Bordeaux (AAP) - Mon dernier voyage nautique pour le plaisir ou les affaires remonte à mai 1472 ; un comble pour ce marin de métier.
Un constat amer qui me vient à l’esprit, ce matin, au réveil. Est-ce la morosité automnale qui commence à se faire sentir au fond de l’air ? Cette note d’humidité qui me rappelle le goût des embruns et cette fâcheuse sensation que l’on a - à bord d’une bâtisse - de ne jamais vraiment être totalement sec ?
Oh, j’ai pris la mer, depuis. Pour la marine, pour le combat, pour la France, épaule contre épaule avec des compagnons d’armes aux regards sévères et portant tous ce passager clandestin au fond de nos ventres qui nous rappelle en permanence que ce voyage sera peut-être le dernier. Expédié çà et là au gré de nos amiraux, chassé du Nord au Sud et d’Est en Ouest par la horde de caraques naviguant sous les couleurs moroses de l’Ordo Negrum Equites (O.N.E.) - une valse, certes, mais pas celle que j’aime danser : à la barre de mon propre navire, dans les bras de Neptune, sur la mélodie toujours changeante d’Éole. Et pendant cette pavane forcée, j’ai dû, avec nombre autres citoyens de nos villes côtières, regarder de loin l’O.N.E. couler ma nave génoise à quai.
Lire, donc, les dernières recommandations des autorités irlandaises concernant la navigation maritime me retourne le ventre. Des laissez-passer nautiques ? Une permission de naviguer qui n’accorde pas celle d’amarrer, et vice-versa ? Un flot ininterrompu de pigeons à destination de Dublin pour informer de ses mouvements ainsi que de chaque voile aperçue à l’horizon ? Mes condoléances aux employés du grand colombier irlandais. Tout cela me semble n’accomplir qu’un but – rendre la navigation trop compliquée pour le commun des mortels. Quel marchand voudra investir dans le transport maritime lorsque du jour au lendemain sa marchandise pourra être envoyée par le fond au détour d’une information mal-transmise entre la cour de Dublin et ses capitaines ? Quel capitaine souhaitera faire construire un ferry lorsqu’il ne pourra pas assurer à ses passagers d’arriver à bon port sur une lubie de l’amiral irlandais de ne pas le laisser amarrer ? Quel aventurier osera prendre le large à la découverte de terres nouvelles lorsqu’il sait qu’outre les vents, les vagues, et l’inconnu, il lui faudra aussi survivre aux canons O.N.E. ? Quel marin qui rêve de diriger son propre navire pourra se permettre de mettre des milliers d’écus en jeu sans savoir s’il pourra même sortir de cale-sèche sans se faire bombarder ?
La mer telle que je l’ai connue – libre, infinie, inconnue et inconnaissable – est morte, et je suis en deuil de mon amour. Elle rétrécit à vue d’œil, emporte avec elle une pléthore de rêves qui ne seront jamais, et le monde en devient plus terne chaque jour. Alors qu’elle en était un refuge, elle devient progressivement une simple extension des États de Droit que l’on retrouve à terre, où chaque action est soumise à et validée par un pouvoir public omniscient. Il n’est pas question de savoir qui de la France ou de l’O.N.E. gagnera dans la guerre qui les oppose : je n’ai aucun doute que si les positions étaient inversées, la marine française exercerait un contrôle similaire. La vraie tragédie de la guerre, ce n’est pas la mort des soldats qui y participent de leur plein gré - ce sont les victimes innocentes : les non-belligérants qui se trouvent sur les chemins des armées, la présomption d’innocence, la liberté de mouvement.
Aujourd’hui, seuls deux types de personnes peuvent prendre le large : les inconscients, et les méprisables larbins d’un système panoptique duquel s’échapper semble de moins en moins plausible. Je ne suis ni l’un ni l’autre, et ma punition pour cela est un éternel mal de terre.
Ladzserus, pour l'AAP, agence de France
* * * * * * *
Article validé par Ladzserus, Rédacteur en Chef de la KAP France.
Vous voulez un droit de réponse RP ? Rendez-vous à l'accueil de l'AAP
Vous voulez signaler une infraction à la Charte KAP auprès du collège des Rédacteurs en Chef ? Rendez-vous au siège international de la KAP
* * * * * * *
15/09/1474Elections au conseil du Comté du Périgord : BARBIE 3.0 recueille la majorité absolue des sièges
PARIS (AAP) - La liste Barbie ize baque mozeur f*queur est arrivée en tête lors de l'élection au conseil de Comté du Périgord, et obtient la majorité absolue des sièges. Elle pourra donc gouverner seule.
