Bourges (AAP) - Invoquant son droit de réponse aux articles de la KAP Impériale parues sur la situation berrichonne, le duc de Berry, Alleaume de Niraco, m'accorde un entretien pour donner sa version des faits.
Le contexte
La semaine dernière, pendant que la majorité des habitants de nos royaumes fêtaient dignement la Saint-Valentin dans les bras de leurs aimés, un affrontement a eu lieu dans la forêt autour de Genève (et non, il ne s'agissait pas du tournoi). Deux armées aux couleurs du Berry ont croisé le fer avec une armée franc-comtoise et une armée savoyarde. Immédiatement à la suite de cette rixe, la machine politique s'est enclenchée et le ton est rapidement monté : les accusations fusent, l'O.N.E. est évidemment cité de part et d'autre, et la confusion règne. Puis, dans la nuit du dix-sept au dix-huit février, l'une des deux armées impliquées dans le premier conflit récidive à Dole, provoquant de nouvelles déclarations du duc de Savoie Landry et de l'Empereur Sigismondo Alessandro.
Le duc de Berry a invoqué son droit de réponse dès la parution du premier article chez nos collègues de la KAP hollandaise. Étant donné que, le dix-huit février, la KAP France a aussi publié un article sur le Berry, j'ai proposé à Alleaume un entretien, afin d'avoir son point de vue sur la situation, et donner sa voix au Berry, qui peine à se faire entendre parmi les proclamations impériales.
L'entretien
Ladzserus - Merci de vous être rendu disponible pour cet entretien.
Alleaume - Bonjour, Messire. Avant toute chose, je tiens à vous remercier de m’offrir un droit de réponse face aux accusations qui fusent de toutes parts.
Les articles écrits par mes collègues font référence à deux armées fauchées par les Savoyards : l'une du Clair-Obscur, l'autre de la Brigate Internazionali Libertarie. En dépit du nom, sont-ce bien des armées berrichonnes ?
Oui, ces forces arborent l’étendard du Berry. Elles se composent en partie de Berrichons du Clan du Clair-Obscur, et en partie d’alliés venus d’Italie et de Genève, membres des Brigandes Libertaires. Il arrive, par tradition et liberté accordée depuis toujours en nos terres, que certaines armées agissent en dehors des ordres directs ducaux. Ici, elles se rendaient à une mission de logistique et de réapprovisionnement, avant de rejoindre la campagne contre l’O.N.E.
Et l'affrontement de Dole ? Aussi le fruit d'un retour logistique ?
Une représaille justifiée : le Berry exerce son droit de protéger ses hommes. Les armées impériales, la main sur le cœur, se targuant d’être gardes-frontières, ont piétiné en moins d’une semaine la souveraineté de deux contrées : la Bourgogne et Genève. Lorsque l’on prétend défendre la souveraineté des frontières, il faut être cohérent jusqu’au bout, sous peine de paraître de simples pions sur un échiquier qui les dépasse.
Votre courrier mentionne le fait que les armées du Berry étaient destinées à la lutte contre l'O.N.E. en Italie. Gianlupo, commandant de l'armée BIL, affirme qu'ils rentraient à Genève. Qu'en est-il ? Les forces étaient-elles plutôt destinées à la lutte contre la coalition ottomano-sicilienne à Sienne ? Pourquoi avoir invoqué l'O.N.E. dans ce cas ?
[ndlr. la coalition ottomano-sicilienne accuse certaines provinces de collaborer avec l'O.N.E, et l'empire accuse la coalition d'abriter certains éléments O.N.E. en son sein]
Nous ne divulguons pas ce genre de détail. La destination exacte des armées n’était connue que d’un nombre restreint de personnes, car il s’agit d’un enjeu stratégique. Si l’on observe bien, plusieurs versions circulent : départ en Italie, départ au Portugal, ou attaque coordonnée et globale de l’Empire.
Il est surprenant de constater combien les esprits s’échauffent si vite et tous les rouages du pouvoir se mettent en branle. Il convient de se demander pourquoi les autorités impériales, qui connaissent pourtant notre engagement contre l’O.N.E., ont soudainement embusqué des armées empruntant ce passage depuis plusieurs années. Où réside réellement l’axe du mal ? Sans doute dans cette Cour impériale, largement enrichie par les O.N.E. lors des dernières élections impériales.
Quelles sont les dernières nouvelles sur ce conflit en Italie, selon vos informations ? Le Berry prévoit-il de continuer le combat sur ce front après ce revers ?
À cette heure, je n’en sais pas davantage que ce que rapportent les journaux et les déclarations officielles.
