Massa (AAP) – Il Municipio di Massa ha annunciato, con squilli di trombe e grandi manifesti in città, una nuova edizione de “La Regata Massese”, storica competizione che allieta le ultime giornate agostane dell’unica città del Ducato di Modena che si affaccia sul Mar Tirreno.
Il Porto di Massa, uno dei più grandi e trafficati moli della penisola italica, accoglierà decine di imbarcazioni pronte a sfidarsi e conquistare l’ambito primo premio di 500 ducati . Non solo, sono previsti premi anche il secondo e terzo posto. Da giorni, presso i cantieri navali, si notavano grandi lavori e un andirivieni di fabbri, carpentieri e operai per costruire le navi che saranno concesse ai partecipanti regolarmente iscritti. Ogni nave avrà delle caratteristiche particolari, per cui non basterà solo pregare, bensì servirà anche un po' di fortuna! D’altronde, non basterà sperare nel vento favorevole sotto costa, poiché gli imprevisti saranno dietro l’angolo, o forse dietro l’onda! La bonaccia è pronta a rallentare i capitani, mentre le secche lungo la costa daranno del gran filo da torcere ai marinari sia esperti, sia provetti! Le iscrizioni alla regata scadranno il 23 agosto alle 15.00.
La regata, giunta alla quarta edizione, è aperta a tutti, cittadini e forestieri e promette colpi di scena “esplosivi”. Un barile carico di polvere incendiaria renderà la regata ancora più intrigante, dal momento che potrebbe esplodere da un momento all’altro! Chi verrà colpito? Chi giocherà d’astuzia? Chi verrà benedetto dal bel tempo? A vegliare sul regolamento della regata ci sarà il Consigliere Ludico della città, Paolo Edoardo Morosini Valmont, conosciuto come Pavlos.
La città è in fermento e le taverne del quartiere marina sono già intente a rifornirsi di ottima birra per poter allietare i partecipanti e dissetare chi deciderà di assistere alla regata comodamente lungo l’accogliente costa massese. Non resta che augurare BUON VENTO ai nostri Capitani!
À Genève (AAP) - On attendait de leurs nouvelles ! Ils avaient disparu. On les sait avares de mots, méprisants des lignes et peu amateurs des bavardages de forum, leur préférant les alcôves, les conversations à voix basse et les sombres secrets distillés sous la table.
Mais les voici enfin revenus à la lumière ou, du moins, suffisamment près pour que notre correspondant puisse les interroger. Justinian et Kazimi ont fait le plaisir de répondre à nos questions. Et, comme on pouvait s’y attendre, ils n’ont pas exactement choisi la langue de bois.
Entre le Portugal, Rouen, les navires coulés, les capitales françaises promises au même sort et cette étrange conception d’une guerre qui ne serait jamais qu’une page au milieu d’un chapitre, les deux hommes livrent leur lecture des opérations irlandaises et de la suite du conflit.
19/08/1474l'ennemi est aux portes, fermons les portes
À Paris (AAP) - C'est officiel : l'ennemi est aux portes. Et quand l'ennemi est aux portes, que fait-on ? On ferme les portes. C'est logique. Surtout si l'ennemi est déjà passé par les portes. Dans la nuit du 8 au 9 août, une flotte « irlandaise » affiliée à l'ONE se serait donc présentée devant la côte normande avant de forcer l'accostage du port de Rouen. Deux armées, fortes d'une quarantaine d'hommes, auraient débarqué. Quarante hommes. Deux armées. Il faut croire que l'armée française avait prévu de combattre séparément les vingt premiers, puis les vingt suivants.
Malheureusement, les défenseurs, peu nombreux et surpris dans leur sommeil, n'ont pas pu repousser l'assaut. Ils dormaient. C'est embêtant pour défendre une ville. D'autant plus qu'on nous précise que l'action se déroule un dimanche, « normalement consacré au Seigneur ». Voilà donc l'ennemi qui débarque pendant que les défenseurs sont au repos dominical. On ne saurait reprocher à l'ONE de ne pas connaître les bonnes manières : attaquer le dimanche matin, c'est certes peu œcuménique, mais c'est efficace.
