13/10/1474de l’utilité de la peine capitale pour le commerce
Genève (AAP) - Il est une opinion fort répandue entre ceux qui se mêlent de juger sans avoir lu, que l’amende serait plus douce que le glaive et plus profitable à la République. Je dis qu’ils se trompent, et ne se trompent pas peu.
Car que fait l’écu jeté au puits ? Il sort de la bourse du condamné, il n’entre point en celle du prince, et ne passe en nulle main qui l’emploie. L’argent, comme dit fort bien Aristote au premier livre de la Politique, n’a de vertu que par sa circulation, et celui qui le tient enfermé ou noyé le prive de son office. Or le puits est le sépulcre de la monnaie, et j’aimerais mieux qu’on enterrât les hommes que les écus : l’homme du moins se pleure, et sa mort fait travailler le menuisier, le fossoyeur et le cierger.
Je dis donc, pour établir mon propos, que la peine de mort est le plus dynamique des châtiments, si l’on veut bien compter ce qu’elle met en mouvement. Le charpentier dresse la potence, le cordier file la corde, le marchand de bois fournit le bûcher, le tavernier abreuve la foule, et le maraîcher, ce que nul n’avait prévu avant la ressuscitation que l’on sait, la nourrit en choux et en poireaux. Tout cela vit de la sentence, tandis que l’amende ne fait vivre que la margelle.
Il est vrai, comme je l’ai montré ailleurs, que la cherté des choses vient de l’abondance de l’or et de l’argent. Mais cette abondance suppose qu’ils courent de main en main, non qu’ils dorment au fond d’un trou. Qui veut que les navets montent doit donc faire courir les écus, et qui veut faire courir les écus doit assembler le peuple, car le peuple assemblé dépense, et l’on ne voit point que les foules se pressent autour d’un puits.
Et que dire de la souveraineté ? Le droit de glaive est la marque première de la puissance publique, sans laquelle le prince n’est qu’un receveur de taxes. Celui qui se contente d’amender, et qui laisse au crime le prix de ses écus, enseigne que tout se rachète, et c’est ouvrir la porte aux riches, qui paieront toujours. Mais le glaive ne se rachète point, et seul il rend la justice harmonique, c’est-à-dire égale à toutes les proportions : le gueux comme le seigneur y trouvent la même mesure.
Je conclus donc que ceux qui font la fine bouche devant la peine capitale pèchent contre la raison, contre le commerce et contre le bon sens. Ils méritent, pour toute peine, d’être condamnés à dîner de légumes à l'eau, ce qui, de surcroît, ferait le bonheur des maraîchers et redonnerait quelque éclat à la patiente que nous avons vue ressusciter.
À Arles (AAP) - « Les points sensibles ne peuvent sortir de nos bureaux. » Voilà une belle sentence, et qui sonne fort sagement. Mais une gouvernance peut-elle, je vous prie, vouloir passionner les Provençaux et les convier aux affaires communes, tout en gardant par-devers soi une part de ce qu’elle sait, pour ceux-là seuls qui portent les bonnes clefs ?
Je ne veux point nier qu’un Conseil ait besoin de délibérer à huis clos, ni prétendre que toute chose doive être jetée à la foule sans choix ni mesure. Il n’est pas de bon ménage où l’on ouvre les armoires à tout venant. Ce que je demande, c’est où se tient la borne entre la discrétion que l’action publique réclame et ce secret qui, à force de durer, fait des affaires de tous le patrimoine de quelques initiés.
Car il y a bien de la différence entre taire une chose dont la révélation porterait un péril véritable, et défendre l’accès à la chose elle-même. En la première, la réserve sert le bien commun ; en la seconde, elle devient un lien de dépendance : il faut connaître quelqu’un, quêter une permission, chercher la bonne porte, et surtout avoir le bon trousseau en poche.
Et je serais injuste de ne point reconnaître que le Conseil se targue déjà de transparence, publiant chaque semaine les comptes du Comté en salle publique. C’est chose réelle, et je la loue. Mais voir où va l’argent n’apprend pas tout. Qui peut entendre les débats d’où naissent les décisions ? Quelles choses sont ouvertes à chacun, quelles autres sont closes, et sur quelle règle ? Comment un homme peut-il discerner ce qui doit légitimement demeurer caché de ce qu’on lui cache simplement ?
Un gouvernement qui veut échauffer l’intérêt des siens ne saurait se contenter de leur servir les résultats quand tout est tranché. Il lui faut les mettre en état de comprendre les choix, d’en peser les suites, et, quand il se peut, d’y mettre la main. Sans quoi la vie publique n’est plus qu’une comédie dont le peuple voit le théâtre, tandis que les coulisses lui demeurent fermées.
Voilà le paradoxe : on prie les Provençaux de s’émouvoir des affaires du Comté, puis on leur laisse entendre que certaines portes ne sont point pour eux. On convie les gazetiers à questionner, mais on les avertit que partie des réponses leur sera tenue hors d’atteinte. On veut émouvoir, et garder la main sur ce que chacun a licence de savoir.
