À Genève (AAP) - C’est l’histoire d’un gars, on lui explique la géopolitique. Enfin, “on lui explique”… façon de parler. On lui dit surtout : « Toi, mon grand, t’es sujet. » Sujet de qui ? Ah ben ça dépend du jour. Lundi, sujet du Roi de France. Mardi, sujet de l’Empereur. Mercredi, sujet de la couronne portugaise. Jeudi, de la Sérénissime. Vendredi, de la Mazovie, qui est grosse surtout sur les cartes parce qu’en vrai elle a l’air de maigrir à vue d’œil.
Le gars, lui, il aime juste déménager tous les trois mois, il comprend pas trop. Mais il est content. Parce qu’on lui a donné l’essentiel : un mode d’emploi simple. « Toi, t’es gentil. Les autres, c’est les méchants ». Déjà, quand t’as ça, t’as fait 80 % de la politique étrangère.
Après on lui dit : « Maintenant tais-toi et suis. » Alors il suit le meneur. Il suit où ? Dans un bled de trente clampins, généralement. Trente mecs, deux poules, un puits et une mairie qui ressemble à une boîte à chaussures humide. Les mecs du village passent leur temps à dire : « Ah là là, on n’est que trente, personne nous aide, même pas le Ciel, c’est scandaleux. » Mais dès qu’en face ça arrive pour investir le village, là d’un coup :
« Pas touche à notre souveraineté locale ! » Faut suivre.
Alors à l'autre, on lui explique la stratégie. « Retire tes miches du marché. Fais de l’attrition. » Le gars, déjà, il sait pas ce que c’est, l’attrition. Il croit que c’est une maladie de peau. Mais on lui dit que c’est noble. Ça consiste à rester assis dans une ville pendant trois semaines en regardant les autres rester assis hors les murs de la ville. Une sorte de camping militaire, sans merguez.
Et pendant ce temps-là, faut haïr son prochain. Pas physiquement, non, attention, on investit, on ne tape pas. On insulte. C’est très stratégique. On lui dit : « Crache sur son goût de la morue avariée. » « Dis-lui que ses pâtes sont mal cuites. » « Rappelle-lui son amour du petit pain viande-salade-tomate-oignon. » « Moque son fromage qui pue, sa saucisse fumée et ses coutumes alimentaires douteuses. » En gros : la guerre de civilisation ramenée au niveau du buffet de taverne.
Le gars applique. Parce qu’il est loyal. La loyauté, c’est important. C’est quand tu fais exactement ce qu’un autre a décidé pour des raisons que t’ignores, contre des gens qui font exactement pareil de l’autre côté.
Et là, surprise : en face, tu tombes sur un Savoyard comme toi. Même accent, même bouffe, probablement le même cousin. Mais lui aussi suit son chef. Parce que lui aussi, on lui a parlé de loyauté. Tu regardes autour. Y a des Vénitiens. Des Ottomans. Des Florentins. Des Teutons. Des Berrichons. Des Français. Des Impériaux. Des Portugais. Tu te dis : « Ah, voilà des nations. »
Pas du tout. C’est juste des petits clans avec des noms plus ou moins prestigieux, qui suivent chacun leur grand chef comme des canetons sous pralines de Lucifer. Le mec finit donc au Portugal. Pourquoi ? Pour défendre l’honneur du Saint Empire. Sous commandement français. Contre un Ordre qu’on accuse d’avoir infiltré le Saint Empire. Ordre que d’autres combattent à Sienne et à Vérone avec des alliés qui sont alliés avec des gens alliés à d’autres gens qui, globalement, sont contre leurs alliés d’hier.
Tu suis ? Non ? Eux non plus.
Pendant ce temps, les impériaux anti-impériaux vont combattre au Portugal, les impériaux pro-impériaux vont combattre en Italie, les anti-clans sont menés par des clans, et les défenseurs de la liberté demandent surtout qu’on obéisse sans discuter.
C’est très cohérent, faut juste être bourré. Bref, c’est l’histoire d’un gars. Au fond, il s’en fout un peu de Coimbra, de Sienne, de Vérone, de Porto ou de Varsovie. Lui, tout ce qu’il voulait, c’était taper son voisin. Pas de bol.
Ici, on tape pas. On investit. Et on attend. On attend quoi ? Que les chefs de clans aient fini leur sudoku diplomatique et décident que bon, finalement, tout le monde peut rentrer à la maison. En attendant, le gars campe dans un village de trente pignoufs, regarde pousser l’herbe, et découvre que la grande guerre civilisationnelle ressemble surtout à une colonie de vacances organisée par des paranoïaques.