Il apparaît que les forces turques se sont repliées du front qu’elles avaient engagé en Italie. Pour le reste, je me garderai de toute spéculation : les informations circulant en temps de conflit exigent prudence et recul.
Quant au Berry, nous agissons toujours en fonction des faits établis et des intérêts que nous avons à défendre. Il serait prématuré de tirer des conclusions définitives sur la suite des opérations.
Spagnolo Meridio Ducastel de Montecano a fait savoir que, selon lui, "combattre O.N.E. ne donne pas le droit de violer les frontières internationales." On sent bien que ce n'est pas une position partagée par tous. En réponse à cela, Gianlupo a déclaré que la BIL évolue librement sur les terres de Savoie et Franche-Comté depuis un moment. Pensez-vous que le fait de vous être déclaré anti-O.N.E. a suscité cette attaque ? Que connaissez vous de la branche franc-comtoise du clan Meridio, dont un homonyme - le "père" selon Spagnolo - travaille de concert avec les O.N.E. au Portugal ?
Il est vrai que les BIL évoluaient librement sur les terres impériales avant cette attaque nocturne. Le Clan Meridio de Franche-Comté et celui du Portugal forment une seule et même entité, agissant pour les mêmes objectifs. Il demeure surprenant que le père combatte avec l’O.N.E. au Portugal, tandis que le fils, par un malencontreux hasard, s’oppose à ces mêmes forces, notoirement anti-O.N.E.
La déclaration de l'Empereur dresse le portrait d'un Empire en victime internationale, pris d'assaut de toutes parts par un "axe du mal". Hormis cet incident et le conflit sicilien, savez-vous à quoi il fait référence ? Il nous semblait pourtant que le conflit polonais aux côtés d'AEGIS, par exemple, se déroulait très bien (et sur les terres polonaises).
Les mots de l’Empereur sont forts et lourds de sens. Il est dangereux de qualifier de « l’axe du mal » des provinces libres telles que le Berry, agissant souverainement. Le Berry n’a rejoint aucune coalition anti-impériale ; aucun axe du mal. Cette rhétorique, propagée par la KAP et la chancellerie impériale, est malheureuse et sert à justifier des actions qui mériteraient clarification et bonne foi.
Comment se porte l'ambiance publique en Berry ? Un avis populaire s'est-elle cristallisée ? Des critiques en interne ?
Il existe des inquiétudes, minimes certes, mais elles sont entendues et répondues. C’est le signe d’un débat sain. Nul n’est muselé pour ses opinions en Berry. Les Berrichons sont soucieux de défendre leurs terres lorsqu’ils sont attaqués. Nombre d’entre eux prendront les armes pour protéger leur duché en cas d’invasion impériale.
Je remercie les Berrichons qui se battent chaque jour pour leur Duché, ainsi que vos lecteurs, qui pourront ainsi entendre une autre version des événements.
Analyse et avis
J'ai trouvé les paroles du Duc pleines de sens. Son appel au calme est appréciable, et, malgré les actions plus ou moins avouées contre Dole, il m'a donné l'impression d'un homme qui ne cherche pas plus loin que défendre les siens.
Au final à l'issue de ces événements, deux hypothèses sont possibles : l'une, l'hypothèse d'un imbroglio tel que prétendu, se basant sur des droits de déplacement historiquement valides ; alors communiquer directement entre les acteurs du conflit paraît être la solution diplomatique, et non la surenchère nationaliste. L'autre, celle d'une attaque coordonnée contre l'Empire... On peinerait à comprendre comment l'entrée au conflit du Berry puisse catalyser autant les réactions plutôt que d'autres conflits bien plus risqués pour l'Empire.
Je vous fournis ci-dessous les articles KAP auxquels fait référence cet article, ainsi que les dernières déclarations impériales sur le conflit ottoman. Selon elles, le conflit serait encore en cours à Sienne, malgré la volonté proclamée des armées ottomanes de se retirer vers les Deux-Siciles, à condition que le Saint-Empire accepte de "punir" les "éléments criminels" à Sienne. L'Empereur n'aurait pas été satisfait de cette offre, jugeant que la proximité géographique des Deux-Siciles permettrait trop aisément une nouvelle invasion. Le lecteur assidu remettra bien vite en cause cette hypothèse impériale d'Axe du Mal, m'est d'avis.
Ladzserus, pour l'AAP, agence de France.
A lire :
Empire at war - Siena under siege
Droit de réponse, fer au feu et parchemin froissé
Tensions militaires entre le Berry et l’Empire après l’interception d’armées en Savoie
Discussion diplomatique entre les acteurs du conflit de Sienne
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Article validé par Ladzserus, Rédacteur en Chef de la KAP France.
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