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11/09/1474 Castille : 123 plaintes plus tard, l’exception demeure



À Osma (AAP) — Dans trois semaines, cela fera un an et demi que le décret du 3 avril 1473 a instauré en Castille un régime frontalier qui, au fil de différentes rédactions, renouvellements et états d’exception, a fini par faire du laissez-passer une pièce presque habituelle des bagages de tout étranger souhaitant traverser le Royaume. La guerre a changé, les armées sont venues puis reparties, les ennemis ont été déclarés vaincus et les décrets ont été remplacés par d’autres décrets. Une chose, pourtant, semble avoir remarquablement résisté au passage du temps : la frontière fermée.

Ce rédacteur a donc décidé de consulter le Registre des plaintes de Castille afin de tenter de mesurer ce que cette politique a réellement représenté pour la justice castillane. Le résultat est assez curieux. Entre le 1er janvier 1466 et le 2 avril 1473, un total de 121 plaintes furent enregistrées. Du 3 avril 1473 au 8 septembre 1474, on trouve en revanche 123 plaintes concernant uniquement le régime frontalier, visant au total 120 personnes différentes, certaines ayant fait l’objet de nouvelles plaintes à des dates ultérieures. Un autre chiffre mérite d’être ajouté pour remettre tout cela en perspective : le Royaume de Castille et León compte actuellement 242 habitants. Le nombre de personnes différentes passées par le registre en raison de cette seule politique équivaut donc pratiquement à la moitié de la population castillane actuelle.

On pourrait objecter, et ce serait parfaitement raisonnable, que durant une bonne partie de cette période la Castille était en guerre et qu’il est difficile de comparer une situation ordinaire à une autre où des troupes étrangères traversaient la Péninsule. Cependant, le 25 juin 1474, la Ligue Ibérique elle-même, dans un communiqué publié au nom de ses souverains et auquel figurait également la Couronne de Castille et León, annonça le succès de la campagne contre ONE. Selon ce document, les armées ennemies avaient été entièrement dissoutes et leurs soldats, accompagnés de la quasi-totalité des éléments qui leur étaient favorables, s’étaient embarqués et prenaient la fuite. L’événement fut présenté comme une victoire de la Péninsule, et ce ne sera pas ce journaliste qui discutera aujourd’hui des raisons qu’il pouvait y avoir de la célébrer.

Ce qui est plus intéressant, c’est ce qui s’est produit ensuite. Si les armées qui justifiaient les mesures exceptionnelles avaient été dissoutes, si leurs soldats fuyaient et si l’opération militaire était considérée comme victorieuse, on aurait pu s’attendre à ce que les mesures extraordinaires commencent elles aussi à battre en retraite. Cela ne semble pas avoir été le cas. Juillet est passé, puis août, et une bonne partie de septembre. Les plaintes ont continué et, dans trois semaines, ce régime atteindra dix-huit mois d’existence.

Peut-être existe-t-il encore une menace militaire dont ce journaliste ignore l’existence. Si tel est le cas, les autorités peuvent l’expliquer et la question sera réglée. Ce qui devient quelque peu plus difficile, en revanche, est d’accepter indéfiniment le mot « exception » comme explication suffisante. Une exception qui dure quelques jours est une exception ; celle qui dure quelques mois peut encore être une urgence. Lorsqu’elle approche de l’année et demie, elle commence à ressembler assez fortement à une politique d’État.

Et ce genre de politique produit des conséquences qui vont un peu plus loin que l’interdiction de passage faite aux soldats ennemis. Elle permet de décider qui entre, qui traverse le territoire, qui s’y installe, qui reçoit une autorisation et qui doit quitter la Castille. Elle permet également de décider qui est étranger, question sur laquelle ce journaliste a récemment acquis une certaine expérience personnelle.

Pendant des années, j’ai servi la Castille et León. J’ai fait partie de son Conseil, travaillé au sein de sa diplomatie et, durant plus de trois ans, j’ai été Ambassadeur de Castille et León auprès du Royaume du Portugal. Pour ces services, j’ai même reçu une distinction de la Castille elle-même. Aujourd’hui, pourtant, je suis jugé pour Trahison pour être entré dans le Royaume sans l’autorisation exigée des étrangers.