16/05/1474Saint-Empire : Merkarios dévoile son Conseil impérial
Straßbourg (AAP) - Deux jours de consultations, d’âpres conciliabules et de tractations de couloir auront suffi à Merkarios Aklvruzar, nouvellement proclamé Empereur des Romains, pour dévoiler l’architecture de son futur gouvernement. Dans un communiqué solennel publié ce jour, le souverain a officialisé la composition du nouveau Conseil impérial, appelé à prendre immédiatement ses fonctions.
Le texte, abondamment formulé dans la plus pure tradition de majesté impériale, annonce une équipe présentée comme destinée à garantir « continuité, stabilité et coopération constructive ». Une ambition classique, mais qui masque déjà plusieurs signaux politiques notables.
À la tête de l’appareil administratif, Landry Baccard di Leostilla est nommé régent, tandis que Lucas d’Irissarri prend la charge stratégique d’archichancelier. La haute intendance revient à Helise Morosini Valmont, confirmant la volonté de Merkarios d’entourer son pouvoir d’un noyau administratif resserré.
Le "pôle civil" se distingue par une concentration remarquable des fonctions : Garsande.lucile Meridio Ducastel de Montecano cumule ainsi les postes de ministre des Affaires économiques et d’Intendante du Domaine royal, signe manifeste d’une confiance personnelle appuyée, ou d’une certaine difficulté à répartir les charges.
Aux Affaires étrangères, Nicolò Leone Arnod Sforza prend en main un portefeuille à haut risque dans un Empire toujours traversé de secousses militaires, de Sienne à Venise. Plus de 10 % de la population générale demeure actuellement mobilisée sous les bannières impériales (NDLR), signe qu’à Strasbourg, la paix reste une abstraction administrative.
Le ministère militaire est confié à Glamoran Alissa I Stewart, entouré d’une architecture complète comprenant sénéchal, maréchal, amiral, prévôt et commandement de l’Aquilae Imperatoris.
La Justice échoit à Otello Andronico Clementi, chargé d’incarner une indépendance judiciaire dont chacun observe les contours mouvants, au gré des influences claniques et des équilibres de cour.
Au-delà des noms, c’est la composition d’ensemble qui retient l’attention. Le Conseil apparaît comme un subtil dosage entre figures institutionnelles confirmées, personnalités de confiance et représentants d’intérêts régionaux, notamment avec la présence explicite d’un représentant de Hollande, confié à Finn de Brancion.
Le maintien d’un grand nombre de postes spécialisés, jusqu’au très singulier Rampart Shield Captain, confirme également une tendance lourde de l’administration impériale : celle d’une bureaucratie toujours plus segmentée, où l’accumulation des offices semble répondre autant à des nécessités fonctionnelles qu’à des impératifs d’équilibre politique.
Dans son communiqué, Merkarios rend hommage au précédent Conseil et insiste sur la nécessité d’une transition sans délai. Le nouveau Conseil « assumera immédiatement ses fonctions », précise le texte, alors que plusieurs postes restent encore vacants et doivent être pourvus prochainement.
Cette rapidité d’installation témoigne d’une volonté claire : asseoir l’autorité du nouveau règne avant toute contestation, verrouiller les centres de décision et donner une image d’ordre après les turbulences des derniers mois.
Reste à savoir si cette impressionnante mécanique institutionnelle saura produire davantage que de beaux parchemins, longs intitulés et sceaux bien apposés. Dans l’Empire, on sait depuis longtemps qu’entre la nomination des hommes et l’exercice réel du pouvoir, il y a parfois autant de distance qu’entre Lisbonne et Varsovie.
15/05/1474Vérone ou l’art subtil de nourrir les mines avec des chevaliers
À Vérone (AAP) - Ici et là, dans les chancelleries de l’Aristotélité, les mines d’or font grise mine. Le système minier, naguère présenté comme le pilier des finances princières et l’espérance des trésoriers insomniaques, ressemble désormais à une charrette dont il manquerait trois roues sur quatre.
Le mal est connu. Trop peu de pierre, trop peu de fer pour entretenir les galeries aurifères, pas assez de bras pour descendre au fond des puits, et des salaires qui feraient fuir jusqu’au dernier journalier un peu soucieux de son dîner : 0,77 écu l’heure de mine. Une rémunération si chiche qu’elle semble moins destinée à attirer des travailleurs qu’à tester leur attachement spirituel au sacrifice.
Les analystes les plus savants murmurent déjà que la situation est intenable à moyen terme. Entendez : on court tout droit vers des mines rouillées, des caisses vides et des nobles expliquant, la main sur le cœur, que tout cela n’est qu’un léger ralentissement conjoncturel.
