29/05/1474Entretien avec le Prince Romauld d'Artois
Suite au récit présenté par Otto Minuti il y a quelques jours, le Prince d’Artois Romuald de Dénérée Penthièvre, a souhaité apporter sa pierre à l’édifice de cette affaire rocambolesque. Ci-dessous, vous trouverez le retranscrit de son entretien avec l’AAP.
Cet article sera le dernier concernant l’affaire d’Azincourt publié par l’AAP. Si vous souhaitez aller plus loin, je crains qu’il ne faille se rendre en Artois (mais ses frontières sont fermées).
[Début de l'entretien]
Prince Romuald - Bonjour Ladzserus. Je tenais, avant d'entamer l'entretien, vous remercier du temps que vous avez bien voulu accorder à notre Principauté et je vais tâcher de répondre clairement à vos questions.
Ladzserus, pour l’AAP - Y a-t-il des points particuliers du communiqué d'Otto que vous souhaitez relever ? Je vais remettre les choses en place : ce qu'Otto appelle un "récit" n'est qu'un tissu de mensonges destiné à masquer sa responsabilité.
Ce qui m'interpelle particulièrement, c'est ce choix délibéré d'exposer publiquement son déni. En avouant ses actes tout en les travestissant en "accord secret", il ne cherche pas à se justifier, il cherche à se poser en victime persécutée pour faire oublier la réalité de son pillage. Lui et ses complices font preuve d'une obstination remarquable à nier l'évidence, préférant s'enfermer dans un scénario imaginaire plutôt que d'assumer leurs responsabilités devant la loi.
Une mairie se gère par des actes officiels, non pas par des discussions dans une taverne. Cet étalage public de mauvaise foi n'est, au fond, qu'une insulte envers l'implication de mes sujets.
Il va de soi que dans ce genre de cas, pour une même série d'évènements, le vécu des uns et des autres peut-être à l'opposé. A défaut de partager les conclusions d'Otto, pouvez-vous comprendre la logique derrière son raisonnement ? Comprendre sa logique ? C'est assez aisé : elle est celle de n'importe quel enfant pris en faute qui, au lieu d'assumer sa bêtise, invente une histoire abracadabrante pour détourner les regards. Il est touchant de voir avec quel sérieux il tente de transformer son méfait en combat politique. S'il se sent persécuté, c'est simplement parce qu'il a croisé une Justice qui, contrairement à lui, ne se laisse pas berner par ses contes de taverne.
Son "vécu", comme vous dites, ne vaut pas plus que les bières qu'il prétendait siroter : tiède et insipide. C'est une stratégie de petit joueur qui espère gagner sur la place publique ce qu'il a lamentablement perdu devant le tribunal.
La maire d'Azincourt, Amelya, a-t-elle été entendue dans le cadre des procès d'Otto ? La Justice artésienne ne s'encombre point de ouï-dire.
Amelya de Lostebarne a naturellement été entendue, et son témoignage a mis un terme définitif à cette mascarade. Elle a formellement démenti avoir accordé la moindre parcelle d'autorité à ce personnage. L'idée même qu'une maire puisse remettre les clés de sa ville à une bande de complices en quête de rapine est une insulte à son intelligence et à sa fonction. Leurs affirmations ne sont que le délire de brigands cherchant vainement à se parer d'une légitimité qu'ils n'ont jamais eue.
Amelya a rétabli les faits avec la hauteur qui lui sied. Ottominuti et ses acolytes ne sont pas des émissaires, mais de vulgaires imposteurs dont les prétentions ne méritent que le mépris du peuple artésien.
Avez-vous des preuves tangibles de l'implication de Liame et de Merveille du Mounet ? Les preuves sont accablantes et ne souffrent aucune discussion.
Liame et Merveille du Mounet n'étaient pas là par hasard, elles ont activement participé à cette spoliation. La justice a établi leur rôle de complices avec une clarté totale. Dans ma Principauté, celui qui aide à piller est aussi coupable que celui qui commet le vol. Elles ont tenté de se cacher derrière l'ombre de leur chef, mais la loi a fait son œuvre. Elles sont désormais là où leur conduite les a menés, et leurs protestations ne changeront rien à la réalité de leur forfait.
