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03/08/1474 Le naufrage d'Elizéar ou l'épreuve de la souveraineté française
À Dunkerque (AAP) - Il advient quelquefois qu'un seul événement découvre davantage la condition d'un État que les plus longues délibérations de ses conseils.
À Dunkerque, un navire breton, demeuré à quai dans un port relevant du Royaume de France, fut réduit en épaves sous le feu de deux caraques de l'Ordo Negrum Equites . Son capitaine, Elizéar O'Callaghan , reçut ensuite avis qu'il lui était interdit d'accoster sur les côtes françaises sans permission de l'Irlande. Ainsi les eaux d'un royaume furent le théâtre d'un commandement étranger, tandis que le bois flottant emportait avec lui une interrogation dont la portée excède de beaucoup la perte d'un seul bâtiment.
Le malheur d'un particulier est toujours digne de compassion, mais il n'acquiert une véritable importance politique que lorsqu'il révèle l'état de la puissance publique. Car il ne s'agit plus ici d'un navire coulé, mais de savoir à qui appartient véritablement l'autorité sur les mers où il a sombré. Les échanges qui suivirent ce naufrage ne furent point seulement des querelles entre Bretons, Irlandais ou représentants de l'ONE. Ils mirent au jour une question plus essentielle : qu'est-ce qu'un royaume lorsque d'autres que lui paraissent exercer les droits qu'il revendique encore ?
À lire : Voila trois jours que j'attends qu'on daigne me répondre
Il est de la nature de toute République que la souveraineté soit une, entière et indivisible. Là où plusieurs commandent concurremment, nul ne commande véritablement. Le sujet ne peut obéir à deux maîtres sans que l'autorité de l'un ne soit diminuée par celle de l'autre. Or les récents événements offrent un spectacle singulier.
D'une part, la Couronne de France rappelle solennellement que ses espaces maritimes demeurent fermés aux navires étrangers, que nul ne peut y circuler sans l'autorisation de son Amirauté, et que la garde de ses côtes relève de son autorité souveraine. Les formes du pouvoir sont observées avec toute la gravité convenable : proclamation royale, sceaux, chancellerie et rappel des anciennes ordonnances.
D'autre part, les faits rapportés par les protagonistes présentent une réalité d'une tout autre nature. Ce n'est point l'Amirauté de France qui paraît décider des mouvements des navires bretons, mais l'Irlande. Ce n'est point la France qui est invoquée lorsqu'il s'agit d'obtenir l'autorisation de naviguer, mais l'Irlande. Ce n'est point davantage une puissance française qui revendique avoir détruit le bâtiment d'Elizéar, mais les représentants de l'ONE eux-mêmes, lesquels assument publiquement leurs actes et les justifient comme relevant de leurs propres intérêts. Ainsi apparaît une distinction qu'il convient de ne jamais confondre.
Les édits sont les marques de la souveraineté. L'exécution en est la substance. Publier une défense est un acte de gouvernement, empêcher qu'un autre ne gouverne à votre place est l'essence même du pouvoir. Car la souveraineté ne consiste point à écrire le droit, elle consiste à faire qu'il n'en soit point reconnu d'autre.
Il n'est dès lors guère surprenant que l'auteur de la réponse irlandaise tourne en dérision la proclamation française en demandant par quels navires la Couronne entend faire respecter l'interdiction qu'elle vient de renouveler. La moquerie serait vaine si elle ne trouvait appui dans les événements mêmes qu'elle prétend commenter. Plus remarquable encore est le silence qui entoure cette affaire.
Le capitaine breton interpelle la souveraine sans obtenir réponse. Il annonce vouloir porter son grief devant la Reyne de France, comme si celle-ci représentait encore un recours possible. Pourtant, dans toute cette controverse, le Royaume n'apparaît jamais comme l'acteur principal. Il est cité, attendu, invoqué, rarement il agit. C'est là sans doute ce qui mérite le plus d'attention.