L’explication qui me fut donnée lorsque je m’enquis de ma situation était assez simple : ma résidence se trouvait à Coimbra et, par conséquent, je n’étais plus castillan mais portugais. On ne m’indiqua alors ni quelle loi avait mis fin à ma condition antérieure, ni quelle procédure avait constaté cette perte, ni à quelle date précise elle s’était produite. Coimbra se trouvait d’un côté de la frontière et la Castille de l’autre et, apparemment, cela suffisait à résumer plusieurs années de service public avec une efficacité administrative que certains tribunaux pourraient probablement envier.

Je ne conteste pas le droit de la Castille de protéger ses frontières, pas davantage que l’existence de raisons légitimes, en temps de guerre, pour contrôler les mouvements militaires. Ce serait absurde. La question est différente et, après avoir parcouru ces archives, elle me paraît beaucoup plus intéressante : quelle fonction ce régime remplit-il aujourd’hui et que doit-il se produire pour qu’il prenne fin ?

La Castille ne semble d’ailleurs pas être une extravagance isolée. Celui qui lit les nouvelles européennes de ces derniers mois rencontrera de plus en plus de frontières, de ports, d’autorisations et de laissez-passer. En France, des restrictions ont été établies dans lesquelles même les voyageurs originaires de territoires alliés doivent présenter le document approprié. Dans l’Atlantique, nous avons vu des capitaines bretons discuter avec des autorités étrangères pour savoir qui pouvait traverser certaines eaux et avec quelle permission, tandis que les chroniques qui nous parviennent de Venise jusqu’aux îles occidentales donnent une impression de plus en plus familière : avant de demander dans quel état se trouve la route, il convient désormais de découvrir qui possède l’autorité de nous permettre de l’emprunter.

Il existe toutefois une exception assez curieuse. Genève a choisi d’annoncer pratiquement le contraire. Ses portes demeurent ouvertes même aux proscrits et ses autorités se vantent de ne pas exiger de laissez-passer pour entrer, commercer, travailler ou voyager, à condition que les querelles venues d’ailleurs restent hors de ses murailles. Dans une Europe qui semble se découvrir une passion croissante pour les autorisations, il devient presque exotique de voir un territoire considérer que laisser passer les gens peut également constituer une politique.

Peut-être qu’à l’occasion de ce dix-huitième mois quelqu’un expliquera quel danger concret continue de rendre indispensable l’État d’Exception, quelles conditions doivent être réunies pour le lever et pourquoi une mesure créée pour répondre à une situation militaire exceptionnelle continue de produire des plaintes alors que les communiqués officiels ont eux-mêmes proclamé la dissolution et la retraite des armées ennemies. Il existe peut-être une réponse parfaitement raisonnable, et ce journaliste sera ravi de la publier.

En attendant, il reste les archives, qui ont généralement la fâcheuse habitude de conserver les chiffres : la Castille et León a eu besoin de plus de sept ans pour enregistrer 121 plaintes de toutes sortes. Il aura suffi à la frontière de moins d’un an et demi pour en produire 123 à elle seule.

Brigal pour l'AAP agence des Terres au Milieu

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11/09/1474 Genève, le sanctuaire de papier à l'épreuve du fer



À Genève (AAP) - Il y a des légendes qu'on aime raconter le soir au coin du feu : celle du havre de paix genevois, sanctuaire sacré où nulle lame ne se dégaine, en fait partie. Elle a pris, cette semaine, un coup de vieux particulièrement sévère, cinq cadavres à Annecy, un prévost impérial troué de flèches, et une armée entière plantée devant les remparts pendant qu'à l'avoyerie, on s'échange des politesses par courrier.

Les Brigades internationales libertaires et le Clair Obscur ont signé l'attentat contre le prévost impérial Jory avec la fierté du travail bien fait, égrenant leurs griefs contre l'Ordo Negrum Equites comme on récite un chapelet : vieille embuscade, vieilles campagnes, vieilles amitiés compromettantes. Leur porte-parole Gianlupo, fraîchement débarqué, a eu la décence de promettre qu'on ne s'égorgerait pas sur le sol suisse, promesse qui vaut ce que valent en général les promesses de ceux dont l'armée campe déjà aux portes de la ville sous commandement de la Capitaine Malena. On appelle ça la diplomatie du fait accompli.

