19/02/1474À Valence, on tranche quand d’autres palabrent
À Valence (AAP) - Pendant que certains royaumes passent des semaines à peser les mots, à relire les chartes et à renifler les sceaux pour savoir qui doit répondre de quoi, le Royaume de Valence a choisi une méthode plus franche : nommer, juger, frapper.
Par déclaration solennelle, Socrate De La Rojas a désigné le clan Semper Fidelis et ses affidés comme ennemis publics, accusés de frayer avec le funeste Ordo Negrum Equites. Attaques en mer, frontières bafouées, titres portés sans droit : à Valence, on a estimé que la coupe était pleine et qu’il ne servait à rien d’y ajouter encore de l’encre.
Le communiqué insiste lourdement comme pour prévenir toute mauvaise foi, sur un point : Valence parle en son nom, avec ses lois et ses juges. Qu’on ne vienne pas mêler la Couronne d’Aragon à l’affaire ; ici, on ne délègue pas la responsabilité au voisin.
Résultat : navires coulés pour désobéissance, titres retirés, bannissements prononcés, listes dressées, et même une condamnation capitale dans le lot. Bref, quand Valence siffle la fin de la récréation, ce n’est pas pour organiser un nouveau tour de table, mais pour renverser la table.
Il faut dire que cette manière de faire tranche avec celle de certains grands ensembles, où l’on préfère souvent convoquer conseils sur conseils, rappeler d’antiques précédents et laisser la faute se dissoudre dans la brume des compétences. À Valence, point de brume : la trahison est appelée trahison, et elle reçoit le traitement prévu.
Reste à savoir si cette poigne de fer apportera la paix durable ou si elle nourrira de nouvelles rancœurs. Mais au moins, nul ne pourra reprocher au royaume valencien d’avoir hésité. Ici, quand on juge que l’ennemi est à la porte, on ne discute pas de la couleur de la serrure : on ferme, et parfois on frappe.
Following our article entitled “Berry Attacks the Empire”, the editorial board of KAP International has received a formal statement from Alleaume de Niraco, Duke of Berry, presenting what he describes as “factual clarifications” regarding the recent military events near Imperial territory.
In his response, the Duke firmly denies any hostile intent toward the Holy Roman Empire. According to him, the two Berrichon armies were engaged solely in logistical maneuvers to seek reinforcements, arms, and provisions in preparation for a campaign against ONE, in Portugal. He insists that no order was given to attack any Imperial province, no declaration of war was issued against Savoy, and no attempt was made to seize any city, fortress, or strategic place within Imperial lands.
The Duke further claims that his forces were intercepted and attacked at night without prior ultimatum or summons, characterising the engagement as an ambush rather than a defensive measure. He accuses Imperial authorities of transforming a logistical redeployment into a narrative of aggression and of constructing a political interpretation to frame Berry’s anti-ONE campaign as an attack on the Empire.
This constitutes the official position of the Duchy of Berry.
However, during the night of 17–18 February, clashes were reported in Dole, capital of Franch-Comté. According to this proclamation issued by the Duke of Savoy, Landry Baccard di Leostilla, the army known as “Barback Back”, associated with the criminal organisation Clair-Obscur and allegedly acting under Berry’s banner, launched an attack against the army stationed in front of the city, defending the Grand-Place and what looked like a statue of Emperor Atum.
Savoyard authorities state that their forces prevented an enemy incursion into Imperial territory and describe the event as an attempted assault against the Holy Roman Empire. They further emphasize that no formal request for passage through Imperial lands had been submitted by the Duchy of Berry.
Of particular concern are the now two confirmed attempts of the Clair-Obscur to enter Imperial Territory, under the idea of going to fight ONE. Both times they have been repulsed by the Imperial armies. The Empire has made a clear statement that these assaults are not accepted and all measures will be taken to neutralise the threat.
For KAP International
Vlad the Writer
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18/02/1474À Varsovie, un siège sans fin
Straßbourg (AAP) - Varsovie vit désormais au rythme sourd du siège. Voilà plus d’un mois que Varsovie tient, défiant l’hiver, l’ennui et l’acier, les armées coalisées de l’Égide et de la Couronne de Pologne encerclent la ville, leurs étendards serrés contre les murailles comme une menace constante. Le vent d’hiver porte jusque dans les rues l’écho des clairons et le grincement des machines de guerre.
L’assaut décisif survient à l’aube. Après une préparation longue et méthodique, les forces alliées lancent une attaque concertée contre les remparts. Les murs sont finalement enfoncés en un point, et les combats se déplacent dans la confusion des faubourgs. L’une des deux armées défendant Varsovie est écrasée dans la mêlée, laissant derrière elle un champ de morts et de blessés. Un instant, la ville semble vaciller.
Pourtant, la victoire ne se transforme pas en conquête. Les combats, fragmentés et désordonnés, s’enlisent. Les défenseurs, acculés mais résolus, se replient derrière leurs dernières lignes. Incapables de consolider leurs positions à l’intérieur de la cité, les assaillants doivent se retirer hors des murs. Varsovie reste debout, meurtrie mais non soumise.
Depuis lors, un étrange équilibre s’installe. À l’intérieur, il ne demeure plus qu’une seule armée mazovienne, dernier rempart de la ville. À l’extérieur, six armées alliées campent devant les portes, attendant le signal final. Les soldats guettent, les généraux calculent, et chaque jour passé ajoute au poids de la fatigue et de la tension.
La guerre, pourtant, n’est pas terminée. Les tentatives de percée, les escarmouches et les manœuvres se succèdent sans aboutir à un coup décisif. Chacun accuse l’autre de ruse et de perfidie, tandis que les chroniqueurs notent que le siège se joue autant dans la patience que dans l’acier.
Varsovie tient encore, suspendue entre chute annoncée et résistance obstinée. Autour de ses murs, les armées attendent. À l’intérieur, les défenseurs se préparent à l’ultime épreuve. Et nul ne peut dire si le prochain bruit sera celui d’un nouvel assaut ou du repli silencieux des bannières.
Straßbourg (AAP) - Il faut, pour qui prétend comprendre ce monde, commencer par admettre une chose simple : la Justice n’est pas un glaive parfait. Elle est un mécanisme. Et comme tout mécanisme, elle a des délais, des ressorts et des interstices.
Dans les provinces, on murmure souvent que certains, assignés en procès, échappent au jugement en prenant la mer ou en endossant la cuirasse. On crie à la ruse, à la fraude, à la trahison du droit. Ceux qui crient ainsi ne savent qu’une chose : ils n’ont jamais ouvert un code.
Car nul texte, nulle ordonnance, n’interdit à un homme de changer de condition. Nul juge ne peut empêcher un sujet de devenir soldat ou capitaine.
Ainsi, lorsqu’un accusé entre au service d’une armée ou prend la charge d’un navire, il ne viole pas la loi. Il s’en sert. Et cela est permis.
Or un procès, chacun devrait le savoir, n’est pas éternel. Quinze jours : voilà le temps imparti. Si au terme de ce délai aucun jugement n’est rendu, la procédure s’effondre d’elle-même, comme un fruit trop mûr. Le dossier se ferme. L’homme, capitaine ou soldat, est libre. Libre, mais pas absous à jamais.
Car s’il revient plus tard sur la terre du comté, sans la protection que lui conférait son statut militaire ou maritime, la Justice peut se relever, reprendre plume et sceau, et rouvrir le procès. Rien n’a été pardonné. Tout a seulement été différé.
La Justice ne plie pas. Si elle accepte d’être contournée un temps, elle n’accepte jamais d’être ridiculisée.