Il existe des États qui perdent des batailles sans rien perdre de leur majesté. Il en est d'autres qui conservent tous les signes extérieurs de la puissance tandis que l'exercice de celle-ci leur échappe peu à peu. Les sceaux demeurent. Les proclamations sont publiées. Les officiers continuent de parler au nom de la Couronne. Mais si un pouvoir étranger détermine effectivement qui navigue, qui mouille, qui commerce et qui peut être frappé jusque dans les ports du royaume, alors la souveraineté cesse d'être une réalité pour devenir une apparence.
Il ne revient point ici de juger les intentions des princes ni les causes particulières de cette crise. Les circonstances changent, les alliances se font et se défont, les guerres altèrent souvent l'ordre ordinaire des choses. Mais une maxime demeure. La République ne se conserve point par la seule autorité des ordonnances. Elle se conserve lorsque chacun sait qu'il n'est, dans les limites du royaume, qu'une seule volonté capable de commander et une seule puissance capable de contraindre.
L'affaire d'Elizéar ne sera peut-être demain qu'un épisode parmi d'autres des querelles maritimes de ce temps. Toutefois, si l'Histoire devait retenir quelque enseignement de ces journées, ce ne serait pas le naufrage d'un navire, mais cette étrange situation où le Royaume de France continue de proclamer sa souveraineté tandis que d'autres semblent, sur ses propres rivages, en exercer les attributs.
Jean Bodin pour l'AAP, agence de France
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03/08/1474 Elections au conseil du Duché de Touraine : JDF recueille la majorité absolue des sièges
PARIS (AAP) - La liste Les Jardins de France est arrivée en tête lors de l'élection au conseil de Duché de Touraine, et obtient la majorité absolue des sièges. Elle pourra donc gouverner seule.
Répartition des suffrages exprimés :
1. "Les Jardins de France" (JDF) : 100%
La répartition des sièges au scrutin à la proportionnelle conduit à une nouvelle répartition des postes du conseil :
1 : Margaux__ (JDF)
2 : Xerxes69 (JDF)
3 : Nymphea_lydja (JDF)
4 : Gaelant.mirandole (JDF)
5 : Mary.louise (JDF)
6 : Thes (JDF)
7 : Leinad (JDF)
8 : Alexianerra (JDF)
9 : Yanika_de_thuret (JDF)
10 : Rebelle.rouge (JDF)
11 : Gerfried (JDF)
12 : Bloemer (JDF)
Les membres du conseil reconnaîtront le prochain Duc d'ici à deux jours. Ce dernier devra alors présenter ses hommages à son souverain, et nommer aux principales charges du Duché.
02/08/1474 Elections au conseil du Comté de Toulouse : UNI recueille la majorité absolue des sièges
PARIS (AAP) - La liste Union du toulousain est arrivée en tête lors de l'élection au conseil de Comté de Toulouse, et obtient la majorité absolue des sièges. Elle pourra donc gouverner seule.
Répartition des suffrages exprimés :
1. "Union du toulousain " (UNI) : 55.3%
2. "Demain Toulouse" (DT, d’é) : 44.7%
La répartition des sièges au scrutin à la proportionnelle conduit à une nouvelle répartition des postes du conseil :
1 : Taneis (UNI)
2 : Susi (UNI)
3 : Liam_cesar (UNI)
4 : Franca (UNI)
5 : Clodion (UNI)
6 : Wilfred (UNI)
7 : Ceriera (DT, d’é)
8 : Yoshi (DT, d’é)
9 : Awen (DT, d’é)
10 : Aldindethau (DT, d’é)
11 : Amaylia (DT, d’é)
12 : Damsy (UNI)
Les membres du conseil reconnaîtront le prochain Duc d'ici à deux jours. Ce dernier devra alors présenter ses hommages à son souverain, et nommer aux principales charges du Duché.
