo.
Si svolgeranno grandi competizioni, affinché ogni combattente possa mostrare il proprio valore e arricchire la festa con la sua prodezza. Cavalieri, arcieri e valorosi d’ogni terra sono attesi.
Le iscrizioni sono necessarie entro il 5° giorno di novembre. Gli organizzatori avvertono che, poiché la fine dei tempi non è prevedibile, ognuno è pregato di prevedere più tempo. Chi si ridurrà all’ultimo resterà sulla soglia.
Dal 30 novembre, gli appassionati potranno inserire i loro prodotti e desideri nel forum de « Die Schweizer Käsestube ». Forme e buongustai si ritroveranno attorno alla stessa tavola.
A Ginevra, intanto. Gli arcieri non sono da meno: il grande torneo di tiro con l’arco, aperto a tutti ai piedi delle mura, è in corso dal 25 ottobre. Mette in palio 200 ducati al primo, 100 al secondo e 50 al terzo. Un’ottima occasione per affilare le frecce prima del grande viaggio verso Svitto.
28/10/1474Elections au conseil du Duché de Lorraine : Plop ! recueille la majorité absolue des sièges
PARIS (AAP) - La liste PLOP ! Pour La Lorraine, On Poursuit ! est arrivée en tête lors de l'élection au conseil de Duché de Lorraine, et obtient la majorité absolue des sièges. Elle pourra donc gouverner seule.
Répartition des suffrages exprimés :
1. "PLOP ! Pour La Lorraine, On Poursuit !" (Plop ! ) : 100%
La répartition des sièges au scrutin à la proportionnelle conduit à une nouvelle répartition des postes du conseil :
Les membres du conseil reconnaîtront le prochain Duc d'ici à deux jours. Ce dernier devra alors présenter ses hommages à son souverain, et nommer aux principales charges du Duché.
27/10/1474la guerre peut-elle dévorer les royaumes ?
À Genève (AAP) - Dans les tavernes, où les nouvelles courent plus vite que les chariots sur les chemins boueux, dans les conseils, où l’on pèse le sort des provinces à la lueur des chandelles, sur les places, enfin, où les hérauts proclament les décisions des puissants, une question revient comme un refrain obstiné : jusqu’où peut-on mener la guerre sans désoler le royaume que l’on prétend conquérir ?
Le nom des ONE (L'Ordo Negrum Equites, une nébuleuse de clans soupçonnée de comploter des confins de la Valachie aux rivages du Ponant, des glaces de Thulé aux colonnes d’Hercule (ndlr)) résonne dans toutes les bouches. Pour les uns, ils incarnent une manière de guerroyer parmi tant d’autres, avec ses audaces, ses rivaux et ses fidèles. Nul ne saurait imposer à tous les combattants une même conception de l’honneur, ni dicter à chaque seigneur la conduite de ses lames. Mais d’autres hochent la tête, la mine sombre : les campagnes qui s’éternisent, les ports orphelins de leurs navires, les marchés sans marchandises, les cités disputées de rempart en rempart et les voyageurs entravés sur les routes jettent sur la vie des provinces une ombre qui s’allonge.
Les témoignages affluent, et ils ne s’accordent guère. Certains parlent de terres où les querelles de bannières se prolongent jusque devant les tribunaux, où le nouveau venu est suspecté avant même d’avoir franchi la porte de la ville, où la neutralité ne garantit plus un sommeil paisible. D’autres voix, plus mesurées, rappellent que les royaumes se vidaient de leurs habitants bien avant que les ONE ne hantent tous les discours. La guerre ne saurait donc porter seule le fardeau de tous les maux du temps.
Le débat, d’ailleurs, ne se réduit pas à un duel entre amis et ennemis. Des guerriers qui ont croisé le fer avec les ONE reconnaissent à leurs adversaires le droit de prendre part à l’histoire. D’autres, qui leur restent opposés, s’interrogent avec gravité sur des campagnes dont nul ne semble pouvoir annoncer la fin. Et certains murmurent qu’une guerre, pour mériter d’être contée au coin du feu, doit laisser aux hommes des raisons de vivre, de commercer, de voyager et de bâtir, plutôt que de ne leur offrir pour tout horizon que la prochaine bataille.
La voie des ONE sied-elle aux habitants de ce vaste monde ? Les réponses ne se font pas attendre. Les uns défendent la liberté des bannières et le droit de chacun de choisir sa voie. Les autres craignent qu’à force de vouloir triompher partout, certains ne finissent par régner sur des terres où il ne reste presque plus personne pour leur résister, ni même pour les acclamer.
Car la querelle touche à une interrogation plus ancienne que les armes elles-mêmes : une victoire est-elle encore une victoire lorsque les villes conquises se taisent, que les étals se vident et que les voyageurs préfèrent d’autres routes ? Et si chacun est libre de poursuivre ses ambitions, qui veillera à ce que le royaume demeure assez vivant pour que d’autres puissent poursuivre les leurs ?
Car il est une conquête dont nul ne peut se réjouir longtemps : celle d’un royaume où, faute de compagnons, d’adversaires et de témoins, il ne reste bientôt plus personne pour chanter les exploits des vainqueurs.