Pourquoi avez-vous gracié Darflex pour son assaut sur Liame ? Ne dispensait-elle pas du droit de déplacement sur le territoire de par sa citoyenneté artésienne ? Avant toute chose, souffrez que je corrige l'imprécision flagrante de votre question Darflex n'est point celui qui a agi ici, c'est le Capitaine Bibineloden qui a mené cette intervention. [Ceci est une erreur de votre correspondant lors du précédent article, ndlr.] Quant à votre argument sur la citoyenneté, il est d'une méconnaissance confondante. On ne se prévaut pas d'un statut que l'on a renié par ses actes pour espérer une immunité quelconque.
L'action du Capitaine, initiée par la volonté de la Comtesse en exercice Jehanne, était une nécessité pour restaurer la sécurité là où l'ordre avait été bafoué. Si j'ai validé cette grâce, c'est pour honorer une mission qui, loin d'être un assaut, fut un acte de courage au service de la justice artésienne.
En Artois, le droit de circuler ne protège point les semeurs de trouble, et le Capitaine a simplement fait ce que son devoir exigeait.
L'AAP a récemment publié une série d'articles sur les différentes dérives judiciaires de plusieurs provinces. Ce genre d'écrasement par la loi est une stratégie de plus en plus utilisée, qui a servi notamment à l'O.N.E. pour dompter l'Irlande et mettre à mal les armées françaises au Portugal. Souvent, ce sont les victimes qui nous en font part ; vous, en tant que figure de proue de l'autorité artésienne, comment voyez-vous la situation de manière globale ? Pensez-vous justifier cet état de sécurité en Artois, notamment ? Si je comprends bien le sens de votre question l'AAP se fourvoie dans des comparaisons historiques aussi hasardeuses que malavisées. Prétendre que l'Artois s'inspire de tactiques étrangères pour "écraser" ses administrés est une contre-vérité que je balaie avec le plus profond mépris.
Vous m'interrogez sur ma politique de sécurité ? Elle ne procède d'aucune stratégie d'asservissement, mais de l'exigence absolue de la Souveraineté.
Un État qui ne sait pas faire respecter ses lois finit par se dissoudre dans l'anarchie, et je ne laisserai point l'Artois devenir le terrain de jeu de ceux qui confondent la liberté avec l'impunité. Lorsque la justice frappe, elle ne "dompte" pas elle assainit. Si certains, par leurs menées subversives, se sont retrouvés confrontés à la rigueur de nos institutions, ils n'ont récolté que le fruit de leur propre déloyauté.
Je ne demande à personne de valider mes méthodes. Ma légitimité ne découle point de l'approbation des agences de presses, mais de la paix que j'impose et que mes sujets protègent. Que ceux qui se complaisent dans la victimisation médiatique y prennent garde : l'ordre artésien est une structure que je continuerai de défendre avec une détermination inébranlable.
Enfin, je veux vous laisser la parole libre, si vous le souhaitez.
L’Artois ne s’adapte pas aux soubresauts de son époque - il les domine. La souveraineté de notre Terre n’est pas une construction fragile, c’est un héritage qui impose sa propre loi.
Ce qui a été érigé par le sang, par le droit et la sueur ne saurait être entravé par la perfidie de quelques-uns. La vérité est que l'identité artésienne se forge dans la discipline.
La justice n'est pas un concept, c'est le socle de notre existence collective. Ceux qui ont tenté de corrompre cet ordre ont heurté l'essence de notre Nation. Ils ont été écartés, non pas par volonté arbitraire, mais par la nécessité impérieuse de préserver ce que nous sommes.
Que ce soit entendu : l'Artois exige la loyauté envers ses institutions et le respect scrupuleux de sa hiérarchie. La déviance n'a plus sa place sur ces terres. Désormais, chaque action sera mesurée à l'aune de notre intérêt supérieur. L'ordre établi n'est pas une simple règle de vie, c'est la manifestation de notre volonté commune de rester maîtres chez nous. Notre destin ne se négocie pas - il s'impose.