29/07/1474 En Anjou : des bleus, des écus, et des Canards Dorés
Angers (AAP) - Il n'y a pas si longtemps que cela, nous vous racontions le combat de Couisses ayant eu lieu à Angers. Maintenant, l'Anjou persiste et signe dans sa prédilection pour l'affrontement en annonçant le Pas d'Armes angevin.
Je vous entends déjà râler : « Encore un concours de lice ? Mes bleus de la dernière se sont à peine effacés ! » Pas tout à fait. Car si oui, tournoi de lice il y aura, le Duc Jehan de l'Archiduché voit les choses en grand, et d'autres événements viendront rythmer la fin août.
Tout d'abord, à la manière de la Purge limousine ou de la Marave genevoise, une bataille générale sera organisée dans la campagne entre Angers et Saumur du 21 au 25 août. On adresse une pensée aux joyeux voyageurs inconscients qui ne liront ni les annonces ducales, ni cet article, paix à leurs bourses. Il sera aussi question de chasser les Canards Dorés, chargés de richesses à la manière d'un Dindon limousin.
Puis, le 25 août, sans même prendre le temps de soigner ses bobos, il faudra repartir à l'assaut : deux armées rivales, l'une d'Anjou, l'une de Saumur, se rencontreront sur la même parcelle de campagne déjà retournée par la Marave pour achever ce qui restera des touristes et - accessoirement - savoir laquelle des deux osts sera la plus forte. Les vainqueurs se partageront les frais d'inscription de tout le monde, majorés d'une prime de 5000 écus.
Enfin, une fois rentrés victorieux (ou pas), ce sera enfin le tour des lices, où Jehan exhorte tous les mécontents à venir prendre revanche sur ceux qui les auraient déçus, trahis, ou abandonnés durant les précédentes épreuves. Le champion suprême gagnera le droit de choisir un office au sein de l'Anjou. C'est certainement l'entretien d'embauche le plus rude dont nous avons connaissance.
Le calendrier angevin de la fin de l'été semble donc bien plein. L'Archiduché revendique à nouveau sa différence, à la fois par la nature des événements, toujours plus gros qu'ailleurs, mais aussi par le ton décontracté et autodérisif de l'annonce ducale, bien différent des annonces d'autres duchés où l'on se demande comment fait l'élite pour s'asseoir sur leurs trônes tant le balai doit être fermement logé là -haut. L'Anjou reste fidèle à lui-même : tapageur, volontiers insolent, rarement indifférent. On en ressort avec des bleus, des écus, et toujours de quoi raconter dans les tavernes.
A lire :
Le Pas d'armes de l'Archiduché - inscription
Ladzserus, pour l'AAP, agence de France
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28/07/1474 Chronique immobilière : les Royaumes poussent les murs
Montpellier (AAP) - C'est depuis une auberge des environs de Montpellier que la grande nouvelle m'est parvenue. J'étais venu admirer les oliviers, me voilà finalement à écouter des marchands débattre de l'emplacement idéal d'un mur celtique.
Même sur les places ensoleillées du Midi, entre deux verres d’anisette et quelques olives, il n'est plus question que de toitures, d'agrandissements et de prospérité.
Il faut croire que les bâtisseurs du Royaume ne dorment jamais.
À peine avions-nous compris comment fonctionnaient les ruches, que voilà les architectes qui décident de revoir entièrement notre façon d'habiter. Les prières les plus ferventes de nos femmes d’intérieur ont été entendues : Désormais, deux nouveaux modèles de demeures voient le jour, chacun pouvant être coiffé de deux types de toitures.
Les plus fortunés lorgnent déjà vers les tuiles les plus élégantes. Il paraît qu'elles sont façonnées par de mystérieux artisans venus de contrées très lointaines, dont les services se monnaient à prix... disons... particulièrement princiers. Certains parlent même d'un impôt volontaire destiné aux Dieux Bâtisseurs eux-mêmes. Qui sommes-nous pour remettre leurs voies en question ?
