Suite au récit présenté par Otto Minuti il y a quelques jours, le Prince d’Artois Romuald de Dénérée Penthièvre, a souhaité apporter sa pierre à l’édifice de cette affaire rocambolesque. Ci-dessous, vous trouverez le retranscrit de son entretien avec l’AAP.
Cet article sera le dernier concernant l’affaire d’Azincourt publié par l’AAP. Si vous souhaitez aller plus loin, je crains qu’il ne faille se rendre en Artois (mais ses frontières sont fermées).
[Début de l'entretien]
Prince Romuald - Bonjour Ladzserus. Je tenais, avant d'entamer l'entretien, vous remercier du temps que vous avez bien voulu accorder à notre Principauté et je vais tâcher de répondre clairement à vos questions.
Ladzserus, pour l’AAP - Y a-t-il des points particuliers du communiqué d'Otto que vous souhaitez relever ?
Je vais remettre les choses en place : ce qu'Otto appelle un "récit" n'est qu'un tissu de mensonges destiné à masquer sa responsabilité.
Ce qui m'interpelle particulièrement, c'est ce choix délibéré d'exposer publiquement son déni. En avouant ses actes tout en les travestissant en "accord secret", il ne cherche pas à se justifier, il cherche à se poser en victime persécutée pour faire oublier la réalité de son pillage. Lui et ses complices font preuve d'une obstination remarquable à nier l'évidence, préférant s'enfermer dans un scénario imaginaire plutôt que d'assumer leurs responsabilités devant la loi.
Une mairie se gère par des actes officiels, non pas par des discussions dans une taverne. Cet étalage public de mauvaise foi n'est, au fond, qu'une insulte envers l'implication de mes sujets.
Il va de soi que dans ce genre de cas, pour une même série d'évènements, le vécu des uns et des autres peut-être à l'opposé. A défaut de partager les conclusions d'Otto, pouvez-vous comprendre la logique derrière son raisonnement ?
Comprendre sa logique ? C'est assez aisé : elle est celle de n'importe quel enfant pris en faute qui, au lieu d'assumer sa bêtise, invente une histoire abracadabrante pour détourner les regards. Il est touchant de voir avec quel sérieux il tente de transformer son méfait en combat politique. S'il se sent persécuté, c'est simplement parce qu'il a croisé une Justice qui, contrairement à lui, ne se laisse pas berner par ses contes de taverne.
Son "vécu", comme vous dites, ne vaut pas plus que les bières qu'il prétendait siroter : tiède et insipide. C'est une stratégie de petit joueur qui espère gagner sur la place publique ce qu'il a lamentablement perdu devant le tribunal.
La maire d'Azincourt, Amelya, a-t-elle été entendue dans le cadre des procès d'Otto ?
La Justice artésienne ne s'encombre point de ouï-dire.
Amelya de Lostebarne a naturellement été entendue, et son témoignage a mis un terme définitif à cette mascarade. Elle a formellement démenti avoir accordé la moindre parcelle d'autorité à ce personnage. L'idée même qu'une maire puisse remettre les clés de sa ville à une bande de complices en quête de rapine est une insulte à son intelligence et à sa fonction. Leurs affirmations ne sont que le délire de brigands cherchant vainement à se parer d'une légitimité qu'ils n'ont jamais eue.
Amelya a rétabli les faits avec la hauteur qui lui sied. Ottominuti et ses acolytes ne sont pas des émissaires, mais de vulgaires imposteurs dont les prétentions ne méritent que le mépris du peuple artésien.
Avez-vous des preuves tangibles de l'implication de Liame et de Merveille du Mounet ?
Les preuves sont accablantes et ne souffrent aucune discussion.
Liame et Merveille du Mounet n'étaient pas là par hasard, elles ont activement participé à cette spoliation. La justice a établi leur rôle de complices avec une clarté totale. Dans ma Principauté, celui qui aide à piller est aussi coupable que celui qui commet le vol. Elles ont tenté de se cacher derrière l'ombre de leur chef, mais la loi a fait son œuvre. Elles sont désormais là où leur conduite les a menés, et leurs protestations ne changeront rien à la réalité de leur forfait.
Pourquoi avez-vous gracié Darflex pour son assaut sur Liame ? Ne dispensait-elle pas du droit de déplacement sur le territoire de par sa citoyenneté artésienne ?
Avant toute chose, souffrez que je corrige l'imprécision flagrante de votre question Darflex n'est point celui qui a agi ici, c'est le Capitaine Bibineloden qui a mené cette intervention. [Ceci est une erreur de votre correspondant lors du précédent article, ndlr.] Quant à votre argument sur la citoyenneté, il est d'une méconnaissance confondante. On ne se prévaut pas d'un statut que l'on a renié par ses actes pour espérer une immunité quelconque.
