Straßbourg (AAP) - Il est aisé de prendre une ville. Les murailles tombent, les portes s’ouvrent, les enseignes changent de maître. Les chroniques proclament la victoire et les trompettes sonnent la fin des combats. Mais quiconque a lu les anciens jurisconsultes sait qu’une cité ne se possède pas véritablement lorsque ses murs sont franchis, mais lorsque ses habitants reconnaissent l’autorité de celui qui commande.
Car la conquête des pierres n’est rien si la conquête des hommes ne suit point.
Ainsi, dans ces guerres qui tiennent souvent plus de l’apparence que de la ruine véritable, certains généraux ont découvert une méthode d’une redoutable simplicité. Ils prennent la ville, puis prennent les habitants. Non par l’épée, mais par la procédure. Non par le massacre, mais par le registre.
La chose se fait avec une élégance toute juridique. Les noms sont inscrits, les sentences prononcées, les amendes levées, les prisons ouvertes. Dix jours pour celui-ci, dix jours pour celui-là. Deux cents livres pour l’un, deux cent trente pour l’autre. Et la ville entière comprend, en quelques pages de greffe, ce que mille batailles auraient eu peine à enseigner : l’autorité a changé de mains.
Les anciens Romains connaissaient déjà cette sagesse. Après la prise d’une cité, ils ne se contentaient pas de planter leurs enseignes sur les remparts ; ils installaient les magistrats, ouvraient les tribunaux, faisaient écrire les noms. C’est alors seulement que la victoire devenait chose durable.
Car une ville prise par les armes peut encore rêver de révolte. Une ville tenue par les registres apprend plus vite la prudence.
De sorte qu’il faut corriger une illusion fort répandue chez les amateurs de gloire martiale. La victoire ne consiste pas seulement à prendre une ville, elle consiste à faire comprendre à ses habitants que l’on peut, au besoin, les prendre eux aussi.
Voilà pourquoi certains conquérants, après avoir franchi les portes, se hâtent moins vers les arsenaux que vers les tribunaux. Ils savent qu’il est parfois plus efficace d’enfermer quelques hommes que d’assiéger toute une cité.
Et si l’on voulait résumer cette doctrine dans la langue simple des soldats, on pourrait dire ceci : prendre la ville est l’œuvre de l’armée, mettre ses habitants au trou est l’œuvre de la victoire.
16/03/1474Elections au conseil du Duché de Savoie : SAVOIE recueille la majorité absolue des sièges
PARIS (AAP) - La liste Conseil de guerre - entente pour la stabilité du duché est arrivée en tête lors de l'élection au conseil de Duché de Savoie, et obtient la majorité absolue des sièges. Elle pourra donc gouverner seule.
Répartition des suffrages exprimés :
1. "Conseil de guerre - entente pour la stabilité du duché" (SAVOIE) : 100%
La répartition des sièges au scrutin à la proportionnelle conduit à une nouvelle répartition des postes du conseil :
Les membres du conseil reconnaîtront le prochain Duc d'ici à deux jours. Ce dernier devra alors présenter ses hommages à son souverain, et nommer aux principales charges du Duché.
15/03/1474Irlande : le carnet acide d’un voyageur de la KAP fait sourire les tavernes
Corcaigh (AAP) - Dans une série de chroniques qui circulent depuis peu parmi les voyageurs et les lecteurs de la KAP, un certain « Wild Goose » s’est lancé dans l’exploration méthodique, et manifestement amusée, de quelques bourgs irlandais. Le résultat tient à la fois du guide de voyage et du billet d’humeur, où l’hospitalité locale se mêle à une ironie douce-amère.
Première étape : Corcaigh, capitale du comté d’An Mumhain. La ville, écrit-il, possède tout ce qu’un visiteur peut attendre d’un centre urbain respectable : un accueil officiel affiché à l’hôtel de ville, une église où la messe est célébrée deux fois par semaine, sans la moindre file d’attente pour les confessions, et un marché bien fourni. La cité compterait par ailleurs une population cosmopolite, où les voyageurs venus de Bulgarie côtoient quelques Irlandais « authentiques », contribuant selon lui à la saveur locale.
Le chroniqueur recommande également le verger en libre-service, à condition de se munir d’une échelle, et les nombreuses tavernes de la ville, dont le calme absolu garantit aux amateurs de solitude un dîner sans la moindre perturbation. Il glisse toutefois un avertissement : mieux vaut éviter de se présenter par inadvertance à l’élection municipale, l’actuel maire semblant peu goûter la concurrence.
Plus au nord, à Imleach, la chronique prend un tour encore plus piquant. La petite ville, entourée d’une vaste forêt, offrirait comme principale attraction la coupe de bois. Son maire, Justinian Jr., aurait connu une ascension fulgurante, trois semaines entre l’anonymat et la magistrature, avant de déménager aussitôt dans une autre ville tout en conservant sa charge. L’église locale, note l’auteur, se distingue par un prêtre qui « se réveille fidèlement deux fois par semaine pour la messe », laissant le reste du temps les habitants à leur tranquillité.
Le marché d’Imleach, soigneusement rangé et presque vide, ne propose guère que quelques pains et sacs de maïs, mais la ville compense par une abondance de tavernes : plus nombreuses, selon le chroniqueur, que les habitants eux-mêmes.
Enfin, l’itinéraire mène à An Caiseal, petite localité du comté de Laighean où la vie municipale semble plus organisée. La maire y accueille volontiers les nouveaux arrivants et propose même des emplois agricoles « sans exigence particulière de force ». L’église, tenue par le citoyen le plus fortuné du lieu, continue pour sa part de célébrer la messe deux fois par semaine entre deux séances de comptabilité.