Mais le véritable bouleversement est ailleurs.
Les habitants vont enfin pouvoir respirer.
Jusqu'à présent, il fallait souvent choisir entre une table, des chaises, ou pouvoir atteindre son lit. Les plus ingénieux avaient développé une technique consistant à sauter par-dessus un coffre, contourner une armoire et ramper sous une étagère afin de rejoindre leur chambre. Les invités, eux, n'avaient d'autre choix que d'admirer la décoration depuis le seuil de la porte.
Car oui, il faut bien l'avouer : souvent, nos demeures ressemblaient davantage à des entrepôts de meubles qu'à des lieux de vie. J’en sais quelque chose pour visiter discrètement les nombreuses maisons au gré de mes pérégrinations.
Mais tout cela devrait bientôt appartenir au passé.
Les nouvelles maisons offrent davantage d'espace, de nouvelles possibilités d'aménagement, et, détail qui réjouira les plus pudiques, l'entrée se fait désormais directement par l'échoppe. Voilà qui laissera davantage d'intimité aux propriétaires. Libre à chacun, ensuite, de placer son lit près de la porte... ou très loin derrière quelques cloisons. Votre chroniqueur dévoué s'engage néanmoins à ne tirer aucune conclusion sur les choix d'aménagement de ses lecteurs.
En revanche, que chacun se rassure : il ne suffira pas de pousser un mur pendant la nuit en espérant que personne ne s'en aperçoive. Les agrandissements et déplacements devront recevoir l'œil attentif de l'Adjoint à l'Urbanisme, qui a depuis longtemps hérité d'une mission aussi délicate que sacrée: placer les maisons dans le village. Tout cela ne fera qu'un peu plus de paperasse pour chacun.
Évidemment, qui dit grandes maisons dit grandes envies.
Les charpentiers se frottent déjà les mains à l'idée de fabriquer davantage de mobilier.
Les tisserands imaginent de nouvelles tapisseries ou refont la draperie de vieux fauteuils.
Les sculpteurs relancent la production de statues du protecteur à la chaine.
Les marchands ambulants, eux, commencent discrètement à augmenter leurs stocks, convaincus que les habitants découvriront soudain un besoin irrépressible de posséder six armoires, quatre bancs, deux buffets et une statue fondante d’ours à la cire.
Mais les véritables cibles pourraient bien être les Commissaires aux Mines.
Depuis quelques jours, un mot revient sur toutes les lèvres : mur celtique.
Il paraît que ces solides ouvrages apporteraient davantage de prospérité aux demeures qui les accueillent. Les sculpteurs regardent désormais les blocs de pierre avec des yeux brillants... et les Commissaires aux Mines avec un léger sourire nerveux.
Si les prévisions se confirment, les demandes de pierre pourraient bientôt connaître une augmentation qui relancerait une économie des plus étranges. Les Commissaires aux Mines, eux, hésitent encore entre ouvrir une mine, une bouteille... ou préparer une réserve d'aspirine.
Décidément, notre époque est étrange.
Hier encore, chacun faisait ce qu'il pouvait avec quelques mètres carrés et beaucoup d'imagination. Demain, on comptera les murs celtiques, les chaises en ébène, les trophées en tout genre, et l'on prétendra, bien sûr, que tout cela n'a aucune importance.
Naturellement, personne ne sera dupe.
Quant à moi, je refuse désormais d'affirmer qu'un objet est inutile.
Après avoir vu l'anis devenir un trésor national, j’attends avec impatience le jour où les marchés seront pris d'assaut pour une simple rame.
Et si cela arrive... je ferai comme tout le monde : je prétendrai que je l'avais vu venir.
Par votre Humble Analyste de Chroniques Hasardeuses et Étonnantes, sur les routes du Royaume, et qui adore fouiner dans les maisons aux portes sans clé.
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