L'action du Capitaine, initiée par la volonté de la Comtesse en exercice Jehanne, était une nécessité pour restaurer la sécurité là où l'ordre avait été bafoué. Si j'ai validé cette grâce, c'est pour honorer une mission qui, loin d'être un assaut, fut un acte de courage au service de la justice artésienne.
En Artois, le droit de circuler ne protège point les semeurs de trouble, et le Capitaine a simplement fait ce que son devoir exigeait.
L'AAP a récemment publié une série d'articles sur les différentes dérives judiciaires de plusieurs provinces. Ce genre d'écrasement par la loi est une stratégie de plus en plus utilisée, qui a servi notamment à l'O.N.E. pour dompter l'Irlande et mettre à mal les armées françaises au Portugal. Souvent, ce sont les victimes qui nous en font part ; vous, en tant que figure de proue de l'autorité artésienne, comment voyez-vous la situation de manière globale ? Pensez-vous justifier cet état de sécurité en Artois, notamment ?
Si je comprends bien le sens de votre question l'AAP se fourvoie dans des comparaisons historiques aussi hasardeuses que malavisées. Prétendre que l'Artois s'inspire de tactiques étrangères pour "écraser" ses administrés est une contre-vérité que je balaie avec le plus profond mépris.
Vous m'interrogez sur ma politique de sécurité ? Elle ne procède d'aucune stratégie d'asservissement, mais de l'exigence absolue de la Souveraineté.
Un État qui ne sait pas faire respecter ses lois finit par se dissoudre dans l'anarchie, et je ne laisserai point l'Artois devenir le terrain de jeu de ceux qui confondent la liberté avec l'impunité. Lorsque la justice frappe, elle ne "dompte" pas elle assainit. Si certains, par leurs menées subversives, se sont retrouvés confrontés à la rigueur de nos institutions, ils n'ont récolté que le fruit de leur propre déloyauté.
Je ne demande à personne de valider mes méthodes. Ma légitimité ne découle point de l'approbation des agences de presses, mais de la paix que j'impose et que mes sujets protègent. Que ceux qui se complaisent dans la victimisation médiatique y prennent garde : l'ordre artésien est une structure que je continuerai de défendre avec une détermination inébranlable.
Enfin, je veux vous laisser la parole libre, si vous le souhaitez.
L’Artois ne s’adapte pas aux soubresauts de son époque - il les domine. La souveraineté de notre Terre n’est pas une construction fragile, c’est un héritage qui impose sa propre loi.
Ce qui a été érigé par le sang, par le droit et la sueur ne saurait être entravé par la perfidie de quelques-uns. La vérité est que l'identité artésienne se forge dans la discipline.
La justice n'est pas un concept, c'est le socle de notre existence collective. Ceux qui ont tenté de corrompre cet ordre ont heurté l'essence de notre Nation. Ils ont été écartés, non pas par volonté arbitraire, mais par la nécessité impérieuse de préserver ce que nous sommes.
Que ce soit entendu : l'Artois exige la loyauté envers ses institutions et le respect scrupuleux de sa hiérarchie. La déviance n'a plus sa place sur ces terres. Désormais, chaque action sera mesurée à l'aune de notre intérêt supérieur. L'ordre établi n'est pas une simple règle de vie, c'est la manifestation de notre volonté commune de rester maîtres chez nous. Notre destin ne se négocie pas - il s'impose.
[Fin de l'entretien]
Voilà désormais toutes les versions possibles de l’affaire. Il sera à vous lecteur de trancher : croyez-vous à la théorie du coup monté proposé par Otto et les siens, ou à celle d’une justice artésienne qui s’abat avec fureur sur ceux qui lui font du mal ? Quoiqu’il en soit, il semblerait qu’être reconnu coupable d’un crime et purger sa peine ne soit plus suffisant en Artois - cela ne sera que le début de vos soucis. C’est une vie dénuée de droits qu’il vous restera si vous choisissez de croiser les institutions du pouvoir artésien. Les secondes chances, semble-t-il, n’appartiennent qu’à ceux du “bon” côté.
On oublie bien souvent que les royaumes telles que nous les connaissons aujourd’hui sont le fruit – comme le dit si bien le Prince d’Artois – du sang et de la sueur de nos ancêtres.. mais aussi de leur perfidie, de leurs machinations politiques, et de leurs escroqueries. Qui a décrété qu’en 1474, les états tels qu’ils se présentent aujourd’hui devaient le rester ? Que la mappemonde telle que dessinée aujourd’hui soit parfaite ? Devons-nous considérer le monde comme terminé et refuser tout changement ? A écouter sa Majesté Romuald, maintenir le statut quo de l'Artois relevé de la volonté divine – quel heureux hasard pour lui, donc, qu’il siège au sommet de l’échelle du pouvoir.
Ladzserus, pour l’AAP, agence de France.
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Article validé par Ladzserus, Rédacteur en Chef de la KAP France.
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