À lire : De l’embuscade

Sir_biss, lui, joue une partition savoureuse : Genevois également, chef du clan Dark Brotherhood et mercenaire au service de l'Empire, il s'étrangle d'indignation qu'on ose parler de « controverse » là où lui voit une agression sur le sol sacré de la Confédération. Beau réflexe patriotique, venant d'un homme dont l'épée est payée par les mêmes puissances impériales que les BIL passent leur temps à cribler de flèches. La morale helvétique, chez les mercenaires, semble avoir la géométrie variable, élastique selon qui signe la solde.

Et au centre de ce théâtre, l'Avoyer Izaac, garant officiel du calme genevois, déploie l'arsenal complet de son impuissance : des lettres, des vœux pieux, et, sommet de la dissuasion, la menace de démissionner si le sang coule. On imagine les brigadistes et les mercenaires trembler à cette perspective vertigineuse. Sa seule offre concrète reste d'inviter tout ce beau monde à aller s'entretuer en Savoie plutôt que sur les rives du Léman, comme si un massacre déplacé de trente lieues cessait d'être un massacre.

Genève peut continuer d'écrire sur ses murs qu'elle est un sanctuaire et la plus petite métropole cosmopolite de l'Aristotélité. La réalité, elle, campe aux portes avec une bannière et une armée, pendant que son gouvernement rédige des courriers. Entre les valets de l'Ordo et ceux qui prétendent le combattre, personne n'aura été épargné par la tempête des haines qui souffle depuis deux ans sauf, peut-être, l'illusion tenace que Genève y échapperait.

À lire : L'armée est aux portes de la ville


Gaspard de la Goupille dit Gégé, pour l'AAP agence des Terres au Milieu

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10/09/1474 en Provence, une pelletée supplémentaire



À Arles (AAP) - Suite à notre précédente édition consacrée à la neutralité provençale et à ses multiples nuances, Madame Sylithsenjak a tenu, dans les règles, à exercer son droit de réponse. Loin de nous l'idée de la lui refuser, la maison a bonnes manières, et c'est peu dire que l'exercice valait le déplacement.

À lire : en Provence, combattre pour l'Empire, c'est du courage

Car voilà notre vice-chancelière, boîte sous le bras et sourire de circonstance, venue rectifier deux ou trois broutilles : non, ce n'est pas Fred de Cianfarano qui a combattu les ONE avec les Hospitaliers, mais bel et bien son épouse, non, la Provence n'a rien signé avec la France, seulement rafraîchi ses sceaux avec l'Empire, et non, elle-même n'était pas vautrée dans un fauteuil pendant que d'autres se battaient, ayant elle-même brisé une armée en Franche-Comté. Le tout enrobé d'une pique sur l'amateurisme du journaliste (moi ndlr) qui aurait, paraît-il, confondu les Cianfarano.

Sauf que la précision appelle la précision. Et c'est là que l'affaire se corse joliment : l'intéressée elle-même, la fameuse épouse en question, est venue remettre quelques pendules à l'heure, sur qui a réellement combattu où, sur qui a rapporté sa présence à qui, et surtout sur cette délicieuse ironie qu'une noble partie se battre contre la Provence en Bretagne se soit permis de dénoncer un noble parti se battre contre les ONE. Comme quoi, en matière de neutralité, chacun semble avoir sa propre calculette.

Puis un ancien noble déchu, jamais avare d'un bon mot ni d'une citation d'archives, s'est invité pour rectifier à son tour qui, exactement, avait prononcé la formule sur les capitaines coulés qui « n'avaient qu'à pas prendre la mer » et pour dérouler, articles à l'appui, ce fameux traité avec l'Empire qui, décidément, ressemble beaucoup moins à une libre alliance qu'à une laisse bien ajustée.

Et notre vice-chancelière, sentant sans doute le terrain se dérober sous ses chausses, a fini par conclure que « tout ceci ne regardait que la Noblesse de Provence » formule qui, appliquée par une noble elle-même partie prenante du débat, a suscité un sourire poli mais appuyé chez son interlocutrice, laquelle n'a pas manqué de le lui faire remarquer, archives à l'appui.

