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25/05/1474 Coup monté en Artois ? L'affaire Ottominuti continue.


Bertincourt (AAP) - La saga artésienne d’Otto Minuti continue. Dans un courrier adressé au rédacteur en chef de l’AAP, il détaille sa version des faits qui l’opposent aux autorités artésiennes depuis bientôt un mois.

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Entre les invectives lancées çà et là aux artésiens, Otto fait le récit d’une histoire en quatre actes : reconnaissance des faits et procès initial, le second procès, les représailles, et un bilan de la situation actuelle.

Les faits selon Otto

Premièrement, si Otto reconnait la prise de la mairie d’Azincourt, il apporte des détails fascinants : lors d’une matinée arrosée en taverne azincourtoise, il affirme "Arguant de ses responsabilités comtales, elle [Amelya de Lostebarne, maire d’Azincourt, ndlr.] m’indiquait devoir quitter momentanément la ville, pour quelques jours. Aussi sollicitait-elle un court intérim de ma part, en toute discrétion, pour éviter que de la ville d’Azincourt ne tombe entre de mauvaises mains. Je devais prendre la mairie le soir même – elle ne serait pas défendue – et la restituer quelques jours plus tard." Otto accepte, et entre seul dans la mairie le soir même pour en assurer le fonctionnement dans les jours à venir.

Cependant, au lever du jour, c’est le drame : "Farfouillant dans les registres municipaux – je dus me rendre à l’évidence : les caisses étaient tout à fait vides. Impossible de payer quoi que ce soit, pas même la solde d’un milicien. Il ne restait en tout et pour tout que quelques vivres." Afin de remédier à la situation, il brade les vivres pour assurer le budget défense et organise un voyage chez lui, à Bertincourt, pour piocher dans ses caves personnelles de quoi alimenter la mairie. C’est à peine Otto hors de murs d’Azincourt que la rumeur se fait entendre – il aurait pillé la mairie, et serait en fuite. La justice lance alors le procès initial à son encontre ; sans preuves, celui-ci aboutira à une relaxe.

L’hypothèse d’un coup monté

"Quelques jours après," continue-t-il, "alors que je méditais encore sur cette étrange histoire, en sirotant une bière artésienne, tiède et quelconque comme la plupart des artésiens, la rumeur s’est à nouveau manifestée : le père de la juge Marca [Darflex, alors conseiller comtal sans poste, désormais Capitaine d’Artois, ndlr.] est venu essayer de m’extorquer des aveux, puis m’a expliqué que je serai poursuivi et condamné pour le pillage de la mairie d’Azincourt."

Un second procès sans preuve supplémentaire devrait aboutir au même verdict – mais il n’en était rien. Dix jours après les faits, le témoignage anonyme d’un employé municipal qui affirme avoir consigné les détails du pillage dans les registres vient faire pencher la balance du côté de la procuration. Otto ainsi que ses compagnons de voyage, mis en cause alors que leurs noms n’avaient jusque-là pas été mentionnés, écopent alors des peines relatées dans un autre article de l’AAP : des semaines de geôle, et des milliers d’écus d’amende. C’est cette seconde salve de procès qui fait tiquer Otto. Il raconte :

"Pour que j’aie pris la mairie sans l’aide de la maire, il faudrait qu’aucun défenseur n’ait été mobilisé cette nuit-là. A supposer que j’aie eu des complices, cela implique qu’il n’a pas été possible de recruter deux défenseurs, effectif qui aurait suffi à interdire toute révolte. Dans une ville tenue par la prévôte d’Artois, c’est impensable. Puisque j’ai été accusé d’avoir pillé quelque chose comme 8000 écus de valeurs, il faut admettre aussi qu’ils étaient en mairie. Nous aurions donc une maire qui conserve des sommes très importantes pour une poignée d’habitants, et en ayant aucun moyen de se prémunir d’une attaque. Peut-on imaginer qu’Amelya de Lostebarne soit à ce point stupide et incompétente ?

Le procès qui a abouti à ma condamnation a été ouvert 8 jours après les faits supposés. Sachant qu’il m’en aurait fallu tout au plus deux pour m’enfuir hors de l’Artois, comment peut-on penser que mon comportement est celui d’un coupable ? A contrario, la Justice aurait-elle été si lente si ma culpabilité réelle avait été une hypothèse plausible ? Le constat est évident : si l’Artois avait espéré que je m’échappe, il n’aurait pas procédé autrement."


Il conclut par une déduction logique : "L’hypothèse du coup monté est en conséquence plus rationnelle et moins coûteuse. Et si les réserves d’Azincourt ont bien été pillées, d’autres ont eu bien plus de facilité que moi pour le faire. Mais peut-être avaient-ils besoin d’un bouc-émissaire pour couvrir leurs traces ?"