Les membres du conseil reconnaîtront le prochain Duc d'ici à deux jours. Ce dernier devra alors présenter ses hommages à son souverain, et nommer aux principales charges du Duché.
13/09/1474Elections au conseil du Duché d'Alençon : PIF.PAF recueille la majorité absolue des sièges
PARIS (AAP) - La liste Pleïade d'Incorruptibles et Fiers, Profondément Alençon est arrivée en tête lors de l'élection au conseil de Duché d'Alençon, et obtient la majorité absolue des sièges. Elle pourra donc gouverner seule.
Répartition des suffrages exprimés :
1. "Pleïade d'Incorruptibles et Fiers, Profondément Alençon" (PIF.PAF) : 100%
La répartition des sièges au scrutin à la proportionnelle conduit à une nouvelle répartition des postes du conseil :
Les membres du conseil reconnaîtront le prochain Duc d'ici à deux jours. Ce dernier devra alors présenter ses hommages à son souverain, et nommer aux principales charges du Duché.
12/09/1474au fond de la Garonne
À Bordeaux (AAP) - Le vent qui souffle sur la mer Océane porte ce matin une odeur de poudre et de bois brûlé, et les tavernes du port n'ont plus assez de tables pour accueillir tous ceux qui viennent en débattre.
On dit, et le crieur ne fait ici que répéter ce que les langues les plus promptes colportent depuis l'aube, qu'une caraque bretonne, le Kregan, gît désormais par le fond, dans le port même de Bordeaux, coulée cette nuit par les canons d'Irlande.
Le capitaine, un certain Floriantis, dit Alcapari, un blond taiseux qu'on dit plus habile au gouvernail qu'à la plume, quoique la journée d'hier ait prouvé le contraire, a survécu, à ce qu'on raconte, et n'a guère tardé à faire savoir, de sa voix comme de son écritoire, qu'il n'entendait pas se laisser peindre en traître sans répondre.
De l'autre côté de la mer, le procureur d'Irlande, plume affûtée et verbe assuré, avait pourtant posé son réquisitoire dès le matin sur toutes les places bretonnes : le Kregan, disait-il, arborait un sauf-conduit français, preuve suffisante à ses yeux qu'il s'était rangé sous les lys, en pleine guerre contre la Bretagne elle-même.
Faux, a rétorqué le capitaine, encre encore fraîche. Son navire n'a jamais porté que le pavillon breton, désormais au fond de la Garonne, a-t-il précisé avec une amertume qu'on devine sous les mots. Il n'était à quai que pour attendre sa fille, personne à bord, aucune bataille livrée, aucun serment prêté à quelque couronne que ce soit.
Et comme si la querelle n'était pas déjà assez vive, une voix anonyme s'est invitée dans le débat pour rappeler, d'un ton qu'on dirait presque amusé, qu'un autre navire, le Louarnig, avait connu même sort à Dunkerque, et que la règle, en somme, ne varierait jamais : port français, sauf-conduit français, canons irlandais.
Et pendant qu'on se dispute sur les quais, les autorités de Dublin ont tenu, elles, à rappeler haut et clair les règles de la mer : Pour la sécurité de tous les capitaines, on ne le répétera jamais assez : 1. Nul ne navigue en Atlantique, de Gibraltar aux Flandres, sans laissez-passer irlandais dûment accordé. 2. Nul n'accoste dans un port du Royaume de France sans ce même laissez-passer. 3. L'un ne vaut pas l'autre. Qui a la permission de naviguer n'a pas pour autant celle d'accoster, et réciproquement.
Les demandes, précise-t-on du côté irlandais, sont à adresser aux canaux prévus à cet effet, avant de prendre la mer plutôt qu'après en avoir bu la tasse.
* * * * * * *
Article validé par Ladzserus, Rédacteur en Chef de la KAP France.
Vous voulez un droit de réponse RP ? Rendez-vous à l'accueil de l'AAP
Vous voulez signaler une infraction à la Charte KAP auprès du collège des Rédacteurs en Chef ? Rendez-vous au siège international de la KAP
* * * * * * *
11/09/1474Elections au conseil du Comté du Languedoc : U.L. recueille la majorité absolue des sièges
PARIS (AAP) - La liste Union des Languedociens est arrivée en tête lors de l'élection au conseil de Comté du Languedoc, et obtient la majorité absolue des sièges. Elle pourra donc gouverner seule.
Répartition des suffrages exprimés :
1. "Union des Languedociens" (U.L.) : 100%
La répartition des sièges au scrutin à la proportionnelle conduit à une nouvelle répartition des postes du conseil :
Les membres du conseil reconnaîtront le prochain Duc d'ici à deux jours. Ce dernier devra alors présenter ses hommages à son souverain, et nommer aux principales charges du Duché.