Et pourtant, Vérone semble avoir trouvé la parade. La recette ? D’une simplicité biblique. D’abord, lever le ban contre quelque obscur Ordre Noir dont les ramifications, à en croire les proclamations, serpentent de Kalmar jusqu’à Porto, en passant par Sienne, comme une pieuvre mélodramatique fort utile aux mobilisations de circonstance. Ensuite, rameuter tout ce que l’Aristotélité compte de noblesse d’épée, mercenaires, gentilshommes oisifs, capitaines en mal d’aventure, hérauts, collectionneurs de titres kilométriques et autres créatures parfumées aux quartiers nobles.
La liste semble interminable : cavaliers innamoratissimi, viscontesses constellées de rubis, ducs impériaux, grafen, heer van ceci, baronesses de cela, cavaliers de l’Apocalypse, harlekins et même quelques pavoni dalla bellezza esagerata. Une véritable foire héraldique. Toute cette belle assemblée, d’ordinaire occupée à se quereller pour des questions de lignage, d’honneur froissé ou de préférence gastronomique, se voit soudain reconvertie en force de travail indirecte.
Car pendant que les bannières claquent au vent et que l’on invoque croisades, menaces occultes et grands périls civilisationnels, Vérone accomplit son petit miracle comptable. La carrière de pierre, naguère modeste, ouvre soudain ses flancs à 550 travailleurs. Cinq cent cinquante. De quoi faire pâlir bien des provinces où l’on peine déjà à aligner trente âmes éveillées avant midi. Certes, la performance demeure modeste face aux 1430 places offertes par la fameuse mine d’or de Genève, vaste gouffre à bras et à ambitions. Mais toutes les villes n’ont ni le prestige martial ni la réputation vaguement soufrée de la cité lémanique, jadis carrefour des croisades et des fortunes rapides, et qui n’est plus aujourd’hui que l’ombre amaigrie de sa propre légende.
L’appel est d’une redoutable efficacité : suivez, marchez, venez défendre la juste cause — et recevez au passage un pain et un maïs, pourvu que votre inventaire ne déborde point. Le génie véronais réside là : transformer la guerre, les haines familiales, les conspirations et les dentelles nobiliaires en logistique minière. Là où d’autres provinces s’épuisent en interminables querelles, insultes sur l’origine des fromages, accusations de complots, dénonciations réciproques et autres raffinements diplomatiques, Vérone semble avoir compris qu’entre deux cris de guerre, on peut utilement extraire quelques quintaux de pierre.
Il faut pour cela une certaine hauteur de vue. Imaginer, en façade, Saint Roméo de l’Imperium et Juliette de Vérone, Crapulets et Montaigu braillards prêts à s’étriper au centre de la scène. Et, derrière le rideau, côté jardin, une armée bien moins poétique mais autrement plus redoutable : comptables, intendants, baillis et calculateurs pesant minutieusement fer, pierre, rendement et entretien de mines.
Le public contemple le drame. Les coulisses comptent les cailloux.
Et pendant que le reste de l’Aristotélité disserte sur l’effondrement du système minier, Vérone extrait. On dira ce qu’on voudra des Véronais, ils ont peut-être trouvé la pierre philosophale moderne : convertir les passions humaines en matériaux de construction. Ce qui, tout bien pesé, est peut-être la forme la plus accomplie de civilisation.
Gaspard de la Goupille dit Gégé, pour l'AAP agence des Terres au Milieu
15/05/1474Elections au conseil du Duché de Savoie : SAVOIE recueille la majorité absolue des sièges
PARIS (AAP) - La liste Unité pour la Savoie est arrivée en tête lors de l'élection au conseil de Duché de Savoie, et obtient la majorité absolue des sièges. Elle pourra donc gouverner seule.
Répartition des suffrages exprimés :
1. "Unité pour la Savoie" (SAVOIE) : 100%
La répartition des sièges au scrutin à la proportionnelle conduit à une nouvelle répartition des postes du conseil :
Les membres du conseil reconnaîtront le prochain Duc d'ici à deux jours. Ce dernier devra alors présenter ses hommages à son souverain, et nommer aux principales charges du Duché.
14/05/1474Ergebnisse des ersten Wahlgangs
Ergebnisse des ersten Wahlgangs :
Name
Prozentsatz
merkarios
57.19 %
sir_aventon
40.84 %
starkel
0.68 %
plasebo.
0.56 %
friederigo
0.51 %
sikkie
0.22 %
merkarios vereinigt die absolute Mehrheit der Stimmen auf sich!