Rouen serait désormais « plus qu'en danger de tomber ». C'était le 9 août, d'accord. Plus qu'en danger. C'est-à-dire ? En danger de tomber, puis en danger de tomber davantage ? Ou bien en danger au carré ? La précision est importante, car il s'agit tout de même de Rouen, capitale normande, et d'un château que le communiqué nous apprend simultanément à être « vidé de tout butin ». Ah. L'ennemi vient donc conquérir une ville sans richesse. Voilà qui change tout. Nous voilà rassurés pour le trésor ducal.
Mais pas pour la souveraineté. Car l'affaire est grave. Très grave même. À tel point qu'après avoir constaté que deux armées de vingt hommes ont débarqué, la Couronne annonce des mesures « défensives et offensives ». Lesquelles ? On ferme les frontières. Voilà l'offensive. On ferme les frontières aux étrangers. Voilà la défensive. C'est merveilleux, une guerre où l'on commence par empêcher les renforts d'arriver.
Le dispositif est précis : les étrangers ne pourront plus entrer dans le Domaine Royal, sauf s'ils viennent d'une province ou d'un État allié. Et même les alliés devront se munir d'un laissez-passer dûment autorisé par le Duc ou le Comte, contresigné par le Prévôt de France.
L'ennemi, lui, n'a apparemment pas demandé de laissez-passer. Il faut dire qu'il est déjà à Rouen. Même qu'il est déjà reparti. Vu qu'il était deux fois vingt et vain. On comprend donc mieux l'urgence. Il fallait agir. Et vite. Alors on a fermé les frontières. C'est un peu comme fermer l'écurie après que le cheval est parti. Mais avec un Prévôt pour contresigner.
La Couronne rappelle également que chacun doit agir : soldats, miliciens, volontaires civils, sujets vigilants et régnants exemplaires. Tout le monde doit donc se mobiliser. Sauf les étrangers. Dinguerie ce qu'il y a d'étrangers dans le Royaume de France. Eux doivent rester dehors. Enfin, ceux qui n'y sont pas déjà.
Car voici le véritable prodige de cette affaire : l'ennemi est suffisamment puissant pour débarquer en Normandie, prendre pied à Rouen et menacer une capitale, mais suffisamment faible pour que la principale réponse politique consiste à demander aux autres de ne pas venir. On appelle cela faire front commun. Un front commun avec contrôle des frontières. Il fallait y penser.
Le communiqué de Sa Majesté nous apprend encore que cette attaque survient après la déconfiture de l'ONE au Portugal. Nous voilà donc avec une hydre. Une hydre qui vient de perdre au Portugal, qui traverse la mer, débarque en Normandie et trouve encore la force de menacer Rouen. Il faut reconnaître à cette hydre une endurance remarquable. Mais surtout, elle a une qualité rare : elle permet de réutiliser les mêmes communiqués. Hier, elle était au Portugal. Aujourd'hui, elle est à Rouen. Demain, peut-être à Arras. Après-demain, elle sera probablement à l'origine de la fermeture d'un marché à Rennes.
Et chaque fois, la Couronne pourra rappeler que « la menace existe toujours ». La menace existe toujours. La phrase est admirable. Elle permet de ne jamais avoir à expliquer quand elle a commencé, quand elle finira, ni pourquoi elle revient toujours au même endroit. Il suffit de constater qu'elle existe. Et puisqu'elle existe, on ferme.
On ferme les frontières. On ferme les ports. On ferme les portes. Il ne restera bientôt plus qu'à fermer les fenêtres. Par précaution. On ne sait jamais. Car dans cette guerre, il faut être prudent. L'ONE pourrait entrer par la porte. Alors fermons la porte. L'ONE pourrait venir par la mer. Alors fermons les ports. L'ONE pourrait être cachée parmi les étrangers. Alors fermons les frontières. L'ONE pourrait attaquer pendant que les défenseurs dorment. Alors, peut-être, ne dormons plus. Et si nous ne dormons plus, nous serons fatigués. Et si nous sommes fatigués, nous dormirons. Et si nous dormons... L'ONE sera à Rouen.
C'est ainsi qu'une quarantaine d'hommes débarquent sur les côtes françaises et réussissent le tour de force de réveiller tout un royaume de près de 5000 âmes quand même sans que personne ne sache exactement qui, au juste, doit fermer quoi. À moins que le véritable danger ne soit pas l'ONE. À moins que le véritable danger soit la répétition. Car cela aussi, nous l'avons déjà vu. Une attaque. Une alerte. Une proclamation. Une fermeture. Un appel à l'unité. Puis une nouvelle attaque. Et l'on recommence. Belote et rebelote.