Les exactions continuent

On pourrait imaginer qu’à la suite de cette peine, la dette d’Otto et de ses compagnons vis à vis de l’Artois serait soldée. Il n’en était rien. Dans les jours qui suivent, le pouvoir artésien leur rend la vie dure : le navire d’Otto sera coulé à quai, son amie Liame est rouée de coups sur les chemins par l’armée comtale – une agression illégale qui aura valu un procès au capitaine d’Artois, mystérieusement gracié par le Prince (et Comte) d’Artois, Romuald de Dénéré Penthièvre dans la foulée - et sommée de quitter son poste de Tribun de Bertincourt, et enfin, Otto, Liame, et Merveille du Mounet seront déchus de leur citoyenneté artésienne lors d’un vote à huis clos "contraire à la Constitution artésienne dans sa forme."

La défaite

Otto et ses compagnons se retrouvent donc à Compiègne, en Champagne. "Pourchassés par l’armée et par la justice, nous n’avons qu’une seule porte de sortie possible : constituer une armée pour être en mesure de se défendre avant de revenir chez nous." La Champagne, cependant, oublie la rivalité historique avec l’Artois le temps de les dénoncer, chose que déplore Otto : "Preuve que les rivalités historiques pèsent peu face à l’éventualité d’un risque mineur, tout à fait improbable. Peut-être que lorsque le capitaine d’Artois mettra en œuvre le Grand Projet dont il rebat les oreilles de tout le monde – reprendre Compiègne à la Champagne – il y aura un artésien pour le dénoncer aussi."

Le bilan a été lourd : des blessures pour tous, et un mort : le baron Tytus, ancien Président de la Cour Suprême d’Artois dont les circonstances de la démission en 1473 laissent penser que son décès ne sera pas malvenu pour le pouvoir artésien actuel. "Nous sommes donc condamnés à l’errance, à la clandestinité" conclut-il.

Conclusion

Otto termine son courrier par un bilan pessimiste. "Plus les villes se vident, plus elles sont fragiles et plus on stigmatise les étrangers-de-pas-d’ici. Les nouveaux venus sont les bienvenus - sous réserve qu’ils se taisent, qu’ils se soumettent, et qu’ils ne viennent pas troubler la quiétude de la poignée de vieux clous qui empilent les mandats, les titres, les charges. L’Artois compte à peine plus de 200 habitants. Le prince est aussi le comte, et chaque conseiller cumule plusieurs titres. Toute opposition a été purgée et l’on y meurt d’ennui.

Tout cela manque de vie. De gens qui acceptent de prendre quelques risques, de jouer, quitte à parfois perdre. D’accepter que nous ayons tous plus besoin d’être nombreux que de nous apprécier. Qu’il y ait sans doute des solutions pour que chacun trouve son compte, même dans la rivalité ou dans la confrontation. Qu’un bon ennemi, c’est toujours mieux que pas d’ennemi du tout ; il faut donc en prendre soin tout autant que d’un allié."


Le sentiment d’Otto en est un que je partage. Partout, l’AAP constate des dérives de la justice, utilisée désormais comme arme du pouvoir plutôt que bouclier des innocents – que ce soit en Anjou, en Champagne, au Bourbonnais-Auvergne ou en Bretagne, les procès se multiplient pour assurer la sécurité des pouvoirs en place. Les listes se font totalitaires, écrasant la dissidence et par la même la discussion : il faut remonter à mars, en Guyenne, pour retrouver un conseil de coalition. Depuis, aux 21 autres élections comtales et ducales, le conseil ne s’est formé que d’une seule liste totalitaire.

Il ne reste finalement qu’une question que ni les procès, ni les condamnations à l’exil ne semblent avoir réellement tranchée : celle de la confiance. La confiance dans les institutions, dans l’impartialité de la justice, dans la capacité des provinces à accepter encore la contradiction et le conflit politique sans chercher l’élimination pure et simple de l’adversaire.

L’affaire Otto dépasse le simple pillage d’une mairie. Elle met en lumière un malaise plus profond qui traverse aujourd’hui nos Royaumes : celui des institutions de plus en plus verrouillées, où la stabilité paraît désormais préférée au débat, et où toute opposition finit tôt ou tard par être assimilée à la menace.

Dans des provinces qui peinent déjà à attirer de nouveaux habitants et à maintenir une vie politique active, la disparition progressive du dialogue et des rivalités politiques pourrait bien avoir un coût plus lourd encore que les crises qu’elle prétend éviter : celui de l’ennui, et du déclin.