[Fin de l'entretien]
Voilà désormais toutes les versions possibles de l’affaire. Il sera à vous lecteur de trancher : croyez-vous à la théorie du coup monté proposé par Otto et les siens, ou à celle d’une justice artésienne qui s’abat avec fureur sur ceux qui lui font du mal ? Quoiqu’il en soit, il semblerait qu’être reconnu coupable d’un crime et purger sa peine ne soit plus suffisant en Artois - cela ne sera que le début de vos soucis. C’est une vie dénuée de droits qu’il vous restera si vous choisissez de croiser les institutions du pouvoir artésien. Les secondes chances, semble-t-il, n’appartiennent qu’à ceux du “bon” côté.
On oublie bien souvent que les royaumes telles que nous les connaissons aujourd’hui sont le fruit – comme le dit si bien le Prince d’Artois – du sang et de la sueur de nos ancêtres.. mais aussi de leur perfidie, de leurs machinations politiques, et de leurs escroqueries. Qui a décrété qu’en 1474, les états tels qu’ils se présentent aujourd’hui devaient le rester ? Que la mappemonde telle que dessinée aujourd’hui soit parfaite ? Devons-nous considérer le monde comme terminé et refuser tout changement ? A écouter sa Majesté Romuald, maintenir le statut quo de l'Artois relevé de la volonté divine – quel heureux hasard pour lui, donc, qu’il siège au sommet de l’échelle du pouvoir.
Ladzserus, pour l’AAP, agence de France.
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29/05/1474Elections au conseil du Duché de Guyenne : GRILL recueille la majorité absolue des sièges
PARIS (AAP) - La liste Guyenne Rayonnante Innovante Laborieuse et Luxuriante est arrivée en tête lors de l'élection au conseil de Duché de Guyenne, et obtient la majorité absolue des sièges. Elle pourra donc gouverner seule.
Répartition des suffrages exprimés :
1. "Guyenne Rayonnante Innovante Laborieuse et Luxuriante" (GRILL) : 100%
La répartition des sièges au scrutin à la proportionnelle conduit à une nouvelle répartition des postes du conseil :
Les membres du conseil reconnaîtront le prochain Duc d'ici à deux jours. Ce dernier devra alors présenter ses hommages à son souverain, et nommer aux principales charges du Duché.
29/05/1474Elections au conseil du Duché du Lyonnais-Dauphiné : MSLD recueille la majorité absolue des sièges
PARIS (AAP) - La liste
28/05/1474Rêver un été en or
Paris (AAP) - Le 24 mai, l'office des Arts de la Maison royale a lancé une nouvelle édition de son concours artistique, le concours du Pinceau d'Or..
Pour cette troisième variation, c'est un retour au dessin qui est annoncé, après un concours consacré à la poésie. Et pour succéder aux thèmes de la luciole et de l'hiver, ce sont les plus beaux souvenirs de l'été qui sont cette fois convoqués.
Compétition amicale et bienveillante, le concours du Pinceau d'Or est ouvert à toutes et tous, de l'artiste aguerri au peintre amateur, de l’enlumineur chevronné au dessinateur débutant. Le format, les couleurs, la technique... la liberté est totale et à l'aune de l'imagination et de l'inspiration.
Intéressé ? Les questions et les œuvres sont à adresser à dame Amarante ou à messire Ulysse, respectivement grand maître de l'office des Arts et artiste royal, du 1er au 22 juin 1474.
De quoi rêver d'un été en or... Alors, à vos pinceaux!
Ingeborg von Ahlefeldt-Oldenburg, pour l'AAP, l'agence de France.
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25/05/1474Coup monté en Artois ? L'affaire Ottominuti continue.
Bertincourt (AAP) - La saga artésienne d’Otto Minuti continue. Dans un courrier adressé au rédacteur en chef de l’AAP, il détaille sa version des faits qui l’opposent aux autorités artésiennes depuis bientôt un mois.
Entre les invectives lancées çà et là aux artésiens, Otto fait le récit d’une histoire en quatre actes : reconnaissance des faits et procès initial, le second procès, les représailles, et un bilan de la situation actuelle.
Les faits selon Otto
Premièrement, si Otto reconnait la prise de la mairie d’Azincourt, il apporte des détails fascinants : lors d’une matinée arrosée en taverne azincourtoise, il affirme "Arguant de ses responsabilités comtales, elle [Amelya de Lostebarne, maire d’Azincourt, ndlr.] m’indiquait devoir quitter momentanément la ville, pour quelques jours. Aussi sollicitait-elle un court intérim de ma part, en toute discrétion, pour éviter que de la ville d’Azincourt ne tombe entre de mauvaises mains. Je devais prendre la mairie le soir même – elle ne serait pas défendue – et la restituer quelques jours plus tard." Otto accepte, et entre seul dans la mairie le soir même pour en assurer le fonctionnement dans les jours à venir.