Le marché offre vêtements, maïs et une abondance remarquable de farine, ressource précieuse, même en l’absence de boulanger, tandis que les tavernes locales bénéficient de contributions venues d’autres contrées, dont la France et même la Bulgarie.
À lire ce carnet de route, l’Irlande apparaît ainsi comme une terre paisible, où les villages comptent souvent plus de tavernes que d’habitants et où les voyageurs disposent d’un luxe rare : le silence.
Le « Wild Goose » promet déjà d’autres étapes. Les lecteurs attendent désormais de savoir quelle ville aura l’honneur ou la patience d’accueillir la prochaine page de ce guide aussi poli qu’impitoyable.
14/03/1474marchands à Sion, lutteurs à Genève : la saison des rassemblements
Sion (AAP) - Tandis que Genève prépare déjà la vingt-quatrième édition de son grand tournoi de lutte gymnopédique, les routes du Valais s’animent elles aussi. La petite ville de Sion, au cœur de la Confédération helvétique, a proclamé l’ouverture de sa deuxième grande foire, qui se tiendra du quinzième mars au douzième avril de l’an mil quatre cent soixante-quatorze.
L’an passé, près de quatre-vingts visiteurs avaient répondu à l’appel, faisant bruire les étals et les tavernes d’un commerce inattendu pour ce bourg alpin. Fort de ce succès, Sion renouvelle l’entreprise et convie marchands, voyageurs et curieux à venir emplir ou délester leurs bourses, selon l’humeur et la fortune.
Les organisateurs promettent un marché fourni où l’on pourra aussi bien dénicher étoffes nouvelles et parures à la mode que se défaire d’objets devenus encombrants mais encore recherchés par d’autres mains. Bourses pleines ou vides, sacs chargés ou allégés, chacun trouvera matière à affaire ou à promenade.
La foire ne se bornera point au négoce. Un tournoi d’archerie est annoncé, ainsi que diverses réjouissances destinées à occuper les visiteurs durant les semaines que durera l’événement.
Les voyageurs les plus téméraires pourront même pousser jusqu’à la marave genevoise. Le grand tournoi de Genève, qui doit commencer le vingt-troisième mars à Nyon-la-Mine-d’Or, ne se trouve qu’à trois nœuds de route. De quoi attirer, espèrent les hôtes valaisans, une foule de lutteurs, marchands et spectateurs venus mêler affaires, fête et prouesse.
En ce printemps de 1474, les chemins de la Confédération promettent d’être plus fréquentés qu’à l’ordinaire, entre les étals de Sion et l’arène de Genève. Les foires appellent les marchands, et les tournois les audacieux. Les routes, elles, n’attendent plus que les pas des voyageurs.
Accuso il Ducato di Lorena di aver lasciato prosperare nelle proprie cariche pubbliche un potere che non era più quello del ducato, ma quello di un clan: quello degli Scorpioni del Sale, alleato con l’ombra dell’Ordo Negrum Equites.
Accuso le autorità del Sacro Romano Impero di aver visto, di aver saputo, e di aver lasciato fare.
Il 5 marzo, quando le Brigate Internazionali Libertarie e gli uomini di Clair Obscur entrarono nel castello di Nancy, non vi trovarono soltanto sale vuote e archivi polverosi. Vi trovarono tracce. Lettere. Decisioni. Nomine. Tutta una paziente macchina attraverso la quale un uomo e i suoi si insediarono nel cuore di uno Stato.
Accuso Clovis, capo degli Scorpioni del Sale insieme a Dragonia, di aver occupato una dopo l’altra le funzioni di commissario al commercio, commissario alle miniere, sindaco di Toul, poi ammiraglio della Lorena e maresciallo della stessa città, accumulando così le chiavi di un potere che non apparteneva più al ducato ma al suo clan.
Accuso questo sistema di aver trasformato le istituzioni in strumenti.
Perché mentre queste cariche si accumulavano, mentre i sigilli cambiavano mano, gli eserciti dello stesso clan apparivano altrove: oggi a Chaves, in Portogallo, a combattere sotto la bandiera dell’Ordo Negrum Equites.
Accuso coloro che pretendono che si tratti soltanto di coincidenze.
Perché quando l’ex duca William tentò di opporsi alla formazione di un esercito non autorizzato, non fu la legge del ducato a prevalere, ma la pressione di una parte della nobiltà che affermò che gli Scorpioni del Sale erano ormai i veri garanti della sicurezza e della prosperità della Lorena.
Accuso infine l’Impero, e più precisamente l’imperatore Atum e i suoi consiglieri Raphaell e Aidan, di aver lasciato chiudere questa vicenda senza alcuna sanzione. Dopo una riunione tenutasi nel settembre del 1473, Clovis non fu punito: fu tolto dalla lista nera del ducato e nominato ammiraglio della Lorena.
Accuso questa ricompensa concessa a chi avrebbe dovuto rispondere delle proprie azioni.
E non è tutto.
Accuso le reti legate all’Ordo Negrum Equites di aver dispiegato nella regione forze provenienti da altrove: contingenti britannici e irlandesi, compagnie conosciute con il nome di “THUG Legion”, flotte viste contro i porti francesi nel 1473 e fino alle acque del Portogallo.
Accuso questa rete di aver intrecciato mercenari, funzionari e principi nello stesso gioco d’ombre.
Oggi gli archivi sequestrati a Nancy sono stati aperti ai giornalisti della KAP. Le Brigate Internazionali Libertarie annunciano che l’intero dossier sarà inviato alle potenze d’Europa: alla Confederazione Svizzera, alla Francia, al Portogallo, all’Impero Ottomano, al Regno delle Due Sicilie e a tutti coloro che vorranno ancora guardare la verità in faccia.
Perché arriva sempre un momento in cui i fatti non possono più essere soffocati.