Angers (AAP) - À la suite du tournoi angevin, le Pas d'Arme qui a occupé la fin de l'été, nous sommes allé à la rencontre du Légendaire Gladiateur, bien connu sous le nom de Guillaume Saint Pierre. Il faut dire que le gaillard avait de quoi impressionner. Après avoir obtenu un très honorable classement en marave, être resté debout parmi les derniers combattants lors des affrontements en armée, le voilà désormais grand vainqueur du tournoi de lice, qui comptait pourtant pas moins de vingt participants !
Devant tant de réussites, nous avons donc pris notre plus belle plume, notre air le plus innocent et quelques questions soigneusement préparées afin de tenter de lui arracher les secrets de son art.
Notre objectif ?
Vous livrer le petit manuel du parfait liceur.
Après de longs échanges de théories et de vélins remplis de chiffres, voici ce que nous avons réussi à glaner pour vous.
Première règle : ne venez pas le ventre vide
Un bon liceur doit avoir mangé.
Cela paraît évident, mais apparemment, certains estiment encore qu'il est possible d'aller se faire assommer convenablement avec l'estomac dans les talons.
Erreur.
Deuxième règle : arrivez dans votre meilleur état
La lice n'est pas l'endroit idéal pour tester la résistance de votre organisme.
Si vous arrivez déjà faible, votre adversaire risque fort de se charger de terminer le travail.
Troisième règle : gardez le moral
Un combattant heureux serait-il donc un meilleur combattant ?
Nous n'irons pas jusqu'à demander à nos gladiateurs de chanter avant d'entrer dans l'arène, mais une chose semble certaine : le moral compte.
Quatrième règle : évitez la picole
C'est probablement le conseil le plus cruel pour certains habitués de nos tavernes : ne venez pas ivre en lice.
L'alcool diminue vos caractéristiques - force, intelligence et charisme - et ces dernières ont bel et bien leur mot à dire dans l'affrontement.
Notre champion nous a même livré un petit secret supplémentaire : lorsqu'un combattant possède deux caractéristiques supérieures à celles de son adversaire, il bénéficie d'un coup supplémentaire.
Voilà qui donne soudain beaucoup moins envie de négliger ses exercices intellectuels et sa toilette du matin sous prétexte que l'on préfère taper fort.
Cinquième règle : prenez des coups… mais pas trop
Il y a une chose que tout bon liceur doit apprendre à accepter : il va prendre des coups.
C'est même, paraît-il, le principe.
À chaque affrontement, les combattants encaissent généralement entre quatre et huit dégâts par coup. Enfin, généralement. Car il arrive qu'un coup critique décide de faire les choses en grand et compte double, histoire de rappeler à chacun que la Lice reste un endroit où l'on vient essentiellement se faire taper dessus avec application.
Mais ces dégâts ont-ils des conséquences durables ?
Voici ce qu’ont donné les observations de notre invité de marque :
Les blessures :
¤ 0 à 16 dégâts -> Aucune blessure
¤ 20 à 35 dégâts -> Blessure légère
¤ 36 à ??? dégâts -> Blessé
Mais après sondage auprès des victimes, ces blessures ne semblent rien changer du tout.
Oui, oui. On peut donc être officiellement déclaré « blessé » deux jambes brisées, un coccyx en feu, une mâchoire tordue, tout en continuant à se battre comme si de rien n'était.
Nous avons demandé au Légendaire Gladiateur s'il fallait y voir une grande leçon sur la résistance humaine. Il nous a répondu quelque chose qui ressemblait davantage à une grande leçon sur les Volontés Divines.
Nous ne savons d’ailleurs pas ce qu’il se passe ensuite, car la victime la plus courageuse n’a pris que 42 bleus et dégâts dans les dents, à son maximum. Et elle est toujours en vie, puisqu’elle ne s’est avouée que « blessée ».
Si quelqu’un se sent d’offrir son corps pour la science, il est encore temps de se manifester.
Et les caractéristiques dans tout ça ?
Car les coups ne servent pas uniquement à remplir les archives médicales du Royaume. Ils peuvent également faire perdre de la Force, de l'Intelligence ou du Charisme.
Notre Légendaire Gladiateur a donc tenté de déterminer combien de caractéristiques pouvaient disparaître selon la quantité de dégâts encaissée. On le voit, cet homme a bossé son sujet !
Quelques observations semblaient dessiner une tendance :
¤ 0 à 5 dégâts → environ 2 à 3 caractéristiques perdues
¤ 10 dégâts → environ 3
¤ 20 dégâts → environ 7
¤ 30 dégâts → environ 10
Nous pensions tenir quelque chose.
Nous avions tort.
Après plusieurs relevés supplémentaires, notre champion s'est rendu compte que les résultats devenaient beaucoup trop aléatoires pour qu'une règle fiable puisse être dégagée.
Et malgré son incroyable patience face aux frasques des Juges, car il a probablement relu ses calculs mille fois, il a fini par froisser sauvagement son vélin, avant d’écrire au bas de la page :
« Finalement, c'est de la merde. »
Nous avons décidé de conserver cette conclusion dans son intégralité.
Après tout, il serait malhonnête de notre part de prétendre avoir compris davantage.
Et les armes ?
Nous avons bien évidemment tenté d'obtenir quelques informations sur les armes utilisées en lice.
Notre champion a souri. Nous avons insisté.
Il a souri davantage. Nous avons compris que nous n'en saurions pas plus.
Le secret reste donc bien gardé.
Notre seul conseil pour les combats amicaux : privilégiez les combats à mains nues.
Après tout, une arme, aussi prestigieuse soit-elle, reste parfaitement inutile si son propriétaire ne sait pas s'en servir.
Enfin... c'est ce que nous pensions.
Certains affirment avoir remporté des combats armés uniquement d'un épaonventail.
D'autres jurent avoir gagné grâce à leurs animaux.
À vous de faire vos essais. Nous sommes prêts à prendre toutes les analyses du grand public, pour affiner nos recherches.
Moralité : à la Lice, on peut mouliner avec sa meilleure épée, savoir combien on a pris de coups, constater que l'on est blessé, perdre des caractéristiques... et ne toujours pas savoir exactement pourquoi.
Une discipline exigeante, décidément.
Mais l'enquête ne fait que commencer...
Il nous reste un long chapitre à vous dévoiler. Un prochain article sera donc consacré plus particulièrement au mystérieux fonctionnement des encouragements, cette science obscure qui semble défier les meilleurs calculateurs du Royaume.
D'ici là, si vous avez réalisé vos propres expériences dans les tribunes, n'hésitez pas à transmettre vos observations et vos chiffres à Guillaume_SP. Chaque donnée pourra nous être utile pour tenter d'y voir un peu plus clair.
Plus nous aurons de relevés, plus nous aurons de chances de comprendre cette étrange mécanique.
Enfin... nous l'espérons.
À vos encouragements, à vos parchemins, et surtout : à vos combats !
Par votre Humble Analyste de Chroniques Hasardeuses et Étonnantes
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Article validé par Ladzserus, Rédacteur en Chef de la KAP France.
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