Le secret est parfois nécessité de gouvernement, il ne doit pas en devenir, par principe, la méthode. Une Provence qui veut passionner les siens doit-elle multiplier les portiers de ses huis, ou donner à chacun de quoi comprendre ce qui se décide derrière ? Et s’il est vrai qu’on souhaite associer les Provençaux, ne faudrait-il pas tenir l’accès au savoir public non pour une faveur dispensée au cas par cas, mais pour la règle, dont chaque exception devrait pouvoir se justifier ?
Car un gouvernement ouvert ne se mesure pas seulement à ce qu’il consent à publier : il se mesure au nombre d’hommes qu’il laisse comprendre, questionner, et prendre part à la chose commune.
09/10/1474Fürstentum Mainz: BfM vereinigt bei den Ratswahlen die absolute Mehrheit der Sitze auf sich.
AACHEN (AAP) - Die Liste Bürger für Mainz liegt bei der Ratswahl in Fürstentum Mainz an der Spitze und vereinigt die absoluten Mehrheit der Sitze auf sich. Sie kann daher allein regieren.
Verteilung der abgegebenen Stimmen:
1. "Bürger für Mainz" (BfM) : 100%
Die neue Verteilung der Sitze nach der Verhältniswahl führt zu einer Neuverteilung der Ratsämter:
Die Mitglieder des Rates werden innerhalb von zwei Tagen den neuen Regenten anerkennen. Dieser muss dann dem Kaiser des HRRDN und dem Deutschen König seine Reverenzen erweisen und die wichtigsten Ämter der Provinz besetzen.
07/10/1474Elections au conseil du Comté de Provence : P.P recueille la majorité absolue des sièges
PARIS (AAP) - La liste Pour la Provence est arrivée en tête lors de l'élection au conseil de Comté de Provence, et obtient la majorité absolue des sièges. Elle pourra donc gouverner seule.
Répartition des suffrages exprimés :
1. "Pour la Provence" (P.P) : 100%
La répartition des sièges au scrutin à la proportionnelle conduit à une nouvelle répartition des postes du conseil :
Les membres du conseil reconnaîtront le prochain Duc d'ici à deux jours. Ce dernier devra alors présenter ses hommages à son souverain, et nommer aux principales charges du Duché.
06/10/1474Un confrère confronté au châtiment archaïque
Genève (AAP) - Monsieur Brigal, notre confrère, est accusé de trahison et de calomnie envers le Portugal. Il sera donc conduit prochainement aux fourches patibulaires, charmant mobilier de plein air dont on ne dira jamais assez qu'il est, avec le pilori, ce qui se fait de mieux en matière de dialogue social. L'agence des Terres du milieu de la KAP dénonce le recours à la peine capitale, qu'elle juge d'un autre âge. Elle précise que cet autre âge menace encore trop souvent les journalistes de certaines provinces de l'Aristotélité, lesquelles préfèrent parler de « modèle de gouvernance alternatif », comme on dit « petite sieste » pour une mort subite.
Il est difficilement concevable, pour ne pas dire proprement inimaginable, de voir encore, en l'An de Grâce 1474, un journaliste condamné au plus barbare, au plus archaïque, au plus moyen-âgeux des châtiments. Certes, nous sommes au Moyen Âge. Mais il y a des limites à la couleur locale.
À l'heure où la presse d'un certain Gutenberg permet enfin de dire ce que les puissants préféreraient qu'on taise, menacer d'exécuter un simple rédacteur pour avoir écrit, c'est un scandale, une honte pour l'humanité entière, un très mauvais signal envoyé aux annonceurs et un retour aux âges sombres, ceux où personne ne savait écrire, ce qui, reconnaissons-le, simplifiait singulièrement la rédaction des actes d'accusation. Et après, on viendra se plaindre de la baisse du niveau et de la recrudescence de la violence, comme si la seconde n'était pas la réponse ordinaire de ceux qui n'ont pas eu le premier.
Cette pratique d'un autre âge devrait depuis longtemps dormir aux oubliettes, dans les livres d'histoire et dans les conférences universitaires sur « les heures sombres de l'Aristotélité ». Elle s'invite pourtant dans notre actualité, entre la météo des récoltes et le cours du hareng salé, ce qui prouve au moins que la pendaison, elle, ne connaît pas la crise.
Nous le disions il y a peu, nous le répétons aujourd'hui avec une fermeté inébranlable : on ne tue pas un journaliste pour ses écrits. Même s'il ressuscite le troisième jour, qu'on le gave de fruits et de légumes pour lui rendre ses joues roses et son charisme solaire, la chose reste déconseillée : on lui adresse, au pire, un démenti cordial et un droit de réponse. Un démenti, ça ne repousse pas non plus, mais ça fait moins de bruit en tombant.
Notre rédaction en appelle donc à la communauté interroyaumale, aux grandes consciences et aux influenceurs de cour : #JeSuisBrigal, #PasDePotenceSansPlume.