À Chambéry (AAP) - Il est des querelles que le temps n’enterre pas, mais qu’il laisse mûrir comme un bon placement. L’évêché de Genève est de celles-là. Depuis des années, cette vieille affaire traîne son cortège de prétentions, de susceptibilités et de considérations spirituelles. Mais voici que les circonstances offrent à la Savoie une occasion de reprendre le dossier. Et, pour une fois, il se pourrait que la foi, la politique et les intérêts du Trésor marchent dans la même direction.
Tous les impétrants à l’évêché seraient savoyards. Voilà qui simplifie singulièrement les débats théologiques : quand les candidats portent déjà les bonnes couleurs, il devient tentant de considérer que le Ciel a manifesté une préférence ou, à tout le moins, que le Duché a déjà réglé une partie des frais de recrutement. Reste à transformer cette heureuse coïncidence en contrôle effectif de l’institution. Car si la Savoie a le goût des titres, elle apprécie encore davantage les titres dont les conséquences ne se limitent pas à embellir les parchemins.
La question mérite donc d’être posée sans détour : que rapporte un évêché à ceux qui le contrôlent ? De l’influence, certes. Du prestige, naturellement. Des possibilités d’intervention dans les affaires genevoises, sans doute. Et, si les astres comptables sont bien alignés, quelques avantages moins désincarnés que les promesses du salut éternel. Les Savoyards ne sont pas insensibles aux choses de l’esprit, ils apprécient également simplement que l’esprit ne fasse pas oublier la tenue des comptes.
Mais Genève, 122 âmes, ne se gouverne pas depuis Chambéry, 199 âmes, par la seule vertu des bonnes intentions. Il faut encore convaincre la nouvelle mairesse, Hania, Contessa ribelle di Canth et Burgravine di Weferlingen. La dame se trouve aujourd’hui en position de faciliter ou de compliquer, cette vieille ambition savoyarde. Il conviendra donc de lui présenter le projet sous son jour le plus avantageux : coopération, stabilité, intérêt commun, bonne entente entre voisins. Le vocabulaire diplomatique possède cette merveilleuse propriété de faire passer une opération de prise d’influence pour un service rendu à la collectivité.
On évitera naturellement de parler trop tôt de caisses, de bénéfices ou de retombées sonnantes. Il serait regrettable que Genève s’imagine qu’on convoite son évêché pour autre chose que le bien des âmes. La prudence recommande de laisser les principes en première ligne et les calculs dans les antichambres. Les négociations les plus fructueuses sont souvent celles où chacun proclame servir le bien commun tandis que quelques esprits avisés s’assurent que le bien commun ne coûte pas trop cher.
Un détail, toutefois, donne à l’affaire une saveur particulière. Les compagnons d’armes de Hania sont rassemblés dans l’armée « [DB] Gummi Zummi Club », commandée par Salnitro. Et cette armée se trouve aux portes de Genève, bannière savoyarde fièrement déployée. Difficile de rêver symbole plus commode : pendant que les diplomates préparent leurs arguments, les couleurs du Duché sont déjà visibles depuis les remparts. Bien entendu, une bannière ne constitue ni un contrat ni une décision ecclésiastique. Mais elle a parfois le mérite de rappeler aux interlocuteurs que les discussions se tiennent dans un monde où l’influence ne se mesure pas uniquement au nombre de belles phrases prononcées.
La Savoie aurait donc tort de confondre occasion et acquisition. Il reste à convaincre la mairesse, à clarifier les conditions d’une éventuelle reprise en main et à déterminer ce que chacun pourrait y gagner. L’évêché n’est pas encore dans l’escarcelle savoyarde, et les écus qu’on espère en tirer ne tintent, pour l’heure, que dans l’imagination des plus optimistes. Mais le dossier mérite assurément d’être rouvert : les occasions de réunir prestige politique et intérêt financier ne se présentent pas tous les jours.
Après tout, le Duché connaît les difficultés du temps : une population en recul, des besoins économiques persistants et des ressources qu’il faut ménager. Dans ces conditions, une institution supplémentaire dans son orbite pourrait constituer un investissement fort convenable. Encore faut-il distinguer l’investissement de la dépense, et l’ambition de la facture. Les Savoyards ont déjà prouvé qu’ils savaient défendre leurs intérêts, il leur reste à démontrer qu’ils peuvent les faire fructifier.
L’affaire genevoise promet ainsi une expérience intéressante : il s’agira de voir si la Savoie peut convertir des candidats bien placés, une mairesse à convaincre et une armée sous ses couleurs en influence durable et, si possible, en avantages suffisamment concrets pour justifier l’agitation.
Car les voies du Seigneur sont impénétrables. Celles qui conduisent aux revenus d’un évêché, en revanche, méritent qu’on les étudie avec une carte, une plume et un comptable. La foi sauve les âmes, la bonne administration, elle, peut sauver les finances. Et si les deux finissent par servir la même cause, les conseillers savoyards ne manqueront certainement pas d’y voir un signe de la Providence.
Georg von Schnurstein pour l'AAP agence des Terres au Milieu.