Cependant, au lever du jour, c’est le drame : "Farfouillant dans les registres municipaux – je dus me rendre à l’évidence : les caisses étaient tout à fait vides. Impossible de payer quoi que ce soit, pas même la solde d’un milicien. Il ne restait en tout et pour tout que quelques vivres." Afin de remédier à la situation, il brade les vivres pour assurer le budget défense et organise un voyage chez lui, à Bertincourt, pour piocher dans ses caves personnelles de quoi alimenter la mairie. C’est à peine Otto hors de murs d’Azincourt que la rumeur se fait entendre – il aurait pillé la mairie, et serait en fuite. La justice lance alors le procès initial à son encontre ; sans preuves, celui-ci aboutira à une relaxe.
L’hypothèse d’un coup monté
"Quelques jours après," continue-t-il, "alors que je méditais encore sur cette étrange histoire, en sirotant une bière artésienne, tiède et quelconque comme la plupart des artésiens, la rumeur s’est à nouveau manifestée : le père de la juge Marca [Darflex, alors conseiller comtal sans poste, désormais Capitaine d’Artois, ndlr.] est venu essayer de m’extorquer des aveux, puis m’a expliqué que je serai poursuivi et condamné pour le pillage de la mairie d’Azincourt."
Un second procès sans preuve supplémentaire devrait aboutir au même verdict – mais il n’en était rien. Dix jours après les faits, le témoignage anonyme d’un employé municipal qui affirme avoir consigné les détails du pillage dans les registres vient faire pencher la balance du côté de la procuration. Otto ainsi que ses compagnons de voyage, mis en cause alors que leurs noms n’avaient jusque-là pas été mentionnés, écopent alors des peines relatées dans un autre article de l’AAP : des semaines de geôle, et des milliers d’écus d’amende. C’est cette seconde salve de procès qui fait tiquer Otto. Il raconte :
"Pour que j’aie pris la mairie sans l’aide de la maire, il faudrait qu’aucun défenseur n’ait été mobilisé cette nuit-là. A supposer que j’aie eu des complices, cela implique qu’il n’a pas été possible de recruter deux défenseurs, effectif qui aurait suffi à interdire toute révolte. Dans une ville tenue par la prévôte d’Artois, c’est impensable. Puisque j’ai été accusé d’avoir pillé quelque chose comme 8000 écus de valeurs, il faut admettre aussi qu’ils étaient en mairie. Nous aurions donc une maire qui conserve des sommes très importantes pour une poignée d’habitants, et en ayant aucun moyen de se prémunir d’une attaque. Peut-on imaginer qu’Amelya de Lostebarne soit à ce point stupide et incompétente ?
Le procès qui a abouti à ma condamnation a été ouvert 8 jours après les faits supposés. Sachant qu’il m’en aurait fallu tout au plus deux pour m’enfuir hors de l’Artois, comment peut-on penser que mon comportement est celui d’un coupable ? A contrario, la Justice aurait-elle été si lente si ma culpabilité réelle avait été une hypothèse plausible ? Le constat est évident : si l’Artois avait espéré que je m’échappe, il n’aurait pas procédé autrement."
Il conclut par une déduction logique : "L’hypothèse du coup monté est en conséquence plus rationnelle et moins coûteuse. Et si les réserves d’Azincourt ont bien été pillées, d’autres ont eu bien plus de facilité que moi pour le faire. Mais peut-être avaient-ils besoin d’un bouc-émissaire pour couvrir leurs traces ?"
Les exactions continuent
On pourrait imaginer qu’à la suite de cette peine, la dette d’Otto et de ses compagnons vis à vis de l’Artois serait soldée. Il n’en était rien. Dans les jours qui suivent, le pouvoir artésien leur rend la vie dure : le navire d’Otto sera coulé à quai, son amie Liame est rouée de coups sur les chemins par l’armée comtale – une agression illégale qui aura valu un procès au capitaine d’Artois, mystérieusement gracié par le Prince (et Comte) d’Artois, Romuald de Dénéré Penthièvre dans la foulée - et sommée de quitter son poste de Tribun de Bertincourt, et enfin, Otto, Liame, et Merveille du Mounet seront déchus de leur citoyenneté artésienne lors d’un vote à huis clos "contraire à la Constitution artésienne dans sa forme."