Pour la suite, mes bons lecteurs, la maison ne saurait mieux faire que de vous inviter à lire l'échange dans son intégralité : on y apprend beaucoup sur les Cianfarano, un peu plus sur les traités impériaux, et aussi énormément sur l'art délicat de vouloir clore un débat qu'on vient de rouvrir.

À lire : Je voudrais apporter quelques précisions


Lebaudet pour l'AAP agence des Terres au Milieu

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09/09/1474 les tribulations de dame Naudéas en pays d'Arles



À Arles (AAP) - Où l'on verra que vieille chouette avisée finit par trouver le hibou à qui parler.

Or donc, mes bonnes gens, il était une fois une dame point sotte, ayant déjà usé ses jupons dans mainte mairie de par le royaume, qui vint s'installer à Arles avec son époux et deux compagnons de route, tout droit venus de Chambéry-en-Savoie, terre où, parole de dame, on ne communique pas plus qu'une carpe muette.

Premier jour, la vieille chouette, connaissant les rouages comme sa poche, se dit : "Pour le Codex, ce sera vite fait." Que nenni ! La voilà partie arpenter le dédale du Château comtal, montant, descendant, tournant sept fois dans le corridor avant de trouver enfin le précieux registre des lois, lequel, soit dit en passant, ne correspondait déjà plus tout à fait aux chemins indiqués sur les affiches de la gargote.

Deuxième surprise, et de taille : au bout d'une petite semaine à peine posée dans ses meubles, voilà notre dame sommée de payer l'impôt comtal ! Non que la bourse lui manquât, mais un petit mot d'accueil, cela n'aurait point mangé de pain. Que du silence. Quant à la mairie, coupable toute désignée de ce mutisme, on ne peut hélas lui jeter la pierre bien fort, la dame n'ayant pas encore eu le loisir de croiser sa maire, le tribun d'Arles, lui, semblait avoir élu domicile sous les oliviers, bercé par le chant des cigales, dans une sieste si profonde qu'aucune doléance ne fut jamais en mesure de l'en tirer.

Vint alors une demoiselle du Conseil, portant sous le bras la réponse officielle : le Conseil comtal siège au Château d'Aix, les comptes sont publiés chaque semaine, les lois sont rangées bien au chaud là-haut, et pour le reste on veut bien vous expliquer, venez donc chercher vous-même. Notre dame, qui espérait un mot clair plutôt qu'une nouvelle course au trésor, tourna les talons en haussant un sourcil, remerciant poliment mais sans grand enthousiasme, telle une aïeule qu'on prie d'aller consulter elle-même l'almanach plutôt qu'on lui en récite la page.

Mais c'était sans compter sur la Comtesse en personne. Dame Hersende, magnificence en chair et en os, courut rattraper notre chouette avant qu'elle ne s'envole définitivement, et lui expliqua, avec la patience d'une mère apprenant l'alphabet à son petit : la salle du Conseil est ouverte à tous, les comptes s'y affichent chaque semaine, on y voit passer colorants, céréales, salaires des mineurs, tout un inventaire de fourmi laborieuse, et le programme de mandat y fut dûment placardé dès le premier jour, avec mise à jour tous les quinze jours. Bref, la transparence existait bel et bien, simplement, il fallait, pour la voir, consentir à entrer dans la pièce plutôt que d'attendre qu'elle vînt frapper à sa porte.

Notre dame, apaisée mais pas tout à fait convaincue, fit sa révérence et expliqua à son tour, avec le bon sens d'une ancienne maire qui savait qu'écrire aux habitants prenait cinq minutes et évitait bien des malentendus : elle ne demandait pas la lune, juste qu'on prévînt les nouveaux venus avant qu'ils ne tombent des nues devant un impôt. Elle glissa au passage qu'elle avait bien vu le recrutement de maréchaux et de soldats inscrit au programme, mais là encore, silence clocher, pas un mot en gargote de sa province ni en halle de son village.