Ladzserus, pour l'AAP, agence de France.


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Article validé par Ladzserus, Rédacteur en Chef de la KAP France.
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Cours

Product Price Variation
Loaf of bread 4.56 -0.28
Fruit 9.92 0
Bag of corn 3.7 0.87
Bottle of milk 9.48 0.11
Fish 20.26 0.06
Piece of meat 12.25 0.13
Bag of wheat 10.89 -0
Bag of flour 12.88 1.64
Hundredweight of cow 20.53 0.33
Ton of stone 10.44 -0
Half-hundredweight of pig 15.41 0.05
Ball of wool 10.86 -0.14
Hide 16.32 -0.06
Coat 49.5 0
Vegetable 9.38 -0.18
Wood bushel 4.19 0.08
Small ladder 20.18 0
Large ladder 68.02 0
Oar 20 -0
Hull 36.49 0
Shaft 8.16 -0.14
Boat 99.33 0.63
Stone 18.32 -0.11
Axe 150.74 0
Ploughshare 38.44 0
Hoe 30 0
Ounce of iron ore 11.52 0.2
Unhooped bucket 21.88 0
Bucket 37.73 0
Knife 17.89 0
Ounce of steel 49.04 -0.06
Unforged axe blade 53.91 0
Axe blade 116.44 0
Blunted axe 127.79 -2.51
Hat 53.38 0.08
Man's shirt 119.57 0.12
Woman's shirt 121.14 0
Waistcoat 141.4 0
Pair of trousers 74.61 -0.09
Mantle 257.82 0
Dress 265.04 -0.2
Man's hose 45.63 -0
Woman's hose 44.32 0
Pair of shoes 27.53 -0.01
Pair of boots 86.57 0
Belt 45.2 -0
Barrel 12.02 0
Pint of beer 0.82 0
Barrel of beer 66.51 2.5
Bottle of wine 1.66 0
Barrel of wine N/A N/A
Bag of hops 19.34 0
Bag of malt 10 0
Sword blade 101.19 0
Unsharpened sword 169.69 0
Sword 146.48 -0.07
Shield 36.91 0
Playing cards 73.55 -0
Cloak 180.72 0
Collar 68.35 -0.06
Skirt 135.35 0
Tunic 222.36 0
Overalls 115.73 0
Corset 117.2 0
Rope belt 53.86 0
Headscarf 60.73 0
Helmet 164.91 0
Toque 48.61 0
Headdress 79.65 0
Poulaine 64.02 0
Cod 11.36 0
Conger eel 12.81 0
Sea bream 18.31 0
Herring 17.43 0
Whiting 17.42 0
Skate 12.16 0
Sole 18.11 0
Tuna 12.51 0
Turbot 18.02 0
Red mullet 16.53 0
Mullet 12.47 -0
Scorpionfish 20.5 0
Salmon 16.51 0
Arctic char 12 0
Grayling 14.77 0
Pike 17.6 0
Catfish N/A N/A
Eel 15.09 0
Carp 17.98 0.03
Gudgeon 17.68 -0.04
Trout 17.51 0
Pound of olives 13.38 0
Pound of grapes 9.18 0
Sack of barley 10.67 0
Half-hundred weight of goat carcasses 18.99 0
Bottle of goat's milk 12.81 0
Tapestry 143.6 0
Bottle of olive oil 121.94 -0
Jar of agave nectar N/A N/A
Bushel of salt 19.89 0
Bar of clay 3.43 -0
Cask of Scotch whisky 93.32 -0
Cask of Irish whiskey 131.27 0
Bottle of ewe's milk 10.57 0
Majolica vase 10 0
Porcelain plate N/A N/A
Ceramic tile N/A N/A
Parma ham 84.97 0
Bayonne ham 34.65 -0
Iberian ham 70.28 0
Black Forest ham 54.72 0
Barrel of cider 51.16 0
Bourgogne wine 76.22 0
Bordeaux wine 60.89 0.31
Champagne wine 141.21 -5.25
Toscana wine 33.69 0
Barrel of porto wine 87.44 0
Barrel of Tokaji 163.71 0
Rioja wine 159.19 0
Barrel of Retsina 36.79 -0
Pot of yoghurt 85.17 -0
Cow's milk cheese 77.07 0
Goat's milk cheese 85.06 2.5
Ewe's milk cheese 52.26 0
Anjou wine 50.88 -0
Ewe carcass 15.03 0
Mast 456.7 0
Small sail 215.71 0
Large sail 838.79 0
Tumbler of pulque N/A N/A
Jar of pulque N/A N/A