La France vient donc d'inventer une nouvelle stratégie militaire : quand l'ennemi arrive, on lui ferme les frontières. Il ne reste plus qu'à espérer qu'il respecte le règlement. Sinon, il faudra vraiment envisager de défendre Rouen. Ou envoyer l'Anjou prendre Rennes. Allez savoir pour quoi en faire.
Straßbourg (AAP) - Il fallait bien finir en beauté. Après six mois de guerre, des armées venues de tous les horizons, des sièges, des flottes, des proclamations martiales et une paix dont le principal résultat officiellement mesurable est de reconnaître à AEGIS sa « valeur militaire », l’Empire ouvre donc les portes de son Palais pour les grandes festivités de la Concorde impériale. Et quelle fête !
Le grand bal bat son plein. Draperies, étoffes précieuses, dorures, centaines de chandelles, argenterie, tables croulant sous les victuailles : volailles rôties, poissons, pâtés, tourtes, pains, fruits frais ou confits, pâtisseries au sucre et au miel. Le tout est généreusement arrosé de vins blancs et rouges, d’hypocras et de diverses boissons dont la fonction semble être d’aider les convives à oublier que, quelques jours auparavant, l’Aristotélité est encore en guerre.
Le Palais a visiblement décidé que la paix doit être célébrée avec suffisamment de faste pour qu’il ne vienne à personne l’idée de demander ce que la guerre a exactement produit. Les nobles arrivent, les dignitaires arrivent, les soldats arrivent, les courtisans arrivent. Même quelques voyageurs venus de très loin franchissent les portes. Lucas et son épouse Aurélia figurent parmi les premiers arrivants. Un couple manifestement prudent, puisqu’ils ont le bon goût d’arriver assez tôt pour être servis les premiers.
Marco Alberto dei Tancredi, plus habitué aux routes poussiéreuses, aux camps militaires et aux armes qu’aux grands bals de cour, découvre quant à lui un univers sensiblement différent de celui des six derniers mois. Il prend rapidement une décision stratégique qui force le respect : commencer son exploration par le buffet. Un homme de guerre qui sait reconnaître le terrain décisif.
Rebecca accueille les invités à l’entrée, tandis que Nolanne veille aux derniers préparatifs. L’Impératrice se montre quelque peu inquiète quant au bon déroulement de la soirée. On la comprend. Après avoir organisé une guerre, organiser un bal doit sembler terriblement périlleux. Heureusement, Merkarios fait son entrée, vêtu de noir et d’or, et rejoint son épouse. L’Empire peut respirer. La soirée est sauvée.
Puis les musiciens prennent possession de la salle. Et c’est ainsi que, sous les ors impériaux, entre deux coupes et quelques pas de danse, se poursuit la célébration de la plus étrange des guerres. Car il faut rendre justice aux organisateurs : la Guerre du Compliment produit au moins un magnifique bal.
Les armées venues faire trembler l’Empire sont reparties. Strasbourg conserve ses duchés, ses comtés, ses magistrats et ses nobles. Tout le monde a donc gagné. Il ne reste plus qu’à boire à cette remarquable unanimité. Il faut bien fêter cela. À la victoire ! À la paix ! À la valeur militaire ! Et surtout à la santé de ceux qui réussissent le prodige de transformer six mois de guerre en une reconnaissance mutuelle de leurs qualités guerrières.
Après tout, une guerre qui finit par un compliment mérite bien un bal. Les musiciens jouent. Le buffet est ouvert. La guerre est finie. Vive la victoire !
À Rouen (AAP) - Il faut parfois une armée pour démontrer qu'une armée ne sert à rien. Rouen est tombée. Puis Rouen a été quittée. Entre les deux événements, l'Irlande aura démontré une remarquable capacité à projeter des forces, à conduire une opération navale, à débarquer des troupes, à prendre une capitale et à repartir avant même que la capitale ait eu le temps de comprendre ce qui lui arrivait. Militairement, l'opération fut donc réussie. Politiquement, c'est une autre affaire.