Et la Comtesse, fidèle au poste, revint alors avec le détail complet : l'impôt tombe toutes les quatre semaines, modeste, indispensable, car la mine d'or d'Aix, village clairsemé de 41 âmes, peine parfois même à couvrir le salaire de ses propres mineurs, d'où ces remerciements chaleureux à tous les Arlésiens montés piocher, et cette invitation à pousser jusqu'à Brignoles pour l'argile, pendant qu'on y est. Quant aux maréchaux, c'est la Prévôt qui recrute, deux par village en moyenne, poste ouvert à qui voudrait s'y essayer, quant aux soldats, on n'en recrute point à proprement parler, mais patience, la Défense civile viendra frapper à la porte des nouveaux arrivants une fois qu'ils auront pris racine.

Sur ce, notre dame, désormais fixée sur l'essentiel, sourit franchement et révéla le fin mot de sa venue : un projet de famille cher à son cœur, mené avec Sandino et Zé, autour d'un certain Foncet dont, visiblement, tout le monde en Provence commençait à avoir soupé qu'on lui en parlât. Elle rassura tout de même l'assemblée qu'elle avait déjà suffisamment donné en gardant une couronnée française du nom d'Armoria pour ne pas se précipiter vers maréchaussée ou soldatesque, mais que son épée, elle, resterait toujours fidèle au comté ou duché où elle poserait ses valises, Provence comprise. Et pour finir, en bonne ancienne édile qu'elle était, elle glissa une suggestion pleine de bon sens paysan : et si l'on imposait une ou deux journées de mine par semaine à chaque villageois, preuve à l'appui ? Ça ne mangeait pas de pain de le proposer.

Moralité de l'histoire, mes bonnes gens : entre un Château tortueux, une demoiselle qui renvoie aux archives, une Comtesse qui finit par tout expliquer de bonne grâce, et un tribun toujours endormi sous ses oliviers, la transparence, en Provence, existe bel et bien. Elle demande juste, parfois, qu'on vienne soi-même la secouer un peu pour la réveiller.

À lire : soyez la bienvenue en Provence !


Isadora Cancredi, commère professionnelle, pour l'AAP agence des Terres au Milieu

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07/09/1474 madame Gascogne n'a même pas eu le temps de se recoiffer



À Mimizan (AAP) - Tambour battant et la plume dans le séant, l'Ordo Negrum Equites a pénétré Mimizan. Force est de constater que l'affaire fut aussi brève que silencieuse : le temps de vider une bourse, de couler une caraque et deux naves, et hop, on se rhabille en vitesse en se félicitant tout haut de sa prouesse comme ces amants pressés qui confondent la rapidité avec le talent et qui repartent avant même que la chandelle soit soufflée.

Madame Gascogne, elle, attendait sans doute un peu plus d'ardeur pour un événement qu'on nous vend comme historique. Trois mille écus dérobés à la mairie, deux navires au fond de l'eau : voilà, en somme, tout ce que peut produire une "chevauchée" quand elle ne dure que le temps d'un aller-retour sous le porche. On repartira fanfaron, on écrira des lettres pour raconter combien c'était grandiose, mais la belle, elle, restera sur sa faim, se demandant le jupon retroussé, un peu penaude, si elle a vraiment été conquise ou simplement chatouillée en passant.

Reste que la leçon, elle, est amère et bien réelle sous le vernis galant : une mairie qui laisse sa bourse sur la table de chevet, une flotte qui rétrécit navire après navire, des officiers qui commentent la déroute avec l'aplomb serein de qui n'a pas encore compris qu'on lui parle de sa propre maison mise à sac pendant qu'il dormait. On peut bien sourire de la brièveté de l'assaut, on ferait mieux, la prochaine fois, de fermer la porte à clé entre deux chevauchées, plutôt que de la laisser sur le loquet en se croyant irrésistiblement bien gardée.

