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15/07/1474 Où comment la Bretagne renoua avec l’ombre d’Athènes




À Rennes (AAP) - Il est des querelles qui naissent d’un homme et qui finissent par révéler le caractère d’un peuple. Car les cités ne montrent jamais davantage leur âme que lorsqu’elles doivent choisir entre punir celui qu’elles soupçonnent de les menacer et retenir leur main de peur de frapper un innocent.

Ainsi advint-il en Bretagne, où une pétition fut dressée contre Astoria, autrefois chargée de la Régence, afin que lui fussent retirées ses fonctions, ses dignités et que les juges fussent appelés à examiner les accusations portées contre elle. Ceux qui apposèrent leurs noms au bas du parchemin affirmèrent ne pas chercher la vengeance, mais vouloir rappeler que nul, fût-il puissant, ne pouvait placer ses intérêts au-dessus des lois du Duché.

Ils reprochaient à Astoria d’avoir réuni en une même personne deux rôles que la prudence politique commande souvent de séparer : celui qui garde les règles du jeu et celui qui aspire à en être le vainqueur. Ils estimaient qu’un Régent doit être semblable au magistrat qui tient la balance, non au combattant qui saisit l’épée.

Mais ceux qui s’élevèrent contre cette démarche rappelèrent une vérité ancienne : il est dangereux de donner au peuple le pouvoir de condamner avant que les juges aient parlé. Vehuia, voyant dans cette pétition moins une œuvre de justice qu’une recherche de coupable, avertit que demain une autre personne pourrait être livrée au même procédé. Selon lui, une cité ne demeure libre que lorsque la loi précède la colère des hommes.

Cette dispute rappelle celle que connurent les Athéniens lorsqu’ils instituèrent l’ostracisme. Ils n’avaient pas créé cette coutume pour punir les criminels, mais pour éloigner ceux dont la puissance paraissait trop grande pour demeurer sans danger. Un nom était écrit sur un tesson d’argile, et la cité décidait non de la culpabilité d’un homme, mais de la prudence qu’il fallait observer à son égard.

Cependant, comme le remarqua jadis Plutarque en rapportant les vies des grands hommes, les remèdes politiques peuvent devenir des poisons lorsqu’ils sont employés par les passions. Celui qui chasse un homme pour sauver la cité doit prendre garde de ne pas apprendre à la cité qu’elle peut chasser quiconque lui déplaît.

La Bretagne semble ainsi avoir retrouvé, à travers ses parchemins et ses signatures, l’antique débat des assemblées grecques. Les uns voient dans cette mobilisation une voix légitime du peuple rappelant aux puissants leurs devoirs. Les autres y voient la main des factions, la continuation des rivalités électorales par d’autres moyens.

Car une cité divisée porte toujours deux récits : chacun prétend défendre le bien commun, et chacun accuse son adversaire de le mettre en péril. Les opposants à la pétition relevèrent notamment que nombre de ses signataires appartenaient au camp ayant soutenu la candidate rivale lors de l’élection grand-ducale, y voyant la marque d’une lutte de parti plus que l’expression d’un jugement impartial. Les pétitionnaires répondirent que l’origine politique d’un citoyen ne saurait lui retirer son droit de demander des comptes à ceux qui exercent une charge publique.

Ainsi renaît l’antique querelle entre le peuple et les factions, entre la justice et la vengeance, entre la mémoire des fautes passées et l’espérance d’un avenir commun. Dans les temps anciens, Alcibiade fut l’un de ces hommes dont la grandeur et les défauts devinrent inséparables de la destinée de leur cité. Admiré pour son talent, craint pour son ambition, il fut tour à tour porté aux sommets et rejeté par ceux qui l’avaient acclamé. Son histoire enseignait déjà que les cités ne sont jamais seulement gouvernées par les lois, mais aussi par les passions qu’elles inspirent.

La Bretagne contemporaine ne grave pas les noms de ses adversaires sur des tessons d’argile. Elle les inscrit sur des listes, des pétitions et des débats publics. Mais le choix demeure semblable à celui des Athéniens : Faut-il éloigner un homme parce qu’il menace la cité, ou parce que la cité, divisée, ne supporte plus de voir en lui le visage d’un camp opposé ? Car l’ostracisme pouvait éloigner Alcibiade d’Athènes. Il ne pouvait cependant éloigner les querelles qui avaient rendu son éloignement nécessaire.

Et c’est peut-être là que se trouve la véritable épreuve de la Bretagne : non dans le sort d’Astoria seule, mais dans la capacité de ses habitants à distinguer la défense des institutions de la victoire d’une faction. Car les cités ne périssent pas toujours lorsque leurs ennemis franchissent leurs murailles. Elles périssent parfois lorsque leurs citoyens cessent de croire qu’ils habitent encore la même cité.