Kazimi, qui commandait les navires et les détachements engagés dans l'opération, a expliqué que l'entreprise avait été soigneusement préparée et qu'elle n'avait jamais eu pour objectif de tuer ou d'exécuter les Normands. Il faut lui en donner acte : l'armée irlandaise aura effectivement fait preuve d'une certaine retenue. Elle a surtout exécuté les navires. Dix-sept bâtiments ont été coulés dans les ports normands. Deux autres ont été épargnés en échange de 200 épées. Rouen a été occupée. Les installations minières ont été placées en entretien automatique. Puis les forces irlandaises sont reparties.
C'est là que commence le véritable problème militaire. Car la guerre n'est pas l'art de déplacer des hommes et des navires avec élégance. Elle est la continuation de la politique par d'autres moyens. Une opération militaire ne trouve donc son sens que dans l'objectif politique qu'elle sert. Or, à Rouen, l'objectif politique demeure aussi difficile à discerner qu'un soldat normand derrière un mur de brouillard.
Prendre une capitale sans chercher à la conserver peut être une manœuvre. Détruire une flotte sans chercher à établir durablement une maîtrise maritime peut être une démonstration de puissance. Entrer, frapper, désorganiser et repartir peut avoir une valeur stratégique. Mais encore faut-il savoir ce que l'on voulait obtenir.
L'Irlande semble avoir obtenu exactement ce qu'elle était venue chercher : des navires coulés, 200 épées récupérées, une capitale occupée et la preuve que ses forces pouvaient y entrer à volonté. La Normandie, elle, récupère une capitale vidée de ses envahisseurs, des ports débarrassés de leurs navires et des mines placées en entretien. On pourrait presque parler d'une opération de service public.
La lettre laissée par Kazimi dans la salle du conseil ducal achève de donner à l'expédition son caractère singulier. L'intéressé y remercie les Normands pour leur accueil, se félicite de leur générosité, explique avoir débarrassé leurs ports de bâtiments « qui n'auraient pas dû s'y trouver » et présente comme un geste amical l'autorisation laissée à deux navires de demeurer à quai à Rouen. Même l'ennemi semble avoir pris soin de ne pas laisser derrière lui de problème politique.
Il laisse seulement des problèmes comptables. Les mines, notamment, ont été placées en entretien automatique, avec les réserves de pierre et de fer laissées par les Normands. Là encore, le geste est remarquable : après avoir conquis la capitale, l'armée occupante prend soin de programmer l'entretien de l'économie locale avant de partir. On peine à imaginer meilleure illustration de la différence entre une opération militaire et une guerre.
Une guerre cherche à imposer une volonté. Une opération peut chercher à démontrer qu'on en est capable. Rouen aura donc servi de terrain d'expérience à cette seconde forme de puissance. L'Irlande a démontré qu'elle pouvait franchir la mer, pénétrer en Normandie, neutraliser les navires présents dans les ports, prendre la capitale et s'en retirer à son gré. C'est une victoire militaire.
Mais une victoire militaire sans objectif politique durable ressemble à une épée brandie dans le vide : elle prouve que celui qui la tient sait frapper, sans indiquer qui doit céder. La prochaine fois, Kazimi annonce vouloir jouer au « Juge, Jury et Bourreau », ainsi qu'au « Maître Absolu ». La formule est plaisante. Elle révèle surtout que l'opération de Rouen n'aura finalement produit aucune transformation politique durable. La puissance a été démontrée, mais elle n'a pas été convertie en pouvoir. La force a occupé le terrain, mais n'a pas imposé de volonté.
C'est précisément ici que réside la vacuité de l'exercice. On y voudrait rejouer la « Guerre du Compliment » qu'on ne s'y prendrait pas autrement. Car conquérir une capitale est un moyen. La conserver est un choix. Obtenir une concession est un objectif. Faire reconnaître une nouvelle réalité politique est une victoire. Et repartir en laissant derrière soi une lettre narquoise, des ports vidés, des mines en entretien et deux navires autorisés à rester à quai, c'est autre chose.
C'est une démonstration. Une brillante démonstration, peut-être. Mais une démonstration ne fait pas une guerre. Rouen est donc revenue à ses propriétaires presque aussi vite qu'elle leur avait été retirée. Les Irlandais sont partis. Les Normands sont restés. Et, au terme de cette campagne, chacun pourra raisonnablement prétendre avoir gagné. Ce qui est probablement le meilleur signe que personne n'avait véritablement décidé ce qu'il fallait gagner.