À lire : Nous frapperons votre Royaume


Gaspard de la Goupille dit Gégé, pour l'AAP agence des Terres au Milieu

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Cours

Product Price Variation
Loaf of bread 4.56 -0.28
Fruit 9.92 0
Bag of corn 3.7 0.87
Bottle of milk 9.48 0.11
Fish 20.26 0.06
Piece of meat 12.25 0.13
Bag of wheat 10.89 -0
Bag of flour 12.88 1.64
Hundredweight of cow 20.53 0.33
Ton of stone 10.44 -0
Half-hundredweight of pig 15.41 0.05
Ball of wool 10.86 -0.14
Hide 16.32 -0.06
Coat 49.5 0
Vegetable 9.38 -0.18
Wood bushel 4.19 0.08
Small ladder 20.18 0
Large ladder 68.02 0
Oar 20 -0
Hull 36.49 0
Shaft 8.16 -0.14
Boat 99.33 0.63
Stone 18.32 -0.11
Axe 150.74 0
Ploughshare 38.44 0
Hoe 30 0
Ounce of iron ore 11.52 0.2
Unhooped bucket 21.88 0
Bucket 37.73 0
Knife 17.89 0
Ounce of steel 49.04 -0.06
Unforged axe blade 53.91 0
Axe blade 116.44 0
Blunted axe 127.79 -2.51
Hat 53.38 0.08
Man's shirt 119.57 0.12
Woman's shirt 121.14 0
Waistcoat 141.4 0
Pair of trousers 74.61 -0.09
Mantle 257.82 0
Dress 265.04 -0.2
Man's hose 45.63 -0
Woman's hose 44.32 0
Pair of shoes 27.53 -0.01
Pair of boots 86.57 0
Belt 45.2 -0
Barrel 12.02 0
Pint of beer 0.82 0
Barrel of beer 66.51 2.5
Bottle of wine 1.66 0
Barrel of wine N/A N/A
Bag of hops 19.34 0
Bag of malt 10 0
Sword blade 101.19 0
Unsharpened sword 169.69 0
Sword 146.48 -0.07
Shield 36.91 0
Playing cards 73.55 -0
Cloak 180.72 0
Collar 68.35 -0.06
Skirt 135.35 0
Tunic 222.36 0
Overalls 115.73 0
Corset 117.2 0
Rope belt 53.86 0
Headscarf 60.73 0
Helmet 164.91 0
Toque 48.61 0
Headdress 79.65 0
Poulaine 64.02 0
Cod 11.36 0
Conger eel 12.81 0
Sea bream 18.31 0
Herring 17.43 0
Whiting 17.42 0
Skate 12.16 0
Sole 18.11 0
Tuna 12.51 0
Turbot 18.02 0
Red mullet 16.53 0
Mullet 12.47 -0
Scorpionfish 20.5 0
Salmon 16.51 0
Arctic char 12 0
Grayling 14.77 0
Pike 17.6 0
Catfish N/A N/A
Eel 15.09 0
Carp 17.98 0.03
Gudgeon 17.68 -0.04
Trout 17.51 0
Pound of olives 13.38 0
Pound of grapes 9.18 0
Sack of barley 10.67 0
Half-hundred weight of goat carcasses 18.99 0
Bottle of goat's milk 12.81 0
Tapestry 143.6 0
Bottle of olive oil 121.94 -0
Jar of agave nectar N/A N/A
Bushel of salt 19.89 0
Bar of clay 3.43 -0
Cask of Scotch whisky 93.32 -0
Cask of Irish whiskey 131.27 0
Bottle of ewe's milk 10.57 0
Majolica vase 10 0
Porcelain plate N/A N/A
Ceramic tile N/A N/A
Parma ham 84.97 0
Bayonne ham 34.65 -0
Iberian ham 70.28 0
Black Forest ham 54.72 0
Barrel of cider 51.16 0
Bourgogne wine 76.22 0
Bordeaux wine 60.89 0.31
Champagne wine 141.21 -5.25
Toscana wine 33.69 0
Barrel of porto wine 87.44 0
Barrel of Tokaji 163.71 0
Rioja wine 159.19 0
Barrel of Retsina 36.79 -0
Pot of yoghurt 85.17 -0
Cow's milk cheese 77.07 0
Goat's milk cheese 85.06 2.5
Ewe's milk cheese 52.26 0
Anjou wine 50.88 -0
Ewe carcass 15.03 0
Mast 456.7 0
Small sail 215.71 0
Large sail 838.79 0
Tumbler of pulque N/A N/A
Jar of pulque N/A N/A