À lire : Pour la destitution d'Astoria


Jean Froissart pour l'AAP agence des terres au Milieu.

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Cours

Product Price Variation
Loaf of bread 4.72 -0.01
Fruit 7.75 -0.02
Bag of corn 2.85 0.05
Bottle of milk 8.35 0
Fish 17.79 0.01
Piece of meat 16.76 0.48
Bag of wheat 10.54 0.12
Bag of flour 11.42 -0.51
Hundredweight of cow 30.34 0.02
Ton of stone 9.01 0.01
Half-hundredweight of pig 15.13 0.06
Ball of wool 10.26 -0.01
Hide 15.64 0
Coat 86.88 0
Vegetable 8.74 0
Wood bushel 4.14 0.28
Small ladder 21.14 0
Large ladder 65.07 0
Oar 20.22 0
Hull 37.84 0
Shaft 7.53 0.01
Boat 103.18 -0.47
Stone 10.15 -0.8
Axe 148.85 -0.04
Ploughshare 41.88 0
Hoe N/A N/A
Ounce of iron ore 7.94 -0.17
Unhooped bucket 24.66 0.01
Bucket 41.41 -0.07
Knife 15.86 0
Ounce of steel 42.41 0
Unforged axe blade 66.12 0
Axe blade 130.41 0
Blunted axe 119.87 0.07
Hat 52.32 0
Man's shirt 113.21 0
Woman's shirt 120.25 0.01
Waistcoat 142.5 0
Pair of trousers 78.21 0.01
Mantle 257.65 0
Dress 290.38 -0
Man's hose 39.94 0
Woman's hose 50.58 0.01
Pair of shoes 27.35 -0.01
Pair of boots 86.3 0.16
Belt 42.9 0
Barrel 10.61 -0
Pint of beer 0.73 0.01
Barrel of beer 85.95 -0
Bottle of wine 1 0
Barrel of wine N/A N/A
Bag of hops 19.59 0
Bag of malt 20 0
Sword blade 101.19 0
Unsharpened sword 120.13 0
Sword 164.41 -0
Shield 64.98 -0
Playing cards 96.61 0.14
Cloak 183.12 0
Collar 72.23 0.06
Skirt 136.11 0
Tunic 246.42 0
Overalls 124.99 0
Corset 135.72 0
Rope belt 53.44 -0.28
Headscarf 61.86 -0
Helmet 162.32 0
Toque 65.62 0
Headdress 82.18 0
Poulaine 66.28 0
Cod 19.93 0
Conger eel 23.48 0
Sea bream 26.8 0
Herring 10.73 0
Whiting 22.25 0
Skate 18.37 0
Sole 11.24 0
Tuna 27.25 0
Turbot 24.48 0
Red mullet 23.22 0
Mullet 16.46 0
Scorpionfish N/A N/A
Salmon 13.1 0
Arctic char N/A N/A
Grayling 23.26 0
Pike 21.99 0
Catfish N/A N/A
Eel 23.03 0
Carp 23.27 0
Gudgeon 21.63 0
Trout 18.01 0
Pound of olives 13.98 0
Pound of grapes 9.31 0
Sack of barley 11 0
Half-hundred weight of goat carcasses 18.44 0
Bottle of goat's milk 10.77 0
Tapestry 169.95 0.01
Bottle of olive oil 140.86 -0.05
Jar of agave nectar N/A N/A
Bushel of salt 11.08 0
Bar of clay 1.7 0
Cask of Scotch whisky 171.91 0.57
Cask of Irish whiskey 167.2 -0.21
Bottle of ewe's milk 15.4 0
Majolica vase N/A N/A
Porcelain plate N/A N/A
Ceramic tile N/A N/A
Parma ham 94.52 -0.03
Bayonne ham 99.55 0
Iberian ham 73.16 0
Black Forest ham 71.81 0.04
Barrel of cider 81.7 0
Bourgogne wine 88.93 0.01
Bordeaux wine 66.21 -6.25
Champagne wine 125.65 0.02
Toscana wine 74.3 0
Barrel of porto wine 157.58 0
Barrel of Tokaji 148.91 0
Rioja wine 146.39 0
Barrel of Retsina 81.33 0
Pot of yoghurt 106.67 0
Cow's milk cheese 64.17 -0
Goat's milk cheese 143.89 0
Ewe's milk cheese 67.97 0
Anjou wine 87.49 -2.03
Ewe carcass 24.1 0
Mast 457.69 0
Small sail 191.29 0.16
Large sail 886.63 0
Tumbler of pulque N/A N/A
Jar of pulque N/A N/A