08/02/1474engagement provençal aux côtés de l’Empire
Straßbourg (AAP) - Du haut des trônes, le monde se lit autrement. Les serments anciens, les chartes scellées et les traités jurés devant Dieu ordonnent les affaires des princes plus sûrement que les rumeurs des places ou les colères des tavernes. L’annonce conjointe proclamée à Strasbourg et à Aix, en ce troisième jour de février de l’an 1474, relève de cet ordre immémorial où la parole donnée lie les États autant que les hommes.
L’Empire a requis l’assistance prévue par les accords qui l’unissent au Marquisat de Provence. La Provence a répondu. Non par emportement ni par goût des armes, mais par fidélité à un engagement solennel. Les mots employés sont mesurés, presque prudents : il n’est point question de guerre déclarée, mais de troubles et de soutien apporté à un allié éprouvé par l’intervention conjointe des forces turques et du Royaume des Deux-Siciles dans la République de Sienne.
Aux yeux des deux souverains, la décision est d’une clarté sans détour. Honorer un traité, c’est préserver l’honneur et la constance d’un État. Se dérober, ce serait affaiblir la confiance patiemment bâtie entre puissances et exposer demain ses propres frontières à l’abandon. En envoyant des contingents aux côtés des troupes impériales, la Provence agit comme une principauté consciente de sa place dans l’équilibre des royaumes et des marches chrétiennes.
Cette aide n’est pas présentée comme une rupture, mais comme la continuation d’une relation ancienne, fondée sur la loyauté réciproque et le respect du droit. Par cet acte, l’Empire et le Marquisat affirment vouloir préserver la paix générale, non par l’inaction, mais par l’exécution fidèle des obligations jurées.
Pourtant, derrière la parole des princes, gronde une inquiétude plus sourde. Car ce qui, au sommet, apparaît comme un devoir d’honneur, peut être ressenti dans les villes et les campagnes comme un éloignement de l’idéal d’indépendance si souvent invoqué. La Provence proclame la paix de son sol, tout en laissant partir ses hommes et ses femmes sous d’autres bannières.
Entre fidélité aux serments et crainte des peuples, entre stabilité recherchée et soupçon de soumission. L’acte est désormais scellé, consigné et proclamé. Le temps dira s’il renforcera la place de la Provence parmi les puissances alliées ou s’il nourrira, dans les cœurs, une défiance durable envers les décisions prises au sommet, loin des regards et des voix du commun.
À lire : De Nous, Sigismondo Alessandro Dei Lante, Divina Favente Clementia Electus Romanorum Imperator Semper Augustus, Pater Patriae, De Nous, Tammara Dantes, Marquise de Provence,
Etienne Berne pour l'AAP agence des terres au Milieu.
Genève (AAP) - (NDLR : Une fois n'est pas coutume, nous livrons ici le réquisitoire sans complaisance d'une âme effrontée et indignée. Edito.)
« À l'heure des guerres, ici à Kalmar, Varsovie, Lisbonne ou là à Sienne, il existe une racaille noble, plus dangereuse que bruyante, qui ne vit ni de la terre qu’elle possède en parchemins, ni du peuple qu’elle invoque à géométrie variable. Internationaliste par intérêt, localiste par posture, elle s’agrippe à ses titres comme le crustacé à son rocher, non par amour de l’indépendance mais par peur panique de toute souveraineté qui viendrait compter, trier, hiérarchiser. Leur idéal politique n’est pas la liberté collective, mais l’absence d’un centre capable de leur rappeler que l’autorité ne naît pas d’un échange de politesses entre hérauderies.
Ces petites chapelles, autosacralisées, se reconnaissent entre elles dans un ballet d’onctions croisées : je reconnais ton titre, tu reconnais le mien, et nous ferons mine d’y voir la continuité d’un ordre ancien quand il ne s’agit que d’une inflation symbolique, plus drue que la pluie de Gravelotte. Les titres pleuvent, les lignages s’allongent, les généalogies s’entrelacent jusqu’à former une grande famille de cousins satisfaits, régnant moins sur un territoire que sur un langage, celui qui naturalise leur domination.
Car là est le cœur de l’hégémonie : faire passer pour tradition ce qui n’est qu’habitude de caste, pour indépendance ce qui n’est qu’autonomie oligarchique. Le peuple, lui, n’est convoqué qu’aux heures utiles : quand il faut des bottes pour accompagner les bannières, des bras pour creuser les mines, ou des voix pour sanctifier une légitimité déjà confisquée. Son esprit d’indépendance est célébré comme on brandit un drapeau : non pour qu’il pense, mais pour qu’il marche.
Ainsi se maintient l’ordre des rapaces titrés : par la fragmentation, la flatterie mutuelle et la peur soigneusement entretenue de toute autorité centralisatrice qui viendrait jeter son grain de poivre dans leur soupe tiède de privilèges. Et tant que cette hégémonie culturelle ne sera pas nommée pour ce qu’elle est, une domination sans courage politique, elle continuera de se faire passer pour l’âme même de la liberté. »
06/02/1474Siena : Dell’assedio come prova degli animi
Orbetello (AAP) - Mentre Siena resta stretta nella morsa degli eserciti, anche Orbetello conosce la sua notte della verità. Qui, lontano dalle grandi mura e dai proclami solenni, la guerra si manifesta nella sua forma più nuda: attesa, sangue, fatica e volontà ostinata di non cedere.
Nella notte tra il 4 e il 5 febbraio 1474, due eserciti ottomani si sono attestati alle porte della città. Le forze della Steel Legion, The Lions of Chaos e della Steel Legion, Aces High hanno preso posizione senza procedere a nuovi reclutamenti, segno che l’intenzione non è più quella di intimidire, ma di misurare la resistenza. L’urto non si è fatto attendere. Sotto il buio fitto e il vento salmastro, le mura di Orbetello sono divenute il teatro di uno scontro violento e disordinato, nel quale pochi difensori hanno retto contro masse superiori.
Le testimonianze concordano nel descrivere una battaglia combattuta più con l’animo che con il numero. I reparti senesi, decimati e feriti, hanno mantenuto la linea, respingendo l’assalto notturno al prezzo di gravi perdite. Non si parla di vittoria, ma di sopravvivenza: il nemico è stato contenuto, non spezzato, e la sua presenza resta una minaccia costante, come un cappio che non si allenta.
All’alba, la città appare stremata ma non piegata. I superstiti si raccolgono sulle mura e nelle piazze trasformate in infermerie improvvisate. Le parole pronunciate dai rappresentanti cittadini e dai comandanti non promettono trionfi, ma perseveranza. È riconosciuta apertamente la possibilità di arretramenti, di nuove sconfitte, persino di cadute; ma viene riaffermato un principio più antico delle mura stesse: ogni passo ceduto costerà al nemico tempo e sangue.
Fuori dalle difese, altri eserciti ottomani osservano. I Sipahiler, Riders of the Night e le forze note come God’s Scourge restano schierati, immobili e silenziosi, come predatori che attendono. Questa immobilità pesa sui difensori più di un assalto, perché l’attesa consuma, logora e genera sospetto. In tali momenti, il pericolo maggiore non è la spada straniera, ma il cedimento interno.
Eppure, tra racconti aspri e talvolta ironici, emerge una verità che ogni governante conosce e spesso teme: le città non resistono grazie alla perfezione delle armi, ma alla capacità degli uomini di dare un senso alla fatica. A Orbetello, il discorso pubblico non nasconde le ferite né promette salvezze miracolose. Esso chiede soltanto di restare, di rialzarsi, di non lasciare che la paura diventi padrona.