La défaite
Otto et ses compagnons se retrouvent donc à Compiègne, en Champagne. "Pourchassés par l’armée et par la justice, nous n’avons qu’une seule porte de sortie possible : constituer une armée pour être en mesure de se défendre avant de revenir chez nous." La Champagne, cependant, oublie la rivalité historique avec l’Artois le temps de les dénoncer, chose que déplore Otto : "Preuve que les rivalités historiques pèsent peu face à l’éventualité d’un risque mineur, tout à fait improbable. Peut-être que lorsque le capitaine d’Artois mettra en œuvre le Grand Projet dont il rebat les oreilles de tout le monde – reprendre Compiègne à la Champagne – il y aura un artésien pour le dénoncer aussi."
Le bilan a été lourd : des blessures pour tous, et un mort : le baron Tytus, ancien Président de la Cour Suprême d’Artois dont les circonstances de la démission en 1473 laissent penser que son décès ne sera pas malvenu pour le pouvoir artésien actuel. "Nous sommes donc condamnés à l’errance, à la clandestinité" conclut-il.
Conclusion
Otto termine son courrier par un bilan pessimiste. "Plus les villes se vident, plus elles sont fragiles et plus on stigmatise les étrangers-de-pas-d’ici. Les nouveaux venus sont les bienvenus - sous réserve qu’ils se taisent, qu’ils se soumettent, et qu’ils ne viennent pas troubler la quiétude de la poignée de vieux clous qui empilent les mandats, les titres, les charges. L’Artois compte à peine plus de 200 habitants. Le prince est aussi le comte, et chaque conseiller cumule plusieurs titres. Toute opposition a été purgée et l’on y meurt d’ennui.
Tout cela manque de vie. De gens qui acceptent de prendre quelques risques, de jouer, quitte à parfois perdre. D’accepter que nous ayons tous plus besoin d’être nombreux que de nous apprécier. Qu’il y ait sans doute des solutions pour que chacun trouve son compte, même dans la rivalité ou dans la confrontation. Qu’un bon ennemi, c’est toujours mieux que pas d’ennemi du tout ; il faut donc en prendre soin tout autant que d’un allié."
Le sentiment d’Otto en est un que je partage. Partout, l’AAP constate des dérives de la justice, utilisée désormais comme arme du pouvoir plutôt que bouclier des innocents – que ce soit en Anjou, en Champagne, au Bourbonnais-Auvergne ou en Bretagne, les procès se multiplient pour assurer la sécurité des pouvoirs en place. Les listes se font totalitaires, écrasant la dissidence et par la même la discussion : il faut remonter à mars, en Guyenne, pour retrouver un conseil de coalition. Depuis, aux 21 autres élections comtales et ducales, le conseil ne s’est formé que d’une seule liste totalitaire.
Il ne reste finalement qu’une question que ni les procès, ni les condamnations à l’exil ne semblent avoir réellement tranchée : celle de la confiance. La confiance dans les institutions, dans l’impartialité de la justice, dans la capacité des provinces à accepter encore la contradiction et le conflit politique sans chercher l’élimination pure et simple de l’adversaire.
L’affaire Otto dépasse le simple pillage d’une mairie. Elle met en lumière un malaise plus profond qui traverse aujourd’hui nos Royaumes : celui des institutions de plus en plus verrouillées, où la stabilité paraît désormais préférée au débat, et où toute opposition finit tôt ou tard par être assimilée à la menace.
Dans des provinces qui peinent déjà à attirer de nouveaux habitants et à maintenir une vie politique active, la disparition progressive du dialogue et des rivalités politiques pourrait bien avoir un coût plus lourd encore que les crises qu’elle prétend éviter : celui de l’ennui, et du déclin.
Ladzserus, pour l'AAP, agence de France.
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Article validé par Ladzserus, Rédacteur en Chef de la KAP France.
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